‘De longues vacances’ : film d’animation touchant sur la réalité du chômage

L’été bat son plein, et Louise découvre pour la première fois les joies du camping en famille. Au bord de la mer, les journées de la petite fille passent au gré des promenades sur la plage, et de ce récit extraordinaire, relaté par son père, au sujet d’une sirène qui aurait vécu là il y a fort longtemps. Mais lorsque le jour de la rentrée scolaire approche, Louise apprend que cette année, elle ne retrouvera pas son ancienne école, ni son ancienne maison. Un film d’animation extrêmement poétique sur ce que les familles traversent lorsqu’un parent perd son emploi.

Louise vient d’arriver avec ses parents au bord de la mer. Tous trois habitent une caravane, et les journées défilent sur la côte, en compagnie des nombreux touristes. Alors qu’elle trouve un bout de bois à la forme étrange sur la plage et le ramène chez elle, son père lui dit qu’il s’agit en réalité d’un peigne de sirène. Un travail d’archéologue des plages commence : les jours suivants seront consacrés à la recherche d’autres artefacts attestant de l’existence de cette fameuse sirène, dont la particularité serait de chanter faux. L’histoire, inventée par son père, s’étoffe au fil des jours et des découvertes, jusqu’au moment où la réalité vient rompre la paix familiale. Car il faut bien se rendre à l’évidence : la vie dans ce camping-car parqué au bord de la mer ne va pas pouvoir durer éternellement. Il va falloir que Louise retourne dans son monde « réel » beaucoup moins magique…

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« De longues vacances » est un court-métrage d’animation dont on peut saluer la profondeur, la grâce et la poésie. Réalisé en 2015 par l’Atelier Zorobabel, le film est en compétition au sein du festival Coupe Circuit, premier festival « engagé » qui traite des réalités sociales, et qui se déroule cette année du 1er au 30 novembre sur Internet exclusivement. En quinze minutes, ce court-métrage traite du chômage et de l’exclusion par le prisme des yeux d’une enfant, Louise, dont la vie s’ancre dans un onirisme propre à l’enfance et à ses contes. Il s’agit aussi, au travers de la mise en abîme et du récit — qui se présente comme la possibilité d’une fuite, d’établir un parallèle entre le personnage de la sirène, et l’incapacité d’un père à trouver sa place dans une société où le travail est au centre de tout.

La version complète est disponible et soumise au vote sur le site du festival, mais en voici un aperçu avec la bande-annonce.

(voir le film complet ici)

Un festival en ligne pour évoquer les réalités sociales, multiples

Avec une première édition en 2015, le festival en ligne Coupe Circuit se propose de donner de la visibilité aux artistes qui souhaitent traiter de la multiplicité des réalités sociales et des visages de l’époque. Ainsi, on trouve sur le site de ce festival d’un nouveau genre de nombreux courts-métrages, mais aussi des documents audio, qui ont pour objectif d’aborder la vie, les événements, du point de vue de ceux qui les subissent. Travail, chômage, inégalités, handicap… sont autant de notions abordées par les travaux présentés. En outre, le festival souhaite mettre en avant un côté « 100% participatif » et mettre en place un espace de dialogue entre internautes spectateurs et artistes.

Ainsi, Diversion, un court-métrage que nous vous avions présenté précédemment, fait également partie des créations en lice. À ses côtés, on trouve également des films rigolos, touchants, ou qui s’inscrivent dans une démarche plus proche du documentaire. Le Zombie au Vélo, par exemple, est un court-métrage comique qui réutilise la métaphore du mort-vivant pour dépeindre une société marquée par le chômage des uns et la condescendance des autres. Le titre « Beaux Jeunes Monstres » recouvre quant à lui une série audio qui permet à celui qui l’écoute de se retrouver à la place d’un jeune garçon handicapé. En bref, le site du festival Coupe Circuit n’attend plus que vous pour dévorer leurs nombreux films engagés et voter pour vos préférés.


Sources : Gsara.be / Vimeo.com