« Écolaborative » : favorisons les nouvelles façons d’apprendre ?

Source : Ecolaborative / Facebook

Choisir de prendre le meilleur un peu partout pour créer une école plus humaine ? Voici l’idée du mouvement « Ecolaborative », qui s’inspire des différents mouvements de l’école alternative sans pour autant jeter à la poubelle l’école publique républicaine. En faisant le choix d’offrir un accompagnement dans la transition aux écoles qui le souhaitent, le mouvement cherche ainsi à développer de nouvelles façons d’enseigner en s’adressant à un plus large public.

« Écolaborative » : collaboration globale et éco-citoyenneté

Lancé par Guillaume Vilain, un instituteur originaire de Péruwelz, en Belgique, le mouvement « Ecolaborative » veut ramener la notion de collaboration au cœur de l’école. Ici, le but n’est pas d’avoir un instituteur autoritaire qui fait classe à un groupe homogène d’élèves, ni que ces derniers entrent en compétition les uns avec les autres en vue de simplement les préparer au monde productif, mais bien d’instituer un climat bienveillant capable de créer une synergie positive.

Source : Ecolaborative / Facebook

S’inspirant des principaux mouvements de l’école alternative (Montessori, Freinet, Steiner-Waldorf), l’Écolaborative souhaite mettre en place des classes hétérogènes — où les élèves seraient âgés de 2 à 12 ans, et désynchroniser l’apprentissage en fonction du niveau réel des élèves dans chaque matière. Du côté des enseignants, le mouvement souhaite voir la mise en place de classes d’une trentaine d’élèves supervisées par deux enseignants : un issu de la primaire, et l’autre de la maternelle. Là encore, cependant, il ne s’agit pas de forcer en passant du rien au tout : l’écolaborative recommande simplement la mise en place de telles classes à hauteur minimum de huit heures par semaine, en guise d’introduction à cette autre manière d’enseigner.

Pour les créateurs du mouvement, il s’agit d’autre part non plus de former des « ignorants cultivés » mais bien de repenser l’éducation afin de former des êtres humains respectueux d’eux-mêmes et de leur environnement. Une volonté motivée par le climat de crise actuel, qui nécessite de changer de paradigme pour non plus former de « bons élèves », mais aussi de « bonnes personnes » (aussi subjectif que soi le terme). Un pied de nez au climat de compétition très palpable dans nos sociétés modernes.

Source : Ecolaborative

Un projet d’accompagnement des écoles

Mais là où le mouvement de l’Écolaborative se détache radicalement des autres écoles Montessori et consorts, c’est qu’il souhaite s’inscrire dans la gratuité. Il ne s’agit donc pas de vendre un concept et une école « miraculeuse » qui irait avec, mais bien de faire en sorte que l’école gratuite pour tous bénéficie aussi des apports de l’éducation alternative. Pour cela, Guillaume Vilain et ses collaborateurs proposent aux écoles une mission de conseil, certes payante pour l’école, mais simplement vouée à les accompagner dans la mise en place de nouvelles façons d’enseigner. Les créateurs du mouvement travaillent également à l’élaboration d’un guide, qui pourra servir à tout enseignant intéressé par la démarche.

À Quevaucamps, en région wallonne, une première classe écolaborative a vu le jour en septembre 2017. Si elle ne regroupe pour l’instant que des maternelles, les deux institutrices en charge de la classe espèrent pouvoir très bientôt élargir à tout le primaire. Quant aux résultats de l’initiative, il faudra encore attendre quelques mois avant de pouvoir en juger, mais tout semble indiquer qu’ils seront positifs. À suivre !


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Sources : Ecolaborative.com / LeSoir.be / RTBF.be / Notele.be