Cosmétiques : et si nous ralentissions également à la salle de bain ?

Les cosmétiques de nos salles de bain représentent des millions de tubes et de bouteilles plastiques consommés chaque année. Alors que nombreux de ces produits contiennent par ailleurs des éléments nocifs pour la santé, il est temps de revenir à l’essentiel, argumente Constance Sycinski, coordinatrice générale de l’Association Slow Cosmétique. Elle nous livre quelques conseils pour rendre nos cosmétiques plus respectueuses de notre corps et de l’environnement.

Bien que nous ne passions qu’une faible partie de notre temps à la salle de bain, c’est un lieu où la frénésie de la consommation est particulièrement palpable. Chaque jour, les Français et Française achètent 531.000 shampoings, 64.000 produits de maquillage pour les lèvres, 371.000 soins de visage et 143.000 flacons de parfum. Oui, chaque jour ! Face à ces quantités astronomiques de produits divers, l’association Slow Cosmétique, fondée en 2013 par Julien Kaibeck, défend l’idée qu’il est urgent de ralentir aussi dans nos salles de bain…

Apprendre à « décrypter les étiquettes pour devenir plus critique »

« La Slow Cosmétique propose de revenir à l’essentiel, en optant pour des ingrédients naturels, nobles et non transformés, comme les huiles végétales, les hydrolats (ou eaux florales), les argiles, le savon à froid, etc », explique Constance Sycinski. La démarche, définie par une charte, pourrait se résumer sous la forme de quatre piliers  : pour des cosmétiques écologiques, saines, intelligentes et raisonnables.

Si la démesure des emballages consommés peut en faire sursauter plus d’un, la démarche « slow cosmétique » est également une invitation à s’intéresser à la composition des cosmétiques vendus dans le commerce. Sont ils réellement nécessaires ? Auront-ils les effets promis dans les publicités ? Qu’est-ce qui est de l’ordre du nécessaire ? de l’inutile ? L’association aide à apprendre à « décrypter les étiquettes pour devenir plus critique (ou moins crédule) face aux sirènes du marketing, et remplacer peu à peu ses produits par des alternatives propres », précise la salariée. Le tout dans une démarche de simplicité volontaire et de minimalisme.

Cette première prise de conscience en appel une autre : la majorité des produits vendus aujourd’hui ne sont pas d’une grande utilité, voire pire, ils contiennent des produits nocifs. Une liste des composés indésirables qui « ne sont pas rares dans les cosmétiques », peut être consultée sur la page web de « Que choisir ». On y trouve par exemple le sodium lauryl sulfate, contenu dans de nombreux shampoings, et qui peut pourtant être à l’origine d’irritations.

Fait-maison et marques alternatives

Pour passer à autre chose, il existe plusieurs possibilités. Parmi les adeptes du « zéro-déchet », bon nombre se lancent dans leurs propres préparations à base de produits naturels et souvent composées d’une poignée d’ingrédients seulement. Ces produits font l’honneur aux argiles ou encore aux huiles végétales par exemple. Le site d’Aline Gubri, auteure du livre Zéro plastique, zéro toxique, est particulièrement instructif.

Et pour ceux qui préfèrent ne pas mettre la main à la pâte, il existe « des petits artisans engagés jusque dans le moindre détail des produits qu’ils fabriquent avec passion. Pas de multinationale, d’investisseurs obscurs ou de budgets marketing astronomiques », précise Constance Sycinski. Chaque année, l’association récompense d’ailleurs les marques engagées, aidant ainsi les consommateurs à mieux s’y retrouver. Reste que pour commencer, le plus simple est certainement de commencer par ce conseil de l’association : « réduire ses gestes de beauté à une routine ultra-minimaliste basée sur les trois besoins essentiels de la peau : nettoyer-hydrater-protéger ».

Crédit image : slow-cosmetique.org

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