Des réseaux internationaux de torture animale, organisés depuis la Chine et actifs sur Telegram ou TikTok, torturent chats et chiens à la demande pour des clients payants. Plus de 5 000 vidéos, cumulant 5,3 milliards de vues, illustrent l’ampleur de cette criminalité organisée. Les associations comme Gardiens des Félins et FUTUR dénoncent.
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Des vidéos de torture animale circulent depuis des années, mais leur visibilité a récemment franchi un cap. Les images se diffusent plus vite, plus loin, sur davantage de plateformes, et donnent l’impression d’un « nouveau » phénomène alors qu’il s’inscrit dans une réalité ancienne. Pour des activistes et associations, l’urgence est double : protéger les animaux, mais aussi empêcher que ces réseaux, qui s’organisent et se financent en ligne, ne continuent de prospérer dans les zones grises du droit et de la modération.
L’Association FUTUR et les Gardiens des Félins ont décidé de travailler ensemble pour rendre publique l’existence de ces réseaux, documenter leur fonctionnement et interpeller les autorités. Elles racontent une enquête menée sous tension, au contact d’un contenu traumatique, et dans un contexte où les signalements se heurtent à une inertie persistante.

Mr Mondialisation : Qui êtes-vous et que portent vos associations ?
Association FUTUR : « FUTUR est une association née il y a trois ans, mais nous militons pour certains depuis plus de vingt ans. Notre objectif est de faire changer le regard qu’on porte sur les animaux. On parle beaucoup des animaux dits de ferme, souvent ignorés. Mais aussi des animaux sauvages victimes de la chasse, des cirques, des corridas. Nous avons une vingtaine de salariés, et nous avons de nombreux projets, dont celui du Sanctuaire du FUTUR qui est assez unique.
Dans ce dossier de torture animale, nous avons reçu un mail des Gardiens des Félins qui nous a mis au courant des détails de la situation. Nous avons décidé de nous associer pour mettre ça en avant. Quand nous avons reçu les images, cela a été extrêmement difficile émotionnellement. C’était horrible. Une seule personne a pu agir à ce moment-là – notre monteur vidéo – tant l’impact de cette pratique était violent. Mais c’était important de le montrer et de le nommer. Nous avons donc publié une vidéo sur les réseaux sociaux. »
« Quand on est tombées sur ce sujet, on a été tellement choquées qu’on ne pouvait pas ne rien faire. On a essayé de visibiliser, puis de comprendre comment agir. »
Heliya : « Gardiens des Félins est une association franco-suisse qui dénonce les réseaux de torture animale dans le monde. Notre campagne sur les réseaux de torture de chats et autres animaux a commencé en soutien au travail déjà en cours par Feline Guardians, un collectif international qui appelle à une loi anti-cruauté animale en Chine. Nous sommes 3 à gérer Gardiens des Félins. Elisa, Audrey et moi.
Pour ma part, je suis activiste depuis plusieurs années et je me spécialise dans les causes peu ou pas encore visibilisées. J’ai connu la problématique des réseaux de torture animale via le travail d’une association coréenne qui soutient aussi Feline Guardians. Même si le sujet était connu là-bas, il ne l’était pas du tout en France. Dans notre association, je suis référente stratégie : je travaille à construire des réponses juridiques et politiques contre ces réseaux. L’association existe depuis deux ans et a commencé en tant qu’antenne française seulement.
Pendant longtemps, personne ne voulait vraiment écouter. Je suis arrivée il y a un an et demi, et l’association est devenue franco-suisse. À la base, les filières de torture de chats à l’international, notamment en Chine, étaient les seules dénoncées.
C’est la stratégie de Feline Guardians de parler des chats, mais notre association franco-suisse dénonce l’entièreté des cruautés qui existent à cause du vide juridique chinois en termes de protection animale et nous souhaitons rendre visibles toutes les victimes — pas uniquement les chats. Il y a des singes, des lapins, etc. Nous parlons aussi des différents réseaux mondiaux de torture animale et appelons à un renforcement de la loi, en Chine comme ailleurs. »

Elisa : « Je suis référente administration et création de contenu. Je fais un peu de toutes les tâches : la gestion des informations, leur organisation, leur diffusion. Je suis basée en Suisse. Audrey et moi sommes meilleures amies depuis plus de vingt ans. »
Audrey : « Je gère surtout la communication et la transmission d’informations. J’ai découvert le sujet grâce à une activiste suisse. Au début, j’ai eu comme un « rideau blanc » : j’ai ignoré ce que j’avais vu pendant deux ou trois semaines. Puis je suis revenue vers elle en lui disant que je ne dormais plus et que je devais comprendre quoi faire. Je ne connaissais pas toutes les associations qui en parlaient déjà et je me suis retrouvée projetée dans une réalité que je n’arrivais pas à imaginer. »
« Quand on parle de “torture”, on imagine un phénomène contre lequel on ne peut rien. Pourtant, la violence de ces vidéos dépasse l’entendement. […] Notre objectif est d’élargir la mobilisation, car ces réseaux touchent tous les animaux. »
Mr Mondialisation : Comment avez-vous compris qu’il s’agissait de réseaux structurés ?
