« Hybrids » : un court-métrage chaotique aux multiples récompenses

La genèse de cette histoire : un requin-voiture affamé chasse un poisson-baril voulant manger… une boîte de conserve. Un futur imaginaire illustré par un groupe de 6 étudiants talentueux et engagés contre la crise environnementale. Dans cet avenir fictif, la faune a fusionné avec nos détritus.

Face à la destruction croissante et massive de la biodiversité marine, les messages d’alerte ne cessent de se multiplier de la part des scientifiques. Par la force des choses, des créatifs du monde entier s’inspirent de notre avenir incertain pour retranscrire leurs craintes. En France, six étudiants (Florian Brauch, Matthieu Pujol, Kim Tailhades, Yohan Thireau, Romain Thirion et Vincent Govindin) de l’école MoPA (école du film d’animation et de l’image de synthèse de Arles), sensibles à cette problématique, se sont lancés dans la création de Hybrids : un court-métrage qui dépeint un monde sous-marin futuriste et chaotique aux allures pourtant quelque peu réalistes. Un paradoxe qui frappe dès les premières secondes.

Crédit : Hybrids

Une fiction pas si éloignée de la réalité !

Selon Greenpeace, « Nos océans sont des décharges à ciel ouvert », environ 80 % des polluants retrouvés dans les mers et les océans proviennent de nos activités humaines terrestres. 8 à 12 millions de tonnes de plastique finissent dans nos océans chaque année. C’est l’équivalent d’un camion poubelle de plastique déversé par minute dans l’océan. Difficile de faire pire et pourtant, sans changement industriel profond, la situation ne fait que s’empirer. Comme chacun le sait, ces déchets, principalement plastiques, ont des effets désastreux sur la faune marine et les oiseaux de mer, ceux-ci avalent ces débris, car ils les confondent avec des proies. Toute la chaine alimentaire marine est touchée, et les micro-plastiques migrent inévitablement jusqu’à la bouche des humains.

Dans une esthétique proche du réalisme, Hybrids anticipe une situation désastreuse – bien que strictement fictive du point de vue biologique – et l’anime par le biais de magnifiques images de synthèse. Si de par sa définition génétique, un hybride est un organisme issu du croisement de deux individus de deux variétés ; ici il s’agit de créatures mi-poissons mi-carcasses métalliques dont le corps aurait finalement fusionné avec différents déchets jetés par l’Homme.

Crédit : Hybrids

Un simple projet de fin d’études devenu chef d’œuvre

Durant 9 mois, les réalisateurs de Hybrids ont travaillé à la démonstration d’une chaîne alimentaire sous-marine bouleversée. En effet, « lorsqu’un stock menace de s’effondrer, cela a des conséquences touchant l’ensemble de l’écosystème et se répercute sur toute une chaîne alimentaire » témoigne Greenpeace. Manque-t-il peut-être la présence de l’Homme dans ce schéma, bien que, celui-ci aurait-il peut-être déjà disparu, laissant derrière lui de tristes vestiges.

Ce qui était à la base un « simple » projet de fin d’études est devenu un campagne anti-pollution à part entière dans un format pouvant sensibiliser le plus grand nombre : le film d’animation. Aux allures d’un « faux documentaire », ce court-métrage place le spectateur dans la peau d’un témoin d’une évolution en mode « steampunk » de la faune océanique.

Depuis quelques semaines, cet univers insolite et surréaliste, accompagné d’une bande-son hyper immersive, semble faire l’unanimité : après des dizaines de récompenses et sélections en festivals de différents pays (le Festival international du film d’animation d’Annecy, les Rencontres Cinéma Nature, le Festival environnemental de Chefchaouen…), Hybrids entre dans la course aux Oscars 2019 !

De nombreuses ONGi (Organisation non gouvernementale internationale) telles que Greenpeace ou SeaShepherd mettent déjà des actions en place telles-que « le déploiement et la bonne gestion des Aires Marines Protégées, la promotion d’une économie bleu compatible avec la bonne santé des écosystèmes marins et l’accompagnement de la filière pêche et aquaculture vers plus de durabilité », mais tout le monde a également un rôle a jouer dans cette lutte contre le plastique. Par ses choix de consommation d’une part, mais également par la direction donnée politique à la société. Tant que le pétrole, le capitalisme industriel, la soif de croissance restent les objectifs premiers de nos sociétés, on imagine mal comment nous pourrions éviter la catastrophe.


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