Le nouveau gouvernement de Norvège a décidé ce dimanche d’interdire à l’avenir l’élevage d’animaux pour leur fourrure sur le territoire. Sont concernées par cette mesure les 200 à 250 fermes du pays, qui fermeront progressivement leur porte d’ici 2025. Cette industrie tue près d’un million de bêtes par an dans le pays ! Un choix courageux salués par les défenseurs des droits animaliers.

C’est une victoire pour les défenseurs de la cause animale, qui voient un nouveau pays se détourner de la fourrure. En Norvège, d’après les chiffres officiels du Ministère de l’agriculture norvégien, il existe 200 à 250 fermes d’élevage dans lesquelles sont exploités 610 000 visons et 150 000 renards. La décision du gouvernement n’a pas encore été votée par le parlement, mais d’après Le monde, 7 des 9 formations politiques ont déjà exprimé leur avis favorable, ce qui signifie que la loi devrait être adoptée dans les prochaines semaines.

La décision intervient cependant dans un contexte politique délicat : les libéraux ont fait de cette décision une condition pour s’associer au gouvernement conservateur minoritaire Erna Solberg, qui travaille également avec la droite populiste. La question animale sert donc ici de manœuvre politique plus qu’un réel engagement des acteurs. Qu’à cela ne tienne, il s’agit malgré tout d’une victoire pour les associations.

Baltic Devon Mink 10Pression croissance de la part des associations

Pour NOAH, l’une des ONG les plus actives sur le sujet en Norvège, il s’agit d’une importante avancée, qui répond à une demande citoyenne. « C’est une grande victoire pour les animaux et ceux qui se battent pour les défendre, commente Siri Martinsen, vétérinaire et directrice de l’organisation, citée par Le Monde. Le personnel politique a enfin écouté la majorité de l’opinion publique et des scientifiques, qui considèrent qu’il s’agit d’un secteur désuet et cruel. »

En Norvège, selon des sondages commandés par NOAH, une majorité de la population s’opposerait à l’industrie de la fourrure. Une enquête datant de 2014 montrait par exemple que 68 % des Norvégiens estimaient qu’il n’était pas éthiquement acceptable d’élever des animaux en cage pour leur fourrure.

La Norvège n’est pas le premier pays d’Europe à prendre une telle décision. Le Royaume-Uni et l’Autriche avaient été précurseur au début des années 2000. Aux Pays-Bas, la fin de la pratique a été votée en 2013, les entreprises seront progressivement démantelées d’ici 2024. Dans le même temps, sous la pression des associations de défense des droits des animaux et d’une partie des consommateurs, certaines marques ont d’ores et déjà décidé de ne plus utiliser ce matériau, comme le faisaient récemment Gucci et Michael Kors (ce qui n’exclut pas forcément l’usage du cuir à ce jour!). Certains se questionnent, la France sera-t-elle le dernier pays de l’UE à autoriser l’enfermement et le massacre des animaux à fourrure, au même titre que la chasse à courre ?

Madona AB 02Les conditions de vie des animaux en cause

En Norvège, les associations de protection des animaux sont particulièrement actives et divers scandales ont secoué l’actualité médiatique suite à la diffusion de vidéos et de photographies prises en caméras cachés dans des fermes à fourrure. Depuis de nombreuses années, ces associations essayent de sensibiliser l’opinion publique aux conditions de détention des animaux et demandent l’interdiction de la production de fourrure sur le territoire. Les vidéos produites montrent l’exiguïté des cages dans lesquelles les animaux sont retenus et suggèrent qu’ils sont en mauvaise santé et souffrent de maladies. Certains animaux s’automutilent ou attaquent leurs congénères. Les associations dénoncent également les mauvais traitements infligés aux bêtes, notamment le manque de nourriture et le manque d’eau.

Après la décision de la Norvège, qui donne un sens au combat des militants, ces derniers espèrent que d’autres pays suivent. C’est notamment le cas en Suède et en Finlande, deux pays où l’industrie de la fourrure est également très développée et critiquée. En Finlande, une association avait ainsi documenté le gavage des renards bleus il y a quelques mois, une pratique décrite comme particulièrement « cruelle ». Signe que les temps changent, en Suède, le gouvernement a annoncé l’été dernier qu’une mission était chargée d’étudier les conditions d’élevage des visons. Cependant, bien que les mentalités semblent évoluer, la demande reste importante et, à l’échelle mondiale, les fermes de fourrure continuent leurs activités et se développent même. Selon le National Geographic, des records de production auraient été battus ces dernières années. En 2015, 84 millions de visons avaient été tués pour leur peau. Le combat contre la fourrure animale ne fait donc que commencer.

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Arctic fox at Langedrag


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