Heliya : « Des activistes documentent ces faits depuis longtemps. Des comptes comme Feline Guardians compilent des preuves depuis 2023, mais on sait que ces réseaux existent depuis au moins vingt ans. La différence récente, c’est la viralité : des vidéos se retrouvent exposées au grand public, ce qui attire aussi de nouveaux profils et renforce le phénomène. »
Elisa : « Pour moi, tout est parti d’une vidéo très connue, celle du “cat blender”, qui a circulé sur TikTok. Elle a été supprimée sur TikTok, mais elle circule encore. C’est là que j’ai compris qu’un simple retrait ne règle rien : le contenu se déplace et continue ailleurs. »
« Quand on signale, on voit aussi une différence de réaction selon les plateformes. TikTok peut être plus sévère. Instagram, souvent, ne voit pas le problème ou laisse passer. »
Mr Mondialisation : Qu’est-ce qui vous a le plus choquées en enquêtant ?
Elisa : « Comprendre que ce n’est pas uniquement un business. L’argent est parfois un bonus. Le moteur, c’est la domination, le sadisme, une forme de plaisir à faire souffrir. »
Heliya : « Ce qui m’a frappée, c’est l’impunité. Dans certains pays, il n’existe pas de loi sur la torture animale. Les auteurs peuvent être poursuivis au mieux pour trouble à l’ordre public, avec quelques jours de garde à vue. Ils s’en vantent, et cette absence de cadre nourrit une arrogance. »
« Concrètement, en Chine, ils peuvent torturer en plein jour et il ne se passe rien. »
Mr Mondialisation : Les autorités étaient-elles déjà au courant ?
Heliya : « Des informations existent depuis des années. En Chine, un média lié au gouvernement a déjà publié des articles, des réseaux ont été infiltrés, et pourtant aucune loi structurante n’a été mise en place. Cela pose une question politique majeure : pourquoi la non-action ? »
Audrey : « Avant de faire partie de Gardiens des Félins, on a écrit trois fois à l’ambassade de Chine en Suisse et on a été ignorées. J’ai aussi posé des questions poliment sur les réseaux de l’ambassade de Chine à Séoul : mes commentaires ont été supprimés et les commentaires ont été restreints de manière générale. C’est un schéma récurrent : les messages sont effacés, bloqués. »
Heliya : « Nous savons aussi qu’il existe des éléments concernant des personnes bien placées au Japon par exemple, mais nous n’avons pas accès à toutes les informations sensibles des autres pays. Chaque association ou collectif qui soutient Feline Guardians s’occupe prioritairement des recherches dans son propre pays. Plusieurs ambassades sont au courant, mais elles n’agissent pas ou ne semblent pas pouvoir agir. »

Mr Mondialisation : Avez-vous infiltré ces réseaux ?
Heliya : « Des recherches sont menées, mais l’infiltration sans cadre, faite dans l’urgence, peut nuire au travail. Des personnes isolées qui sont révoltées et pensent bien faire, entrent dans des groupes, et finissent par polluer la collecte d’informations ou alerter les auteurs. La première chose à faire est de se coordonner. Venez en parler avec notre association si le sujet vous touche et que vous avez envie d’agir. »
« La première chose à faire est de se coordonner. Venez en parler avec notre association si le sujet vous touche et que vous avez envie d’agir. »
Mr Mondialisation : Comment ces réseaux fonctionnent-ils concrètement ?
Audrey : « Il y a des mots-clés sur les réseaux et des redirections vers plusieurs sites. Sur ces sites, on peut payer. Les gens choisissent l’animal, la méthode de torture et parfois la durée, qui peut aller jusqu’à des semaines. Les groupes se réunissent ensuite sur Telegram, Nicegram et d’autres plateformes. Ils échangent sur les méthodes, sur la manière de prolonger la souffrance, et même sur des façons de réanimer. Leur objectif est que ce soit le plus brutal possible et que ça dure le plus longtemps possible.
Avant certains reportages déjà, il fallait parfois réaliser soi-même une vidéo pour intégrer les réseaux. Aujourd’hui, ils recrutent de plus en plus d’enfants, d’adolescents ; des femmes aussi sont impliquées : C’est un énorme business. Chez beaucoup d’hommes, il semble exister une excitation sexuelle liée aux cris des animaux.
