« Voici Georges » signale en guise d’introduction une vidéo signée « La Secte », une jeune agence média lyonnaise qui ose le tout pour le tout afin de déconstruire nos préjugés. Le résultat est à la hauteur des espérances, au plus grand bonheur des bénévoles d’Emmaüs et de ceux qu’ils aident.

L’esprit humain possède cette facilité à catégoriser le monde qui l’entoure, créant par la sorte une foule de préjugés qu’il convient ensuite de déconstruire par l’éducation, la connaissance et l’expérience. Emmaüs a souhaité démontrer de manière originale que nos préjugés peuvent non seulement faire mal, mais surtout nous éloigner des belles âmes qui, sur le terrain, changent concrètement le monde. Et quelle plus belle manière d’insuffler la tolérance que d’être informé des particularités de chaque individu ?

Parmi les portraits sélectionnés par l’association, on trouve celui de Georges, compagnon chez Emmaüs depuis 32 ans. À 67 ans, l’homme apporte toujours son aide avec entrain et ce sans rien attendre en retour. Convoyeur humanitaire, il se déplace chaque année en Bosnie, au Bénin ou au Burkina Faso pour venir en aide aux victimes de guerres… La réaction des interrogés vaut de l’or.

Rappelons que le Mouvement Emmaüs milite pour la justice sociale et lutte au quotidien contre la précarité et l’exclusion des plus faibles. Initié par l’Abbé Pierre, le mouvement représente aujourd’hui un réseau de 283 groupes. Sur le terrain, ce sont plus de 18 000 français, le plus anonymes aux yeux du grand public, qui se relayent pour agir à travers de communautés, de structures d’action sociale, de chantiers et entreprises d’insertion…

À l’occasion de cette campagne de conscientisation, Thierry Kuhn, le Président d’Emmaüs France, adresse une lettre à la France : « Peut on encore changer le monde ? La question elle même n’est elle pas subversive en 2015 alors que tout devrait nous porter à accepter avec fatalité et résignation le monde tel qu’il est, un monde dans lequel domine l’idée selon laquelle nous sommes tous en compétition les uns contre les autres, que nos difficultés viennent des autres, des plus pauvres d’entre nous, des « assistés », des migrants, de tout ceux à qui notre société dit, avec une violence inouïe « il n’y a pas de place pour toi ». Un monde qui érige en modèle ceux qui « réussissent », grands argentiers, patrons d’entreprises du CAC 40 ou de startups, sportifs millionnaires ou stars du showbiz. Un monde qui promeut un modèle unique basé sur la croissance illimitée des richesses, faisant fi des limites des ressources de notre planète et des inégalités sociales. Un modèle qui continue à être défendu par l’immense majorité de nos dirigeants politiques et économiques, par les « spécialistes » autoproclamés. Un modèle qui montre pourtant ses limites tous les jours. « Il n’y a pas d’alternative » nous dit on. Et pourtant…

 Quand, en 1949, l’abbé Pierre accueille Georges, un homme désespéré, un homme ordinaire, celui qui allait devenir le premier compagnon d’Emmaus,, en lui disant simplement « viens m’aider à aider les autres », ils ne se doutaient certainement pas qu’ils étaient en train de donner naissance à une aventure humaine extraordinaire. Une aventure solidaire que 18 000 personnes, elles aussi tout à fait ordinaires continuent à faire vivre aujourd’hui au quotidien, en refusant la fatalité et la morosité. Ici, ils distribuent des aliments et des vêtements aux plus démunis ou viennent en aide aux familles en situation de malendettement. Là, ils accueillent des personnes sans logement en communauté ou en centre d’hébergement. Ailleurs, ils viennent en aide aux migrants ou encore créent des emplois pour des personnes en situation d’exclusion, construisent des logements. Ils collectent, revalorisent, réparent, recyclent des objets, surplus de notre société du jetable, pour créer de nouvelles structures, pour accueillir et accompagner des personnes en situation d’exclusion. Ils donnent une seconde vie aux objets pour redonner une seconde chance aux femmes et aux hommes. Par le fruit de leur travail, ils permettent le développement de communautés, de chantiers et d’entreprises d’insertion, d’actions de solidarité. Partout, ils créent et inventent d’autres modèles, plus humains, plus solidaires. Ils créent du lien social, d’autres modes de vivre ensemble.
 
Par leurs actions, ils interpellent et remettent en cause le modèle dominant. Par leur détermination, ils créent d’autres modèles possibles. Ils se réapproprient notre avenir et montrent une voie nouvelle, celle de l’économie solidaire. Ils ébranlent les certitudes et les idées reçues. Et pourtant, on ne les voit que très rarement au journal de 20 heures, ils ne font jamais la une des journaux ou le buz sur internet. Ils sont bien trop ordinaires. Ils sont compagnes et compagnons d’Emmaûs, hier accueillis en communauté, ils sont étudiants ou retraités, citoyens engagés, ils sont salariés cherchant à donner du sens à leur activité professionnelle. On ne se méfie jamais assez des gens ordinaires car ensemble, ils sont extraordinaires. Il faut se méfier des gens ordinaires car ensemble, ils peuvent changer le monde. »

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Source : les-extraordinaires-emmaus.org