La caricature du SDF alcoolique ou du gitan voleur persiste dans les esprits les plus réactionnaires. Comment être certain que donner de l’argent est vraiment utile à un nécessiteux ? Mais surtout, comment sortir de ces préjugés et de ses peurs ? Point de vue social, une toute jeune web-série, nous invite à réfléchir ensemble à ces questions.

On est d’accord, la persistance de la misère en société est un signe d’un certain échec des institutions dans leur mission de redistribution des richesses. En effet, la sécurité sociale, par les cotisations sociales notamment, avait pour ambition de sortir tous les individus de la misère. Force est de constater que ce n’est pas une totale réussite alors même que certains s’acharnent à vouloir détruire les systèmes de redistribution de richesses et que certaines multinationales sont pratiquement exonérées d’impôts. Mais, en dehors des associations, comment aider concrètement ceux qui n’ont ni domicile, ni droits sociaux ? Faut-il donner de l’argent aux sans-abris qui tendent la main ?

Nous avons tous été un jour face à un SDF et ce choix de l’aider ou non. Parfois, dans une même journée, ce sont plusieurs d’entre eux qui nous abordent. Pas évident de réagir correctement face à une situation, d’autant que le doute habite notre esprit. Est-il bien SDF ? Cet enfant, n’est-il pas utilisé par un réseau pour faire pitié ? Dans cette vidéo, Point de vue social explore ces questions et nous invite à décoloniser nos croyances à ce sujet afin que ceux qui veulent vraiment donner, mais s’abstiennent par doute, peur ou gène, puissent passer à l’acte.

Le point le plus important que le podcaster aborde est sans aucun doute ces fausses informations, au titre généralement racoleur, qui inventent une histoire choquante pour engendrer des vues, des clics et donc de l’argent, voguant sur les préjugés collectifs. Dernier buzz en date : cette fausse histoire de gitanes qui utiliseraient des bébés drogués ou morts pour qu’ils restent calme toute la journée pendant la mendicité. S’il s’agit d’un « hoax » évident et immédiatement débunké, beaucoup de gens continuent de partager l’information sans prendre la peine de vérifier sa véracité. Pourtant, en pratique, cette fausse histoire vue des millions de fois engendre des préjugés profonds dans les esprits les plus manipulables qui affectent l’ensemble des sans-abris.

Le choix du dialogue

Donner une pièce est la plus simple des manières d’agir. D’autres vont mettre une compétence à leur profit, comme on l’a vu pour ce barbier qui offre la coupe de cheveux aux sans-abris de sa ville. Si vous avez le temps, nous vous invitons à ouvrir le dialogue avec les sans-abris que vous croisez. Demandez-leur ce qu’ils veulent concrètement, la réponse est souvent très surprenante. Car, je l’avoue, je ne donne jamais de pièce. Je demande systématiquement ce qu’il leur ferait plaisir pour ouvrir un dialogue autant enrichissant pour moi que pour l’autre. Les trois dernières réponses reçues furent : du shampoing pour mes enfants, un pain au chocolat, des croquettes pour mon chien. Bien loin des pires clichés. Alors vous aussi, osez !

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