Les vidéos se revendent, se recyclent. On a vu des éléments renvoyant à la pédocriminel. Les réseaux sont liés entre eux, se soutiennent, et c’est aussi pour cela qu’ils tiennent depuis des décennies. »
Mr Mondialisation : Quelle est l’ampleur de ces groupes, et à quel point la situation met en danger ceux qui enquêtent ?
Audrey : « Le plus gros groupe que j’ai pu voir était d’environ cinq cent mille personnes. Et certains gardent une façade de “gens normaux”. Ils récupèrent des animaux dans la rue ou via des associations, et il existe des réseaux de complicités : Certains restaurateurs appellent des gens en conscience de leurs actes pour qu’ils les débarrassent des animaux.
« Les activistes chinois risquent leur vie tous les jours. Les tortionnaires menacent de mort, font du chantage, menacent de diffuser des vidéos compromettantes, ou torturent davantage si on parle. »
Heliya : « Dès qu’on s’expose pour les dénoncer, ils nous insultent. Les chinois de ces réseaux de torture appellent les occidentaux les “white pigs”, alors même qu’ils sont bien contents d’attirer des fans à l’international, car un de leurs objectifs est de “banaliser la cruauté”.
Reste à savoir si les tortionnaires ou les sadiques qui visionnent ces vidéos dans nos pays sont au courant du mépris qu’ont les tortionnaires chinois envers eux. Il y a une recherche de montrer sa superiorité via la torture chez une partie des tortionnaires chinois. Nous pouvons être menacées régulièrement, mais c’est souvent du bluff. Et en Europe, nous sommes plus protégées. »
Mr Mondialisation : Qui sont les profils derrière ces violences ?
Heliya : « Il y a vraiment tous types de profils et nous sommes conscientes que ceux qui “tiennent les ficelles” sont bien cachés. Dans les tortionnaires ou les sadiques de ces réseaux qu’on retrouve facilement, on y constate des jeunes comme des adultes, des étudiants comme des professionnels très qualifiés. On pourrait croire que c’est une certaine catégorie de personnes seulement qui aime voir ou faire souffrir, mais c’est loin d’être le cas…. »

Audrey : « Par exemple, des vétérinaires ont été identifiés. La journée, ils soignent, et le soir ils torturent, parce que, selon eux, “personne ne connaît mieux l’anatomie qu’eux”. Certains étaient payés pour récupérer des animaux, les soigner, les torturer, puis les remettre dans la rue. Mais globalement, il y a de tout, des avocats, des journalistes… Tous les profils et même des femmes contrairement à ce que l’on pourrait penser.
Il y a aussi un discours de déni, notamment l’idée que “tout serait de l’IA”. J’ai parlé avec des personnes chinoises qui le pensaient. Cela s’explique aussi par le fait que les réseaux “classiques” sont très contrôlés là-bas, ce qui permet de maintenir le doute ou de disqualifier la réalité. »
Mr Mondialisation : Plateformes, diffusion, modération : pourquoi tout cela continue-t-il ?
Heliya : « On observe des liens avec d’autres violences en ligne, comme le “crush fetish”, et plus largement un continuum de contenus extrêmes, par exemple en lien avec la pédophilie. Quand des groupes sont fermés, ils se recréent immédiatement. Il n’y a pas une censure assez poussée et pas assez de coopération. Notre objectif n’est pas de “faire fermer Internet”. Nous cherchons à préserver des preuves, parce que sans preuves il n’y aura pas d’action judiciaire. C’est une ligne difficile : lutter contre la diffusion tout en documentant. »
Audrey : « Nicegram est très utilisé, et il existe d’autres plateformes dont on connaît mal les mécanismes. Toutes les plateformes sont impliquées d’une manière ou d’une autre. »
Mr Mondialisation : comment vous protéger psychologiquement face à ces images ?
Heliya : « On ne se protège pas vraiment. La charge psychologique est énorme et nous souhaitons aussi que ce soit reconnu. Le manque de possibilité d’actions des autorités, en Chine et à l’international, nous laisse seuls avec le traumatisme. »
Elisa : « J’ai mis en place un mécanisme de défense. Je n’ouvre plus les vidéos sauf nécessité. J’ai dû trier à un moment. La limite est difficile. Et même en dehors, on a des flashs, tout le temps. »
Audrey : « Je vis dedans tous les jours. Je souffre d’anxiété généralisée sévère. J’ai cru plusieurs fois devoir aller aux urgences psychiatriques. Et ça déborde dans la vie quotidienne : un repas, un four, un micro-ondes, et les images reviennent. Je vérifie sans cesse qu’aucun de mes chats est bien présent. Ces vidéos laissent des traumatismes durables. »

Mr Mondialisation : Ces violences annoncent-elles d’autres passages à l’acte ? Et comment protéger les enfants ?
