Derrière les portes des amphithéâtres et des résidences universitaires, une crise silencieuse s’aggrave depuis des années. En 2026, la réalité est sans appel : un étudiant sur cinq ne mange pas à sa faim. La situation est même devenue structurelle et certains jeunes vont jusqu’à totalement sauter des repas, tandis que nombre d’entre eux disent réduire drastiquement leurs dépenses alimentaires pour payer leur loyer. Pour soutenir les étudiant·es à faire valoir leurs revendications, deux associations organisent un concours d’éloquence. 

Selon le baromètre IFOP-COP1 de rentrée 2025, 34 % des étudiants français sautent régulièrement des repas par manque d’argent. Une précarité étudiante accentuée par l’inflation de ces dernières années, résultat de politiques libérales laissant les plus jeunes et les plus fragiles économiquement sur le carreau. Alors que le coût de la vie explose, l’accès à une alimentation saine, locale et durable deviendrait presque un luxe réservé à une élite.

Si les cantines des CROUS proposent des repas à 1 € à destination des étudiants boursiers ou en précarité, accéder à une alimentation à la fois abordable et saine (biologique, locale) pour tous·tes reste une autre paire de manches. Les cantines universitaires peinent encore à offrir des options accessibles et de qualité. D’ailleurs, les quotas en termes d’aliments biologiques et locaux y sont encore rarement respectés. Résultat : les étudiants sont pris en étau entre la nécessité de survivre économiquement et l’impossibilité d’accéder à une nourriture qui respecte leur santé et l’environnement.

Un concours pour réfléchir ensemble à l’alimentation de demain

Face à ce constat alarmant, Bio Consom’acteurs et FAIRe un monde équitable, deux associations engagées pour une agriculture équitable, bio et accessible, ont créé un concours d’éloquence au thème porteur : « Manger aujourd’hui, nourrir demain ». Pour les deux associations organisatrices, comme pour la faculté qui a accueille la finale du concours au sein de son amphithéâtre (Aix-Marseille Université), il s’agit avant tout d’offrir une tribune aux premier·es concerné·es. Pour ce faire, les étudiant·es sélectionné·es bénéficient d’un coaching en éloquence. De quoi faire peser les mots, tant dans le fond que dans la forme, pour un impact maximal.

Le concours, diffusé auprès de différentes universités réparties dans toute la France, a permis de recueillir plus de 50 contributions étudiantes, qui ont été réunies dans un véritable cahier de doléances. Au travers de leurs plaidoiries, les étudiant·es appellent à repenser la commande publique, à soutenir les filières locales et à garantir un accès universel à une alimentation de qualité. Chaque proposition offre matière à penser l’alimentation d’aujourd’hui et de demain, et offre quelques clés pour dépasser la dichotomie existante entre nourriture bon marché et alimentation de qualité.

Une finale accessible à tous·tes gratuitement

La finale du concours d’éloquence offrira à toutes et tous l’occasion rare d’écouter des voix jeunes, critiques et orientées vers l’avenir. Huit finalistes débattront et nous proposeront leur vision d’une alimentation juste et durable, accessibles à tous·tes, pour nous donner du grain à moudre et, on l’espère, une vision heureuse de l’avenir.

Un collège d’expert·es viendra titiller la repartie et l’éloquence des participant·es le jour J et un jury se chargera de sélectionner la meilleure plaidoirie. Face à l’ampleur prise par la mobilisation lycéenne et étudiante, la finale du concours « Manger aujourd’hui, Nourrir demain », initialement prévue le 6 octobre, est reportée au 9 décembre 2026. Un rendez-vous à retrouver en live dans l’amphithéâtre d’Aix-Marseille Université sur simple inscription, ou en ligne, de 17h à 20h.

– Emilie Fenaughty


Photo de couverture : Bio Consom’acteurs et FAIRe un monde équitable

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