La face cachée des bateaux de croisières dévoilée par Thalassa

Viking Sea Cruise @robbreport

Si elles restent pour beaucoup synonymes de luxe et de vacances inoubliables, les croisières effectuées à bord d’immenses paquebots, immeubles flottants, cachent une part d’ombre non négligeable. Ce vendredi 20 janvier, un documentaire Thalassa revient sur ce business extrêmement lucratif, qui coûte parfois bien plus que prévu aux passagers, mais aussi et surtout à l’environnement. De quoi y réfléchir à deux fois avant d’embarquer sur le premier paquebot venu…

En l’espace de quelques décennies, les paquebots sont devenus le symbole de la démesure qui touche une industrie touristique mondialisée qui s’affranchit chaque fois un peu plus des distances à la surface du globe. Si des millions de touristes continuent d’avoir des étoiles dans les yeux à l’idée de traverser les océans à bord de ces immeubles flottants, le coût pour la planète et pour les habitants des villes portuaires est loin d’être nul. Alors que, l’an dernier, ces géants des mers accueillaient 25 millions de passagers (un chiffre qui a doublé en 10 ans et ne cesse de grimper), la journaliste Sophie Rolland est partie enquêter sur les coulisses d’une industrie atteinte de gigantisme pour le compte de l’émission Thalassa.

Image @ Thalassa

Si les croisières au goût du luxe continuent d’avoir un tel succès, c’est qu’elles bénéficient encore d’une image glamour, alimentée par certaines séries des années 80, mais éloignée de la réalité. D’un côté, les passagers, ainsi que les équipages, peuvent parfois pâtir de leurs séjours à bords de ces bateaux gigantesques. En effet, les premiers se font parfois avoir par l’engrenage marchand développé par une industrie du tourisme sans scrupule qui profite de la « captivité » des passagers ; tandis que les seconds peuvent voir leurs conditions de travail se dégrader sous les effets du pavillon de complaisance.

D’autre part, certains atolls paradisiaques subissent aujourd’hui les assauts des croisiéristes, qui n’hésitent pas à acheter des îles entières pour les transformer en Édens touristiques. Des pratiques qui ont un impact direct sur l’environnement des archipels touchés en toute ignorance des vacanciers qui sont à bord pour se reposer et non pas se questionner sur l’état du corail. Au cours de l’enquête, les journalistes de Thalassa ont également tenu à mesurer le taux de particules fines et de soufre présentes dans cet « air marin » censé profiter aux vacanciers à bord, qui, contre toute attente, est très loin d’être pur. Loin de s’arrêter aux ponts des navires, la pollution émise par les paquebots de croisière se propage également aux villes portuaires. C’est par exemple le cas à Marseille, où l’équipe a mesuré la qualité de l’air en différents endroits avec des résultats étonnants.

Une démesure meurtrière

En développant une certaine folie des grandeurs, et en construisant des bateaux toujours plus longs, toujours plus hauts, les armateurs et les croisiéristes participent activement à la propagation de différents maux qui frappent tant les océans que les villes où ils font escale. De Venise aux îles perdues dans le Pacifique, les écologistes ont ces dernières années pointé du doigt l’impact écologique de ces navires gigantesques qui continuent de fonctionner grâce à des carburants très polluants. Pour beaucoup, ces géants des mers symbolisent à merveille une humanité qui a perdu le sens des mesures, surtout quand il s’agit de confort personnel. « Si on peut le faire, pourquoi s’en priver ? » est devenu le mot d’ordre. À l’instar du Titanic en son temps, les géants des mers d’aujourd’hui polluent de manière inconsidérée.

Chargés en fioul lourd, ces paquebots seraient responsables d’une pollution atmosphérique semblable à celle dégagée par un million d’automobiles par jour, même à l’arrêt. Une pollution qui s’explique par le fait que, durant les escales, ces villes flottantes continuent de nécessiter une alimentation énergétique continue. Certaines villes portuaires ont ainsi commencé à se plaindre de cette pollution dont ils en supportent le coût, comme c’est le cas de la ville de Southampton, en Angleterre, qui dénonçait récemment la pollution émise par le grand paquebot de croisière du monde, le « Harmony of the Seas », qui brûle quotidiennement pas moins de 250 000 litres du diesel le plus polluant au monde. À ce rythme-là, il ne restera bientôt plus aucun iceberg pour barrer la route de ces titans des mers.

Croisières, le prix du rêve ! sera diffusé le 20 janvier à 20h55 sur France 3.

Image @ Thalassa

Sources : France3.fr