Heliya : « Oui, parce que ces réseaux recrutent, normalisent l’extrême, et attirent de plus en plus de jeunes. Il existe même des groupes d’enfants, y compris en Europe. Tant qu’il n’y a pas de loi, il y aura toujours des contournements. »
Audrey : « Beaucoup disent “j’ai signalé”. Mais signaler ne suffit pas : ça déplace. Tant que le droit n’existe pas ou ne s’applique pas, on ne fait que déplacer le problème. »
Mr Mondialisation : Que faudrait-il faire pour que ces réseaux s’arrêtent ?
Heliya : « Il faut une loi qui nomme la torture animale, et qui criminalise les auteurs, les diffuseurs et ceux qui paient ou consomment gratuitement. Sans réponse pénale, l’économie de ces réseaux reste intacte. »
Mr Mondialisation : Qu’est-ce qui vous donne la force de continuer ?
Elisa : « Ce n’est pas l’espoir qui nous tient, c’est l’urgence. Chaque minute qui passe permet à ces gens de continuer. Tout cela doit cesser au plus vite. »
Audrey : « Tant que ça existe, on ne peut pas arrêter. Ce n’est plus possible d’accepter ça. »
Heliya : « Mon espoir est dans le fait de tout essayer. Même si les institutions déçoivent, continuer, c’est refuser que les victimes disparaissent dans le silence. »

Mr Mondialisation : Comment soutenir concrètement votre action ?
Heliya : « Il faut nous rejoindre sur les réseaux sociaux, lire et signer la pétition, la partager, aider à distribuer des flyers, répondre à nos appels à l’action. On a besoin de certaines compétences spécifiques, comme des informaticiens, des graphistes, des relais. »
Audrey : « On sait que c’est un sujet difficile. Beaucoup n’ont pas envie d’entendre. Mais j’aurais aimé que des personnes influentes réagissent. On nous dit parfois “ça va polluer ma page”. Pourtant, la Chine est un sujet complexe, oui, mais ces réseaux prolifèrent dans le monde entier. Si des voix puissantes n’aident pas à rendre visible, comment faire bouger les choses ? »
Heliya : « On avance aussi avec nos propres forces. Toutes les associations ont besoin de soutien. Et il ne faut pas attendre que les médias “donnent la permission” d’exister : on est au début d’un processus où les médias apprennent à faire confiance à ce travail. »
Mr Mondialisation : Pourquoi insistez-vous autant sur la pétition, et sur l’idée de ne pas en multiplier d’autres ?
Elisa : « On a fait l’expérience de ce que ça implique : centrer tout le monde sur une pétition permet d’avoir une direction claire. Multiplier les pétitions fragmente et affaiblit. Unissons nos force plutôt que de les dissiper. Rejoignez-nous. »
Heliya : « La pétition sert à casser le discours qui réduit tout à des “réseaux de torture de chats”. C’est une problématique globale : des réseaux mondiaux de torture animale. Aujourd’hui, il y a des membres partout, y compris dans nos pays. On ne peut pas externaliser le problème.
Mais ce sont aussi de nombreuses autres problématiques qui perdurent à cause de l’absence de protection animale en Chine : le commerce de viande de chiens et de chats, celui de la fourrure, le dressage violent qui est devenu viral, les jeux de foire avec des animaux comme cibles et et une banalisation croissante de la maltraitance, pleinement assumée.
« Quand on fait des demandes politiques, on nous oppose souvent la même question : combien de personnes soutiennent ? Une pétition est un levier imparfait, mais c’est un outil de pression publique. »
L’objectif, c’est de pousser l’affaire dans le débat public, pour obliger des prises de position. Aussi, certaines personnes disent “ça ne sert à rien” alors qu’on doit construire un rapport de force légal et politique. »
Mr Mondialisation : Quelle est la vraie problématique, au fond, derrière ces réseaux ?
Heliya : « Le cœur du problème, c’est le vide juridique et les zones grises. L’absence de protection animale en Chine est connue et dénoncée depuis longtemps. Comme elle n’a pas été stoppée, ces réseaux ont pu s’étendre à l’international et la maltraitance a pu se banaliser via les réseaux sociaux. Le vide juridique permet d’aller plus loin : la cruauté n’est pas clairement légale, mais pas clairement illégale, et cette ambiguïté est exploitée.
Les méthodes d’approvisionnement ne tombent pas du ciel. On retrouve des logiques proches du commerce gris : vol de chiens et chats dans la rue, animaux récupérés parce qu’ils ne “servent plus”, circuits parallèles. Cela rejoint aussi d’autres industries où l’animal est un objet, comme la fourrure, certaines foires, et d’autres formes d’exploitation. »
Audrey : « Ce que ces réseaux révèlent, c’est l’escalade. Quand personne ne stoppe, tout devient possible. Et nous, on refuse de s’habituer à l’inhumain. »
– Propos recueillis par Mauricette Baelen
Photo de couverture : ©Unsplash















