Préserver le patrimoine du Nord de la France tout en favorisant le retour à l’emploi ? C’est le pari des Biquettes de l’espoir, une structure de réinsertion qui s’engage pour la biodiversité locale. Les animaux à quatre pattes servent ici de médiateurs : facteur de cohésion entre les personnes salariées, elles donnent du sens au travail et créent de l’engagement. Découverte inspirante.

Les Biquettes de l’espoir, un éco-pâturage d’insertion, font partie de l’association Espoir Avenir, une structure basée à Escautpont dans les Hauts-de-France et dont l’objet est de « rassembler les hommes et les moyens pour mettre en œuvre et réussir l’insertion de personnes en difficultés sociales et professionnelles ». Pourquoi avoir choisi des animaux pour mettre en place des chantiers de réinsertion ? « J’avais maintes fois constaté l’attrait et l’intérêt porté à mes animaux et le lien social qu’ils créaient » nous confie Patrick Carlier, responsable du projet. Le programme de réinsertion met ainsi solidarité et environnement à l’honneur. Il permet par ailleurs aux personnes salariées de gagner en « confiance », en partageant des tâches à « responsabilité ».

Des Biquettes et des Hommes

L’association a fait un choix audacieux, se démarquant d’autres initiatives du secteur. En faisant de l’environnement l’un des enjeu des activités réalisées sur place, Patrick Carlier a voulu réconcilier l’homme et la nature autour d’activités formatrices. D’ailleurs, la proximité entre les animaux et les êtres humains semble être une des clés de la réussite du projet car les biquettes permettent aux personnes engagées « de prendre confiance en [elles] car [les biquettes] ne portent aucun jugement et rendent au centuple tout l’affection que le personnel leur porte ».

Mais ce n’est pas tout. L’association accorde une place privilégiée aux personnes qui y travaillent : « nous faisons participer pleinement notre personnel dans le choix des actions à mener, des évolutions et des améliorations à apporter au chantier ». En outre, sortir des chemins battus était l’une des principales préoccupation des responsables. Ainsi, nous expliquent-les responsables de l’association, l’idée originale leur est venue « après avoir constaté le mépris et le manque de respect auquel était soumis le personnel en insertion sur différentes chantiers ».

L’association protège la faune et la flore locale

L’effet positif des chèvres sur les êtres humains a été décisif pour l’évolution du chantier de réinsertion dont l’objet est l’entretien des berges de l’Escaut pour les Voix navigables de France et l’entretien des échangeurs autoroutes pour la Direction interdépartementale du Nord. En effet, les chèvres aident naturellement au débroussaillage des routes selon une méthode écologique et respectueuse de l’environnement. Grâce à leur action, l’association permet l’éradication d’une plante invasive venue d’Asie, la Renouée du Japon. De la même manière, les chèvres poitevines, menacées, sont protégées. Cet engagement se solde par des résultats très positifs, non seulement pour l’environnement mais aussi pour les êtres humains.

Le projet, qui a été récompensé à l’occasion d’un concours de l’innovation, où 540 autres structures issues de l’économie sociale et solidaire étaient présentes, a vocation à se développer. Fort de son succès, l’association décide en effet aujourd’hui de débuter un élevage de moutons boulonnais, en plus de celui des biquettes. Ces moutons, dont il n’existe plus que de rares cheptels, sont originaires de la région. Pour pouvoir financer ce nouveau projet, l’association vient de lancer une campagne de crowdfunding. Une initiative qui fait inévitablement penser aux 25 brebis et chèvres de Gilles Amar qui battent le pavé de la banlieue de Paris.


Propos recueillis auprès de l’association Les Biquettes de l’espoir par l’équipe de Mr Mondialisation