Du Mali à la Belgique : « on a tous à apprendre les uns des autres »

C’était en 2016, l’ONG liégeoise Autre Terre et la coopérative Les Compagnons de la Terre s’étaient engagés dans un combat commun : restaurer nos sols afin d’y développer une agriculture responsable. Pour cela, les deux entités avaient lancé l’opération ‘Restaurons la Terre’. Cette année, l’opération reprend de plus belle avec l’idée de financer deux projets en agroécologie, l’un en Belgique, l’autre au Mali, dans une volonté de mise en avant de l’agroécologie au Sud comme au Nord et de partage des valeurs et des savoir-faires. Une belle idée selon laquelle nous avons tous à apprendre les uns des autres en matière d’agroécologie.

La continuité d’un projet d’envergure

Selon un proverbe chinois, « le meilleur moment pour planter des arbres était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant ». Et cela, les structures Autre Terre et Les Compagnons de la Terre l’ont bien compris. Active depuis 30 ans dans les domaines de l’agroécologie et du recyclage, l’ONG belge Autre Terre a pour but d’améliorer la qualité de vie des populations du Sud en les aidant à développer des activités économiques durables, en développant leurs circuits de vente et en les rendant autonomes. La coopérative Les compagnons de la Terre, de son côté, défend l’émergence d’un nouveau modèle de production collectif et plus respectueux de la Terre. Les légumes récoltés par la coopérative belge permettent actuellement de nourrir plus de 100 familles de la région liégeoise et l’objectif est d’atteindre 1000 familles à l’horizon 2020 sur une surface élargie à 30 hectares.

Ensemble, les deux entités se lancent pour la deuxième fois dans l’opération « Restaurons la Terre », dans une volonté de sensibiliser le grand public, de lutter contre les phénomènes d’appauvrissement des sols, de promouvoir l’emploi via les circuits courts et enfin de conscientiser la population à développer de vraies alternatives pour les générations futures. Une opération qui vise à planter 220 arbres en Belgique et plus de 300 arbres au Mali, à Gao, dans le cadre de la création de 3 nouvelles zones maraîchères. Une initiative qui, en plus d’agir pour l’environnement, devrait créer à terme plus de 120 emplois.

Photographie à la discrétion de Restaurons la Terre

Plus précisément, l’opération se déroulera en trois axes : création de projets, partage de compétences et sensibilisation. La phase de création se déroulera donc en Belgique et au Mali. En Belgique avec la plantation à partir de mi‐novembre 2017 de 220 arbres fruitiers de trois essences différentes (poiriers, pommiers et pruniers), dans le verger des CDLT à Mortier. Au Mali avec la création de 3 périmètres maraîchers dans la région de Gao afin d’y développer des pratiques agroécologiques encore trop peu connues. Pas moins de 300 arbres pour 3 hectares. Le financement de ces deux projets en agroécologie nécessite un investissement de 20 000 euros. Les deux entités se tournent vers les entreprises, associations et collectivités pour parvenir à financer leurs projets, mais également auprès du grand public via une campagne de crowdfunding.

Et si l’on peut se demander pourquoi implanter ces projets en Belgique ou au Mali, la réponse est toute simple. Le Mali est un pays touché par une baisse importante de la fertilité des sols et engagé depuis peu dans un véritable processus de révolution verte. La grande majorité des maliens dépend de l’agriculture et il est donc apparu primordial pour les porteurs de projet d’apporter un soutien technique et moral à la population. En Belgique, il s’agit de développer une alimentation saine, solidaire et locale. Objectif que poursuit la coopérative les Compagnons de la Terre depuis maintenant 2 ans. Ici, nous arrivons au coeur du second axe de l’opération, le partage d’expérience. Il s’agit tout d’abord de consolider les liens entre les deux organisations, puis de créer des échanges entre agriculteurs du Nord et ceux du Sud. Cette belle idée selon laquelle nous avons tous à apprendre les uns des autres…

Photographie à la discrétion de Restaurons la Terre

Une pierre de plus à l’édifice

Une volonté des porteurs de projet qui semble répondre à une réelle urgence, celle de l’appauvrissement des sols. Chaque seconde dans le monde, ce sont plus de 6000 m² de terres agricoles qui disparaissent sous l’effet de l’érosion, du tassement par les engins agricoles ou encore de la pollution. C’est le poids de l’activité humaine qui devient de plus en plus difficile à supporter pour les sols qui étouffent littéralement. Le résultat ? Des sols qui s’appauvrissent et qui poussent les hommes à étendre toujours plus leurs exploitations, créant les conditions d’un véritable cercle vicieux.

Et cet appauvrissement des sols est une réalité dont on ne semble pas encore prendre la juste mesure. Concrètement, il représente une réelle catastrophe qui menace notre société toute entière puisqu’il est à la base de notre système alimentaire. Il s’agit, une fois de plus, de questionner notre rapport à la nature et nos pratiques agricoles.

Photographie à la discrétion de Restaurons la Terre

Questionnement qui nous amène au troisième axe de l’opération « Restaurons la Terre », la sensibilisation. Une sensibilisation qui vise le grand public, afin de mettre en avant le rôle essentiel des arbres dans l’agriculture. En vue de cette sensibilisation, une conférence destinée au grand public est organisée le 10 octobre prochain sur la thématique de l’agroécologie. Elle se déroulera à Liège, au KulturA, et réunira experts locaux et internationaux. Entre autres, Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’Avenir, Eddy Montignies, agronome cofondateur de Land Farm and Men, Graines de Curieux, Nicolas Vereecken, professeur à l’ULB en Belgique, Bernard Maus, de l’AWAF (BE) et enfin Mahamadou Souleye, coordinateur de l’UGM de Gao. Des actions de mobilisation auront également lieu dans le centre-ville de Liège, ainsi qu’un concert des groupes PANG ! et Jive Addict au KulturA.


 Restaurons la Terre / Les Compagnons de la Terre / Autre Terre

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