Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.
1. Chez BFMTV, 213 journalistes dénoncent la banalisation du racisme et réclament un changement de cap
Dans une lettre adressée à leur direction, 213 journalistes de BFMTV dénoncent la banalisation des propos racistes à l’antenne et le recul du reportage au profit des débats en plateau. Ils rejoignent ainsi plus de 160 salariés de Nextprod, qui avaient déjà alerté sur la dérive idéologique de la chaîne après l’attentat raciste de Trappes. Les signataires disent craindre que cette évolution ne finisse par provoquer un drame. (Arrêt sur images)
2. La mobilisation lycéenne se poursuit malgré le déploiement policier devant les établissements
À la reprise des cours après les vacances, le mouvement lycéen reste actif : le ministère recense 41 établissements bloqués ou perturbés, contre plus de 500 selon l’Union syndicale lycéenne. À Paris et en région, élèves et personnels dénoncent les interventions policières, les contrôles d’identité, les interpellations et les violences lors des déblocages. Au lycée Victor-Hugo, un élève a notamment été blessé et évacué à l’hôpital. Des enseignants se sont mis en grève pour protester contre cette réponse sécuritaire. (Le Café pédagogique)
3. Neuf députés communistes et ultramarins rallient Mélenchon pour 2027
Neuf députés sur les 17 du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, dont quatre communistes et cinq élus des territoires ultramarins, annoncent soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027, malgré le choix du PCF en faveur de Fabien Roussel. Ils justifient leur décision par le risque d’une victoire de Marine Le Pen et appellent à une union de la gauche de rupture, tout en précisant qu’ils ne sont pas membres de LFI. (Le Monde)
4. La mobilisation du 5 novembre rassemble jusqu’à 1,6 million de manifestants selon la CGT
À l’appel d’une intersyndicale, associée aux mouvements lycéens et étudiants, aux « gilets jaunes » et aux agriculteurs, 193 cortèges ont défilé dans toute la France pour les salaires et le pouvoir d’achat. La CGT a comptabilisé 1,6 million de manifestants, contre 575 000 selon le ministère de l’Intérieur, dont 55 000 à Paris. Cette mobilisation, organisée en semaine, devait mesurer l’ampleur et l’évolution de la contestation sociale engagée depuis le 17 octobre. L’article souligne que plusieurs villes ont enregistré leurs plus fortes mobilisations depuis le début du mouvement. (Le Monde)
5. À Paris, des jeunes noirs et musulmans dénoncent leur mise à l’écart lors des hommages aux victimes de Trappes
Le 26 octobre, la préfecture de police interdit le rassemblement de la place de la République, organisé par des collectifs antiracistes des quartiers populaires, mais autorise celui de Stalingrad, porté notamment par SOS Racisme et des syndicats. Repliés à la Bourse du travail, les premiers organisateurs accueillent une foule estimée à 1 500 personnes à l’extérieur, où des participants rapportent des nasses policières et des tirs de gaz lacrymogènes. À Stalingrad, des jeunes venus les rejoindre dénoncent le refus de leur donner la parole et de reconnaître pleinement la dimension négrophobe et islamophobe de l’attentat. (Problematik)
6.Trump annonce la fin de l’aide militaire annuelle de 4 milliards de dollars à Israël, mais son engagement est contesté
Donald Trump affirme que les États-Unis cesseront de fournir à Israël 4 milliards de dollars d’aide militaire annuelle à partir de 2027, tout en continuant à lui vendre des armes. Plusieurs experts doutent toutefois de sa faisabilité immédiate : les financements sont inscrits dans des accords et des textes budgétaires existants. Un projet de loi pourrait intégrer davantage les technologies militaires israéliennes aux programmes du Pentagone, ce qui risquerait de maintenir, voire d’accroître, le soutien américain sous une autre forme. (The Intercept)
7. En Serbie, le mouvement étudiant renverse le pouvoir après deux ans de mobilisation
Né après la mort de 16 personnes dans l’effondrement de la gare de Novi Sad en novembre 2024, le mouvement étudiant serbe remporte les législatives du 25 octobre 2026 avec 140 sièges sur 250, mettant fin à quatorze ans de domination du Parti progressiste d’Aleksandar Vučić. Malgré un quasi-blackout médiatique et des campagnes de dénigrement, les étudiants ont sillonné le pays pendant près de deux ans grâce au porte-à-porte. Leur victoire ouvre désormais une nouvelle étape : le mouvement annonce vouloir réformer les institutions et faire lever l’immunité parlementaire de Vučić afin qu’il puisse être jugé. (Basta!)
8. Au moins quinze manifestants accusent des policiers de violences sexuelles pendant la mobilisation lycéenne
Selon l’enquête de Disclose, quinze personnes, dont six mineures, auraient été victimes de violences sexuelles commises par des policiers depuis le début du mouvement lycéen. Neuf témoignages ont été recueillis, faisant état notamment de palpations intimes, de mises à nu et d’utilisations de matraques à caractère sexuel. Deux plaintes pour agression sexuelle ont déjà été déposées. Le ministère de l’Intérieur affirme qu’aucune allégation de ce type ne semble, à ce stade, avérée. (Disclose)
9. Les street medics de plus en plus ciblés par les violences policières
Présents pour soigner les blessés lors des manifestations lycéennes, les street medics dénoncent une répression croissante. À Paris, Rouen, Strasbourg ou au Mans, plusieurs secouristes bénévoles ont été frappés, gazés ou interpellés alors qu’ils portaient assistance aux manifestants. Certains témoignent de tirs de LBD et de grenades lancées à proximité. Leur rôle est pourtant essentiel pour prendre en charge les blessures, parfois graves, et les traumatismes psychologiques provoqués par les interventions policières. (La Relève et la Peste)
10. Des militants écologistes assignés à résidence au nom de la lutte antiterroriste
À l’approche des manifestations, plusieurs militants écologistes ayant participé aux mobilisations sociales et lycéennes ont été visés par des mesures administratives de contrôle et de surveillance (MICAS), les empêchant de manifester et limitant leurs déplacements. Reporterre recense une soixantaine de personnes concernées, dont certaines pour seulement deux jours, tandis que le militant Libre Flot est soumis à une mesure de trois mois renouvelable. Le ministère de l’Intérieur justifie ces décisions par des risques de troubles à l’ordre public et des liens supposés avec des mouvances radicales. Les personnes visées et leurs avocats dénoncent une instrumentalisation de la législation antiterroriste pour restreindre les libertés publiques. (Reporterre)
Photo de couverture / Maxlath – source – Wikicommons
– Mauricette Baelen










