Si vous étiez un document important ou un petit colis destiné à être livré dans un rayon de quelques kilomètres, il ne vous viendrait jamais à l’esprit de prendre une camionnette gourmande en énergie ou, pire, un camion ! Et pourtant, la plupart du temps, c’est comme cela que sont transportés en ville la plupart des paquets, enveloppes et documents en tous genres… plus par habitude à l’accès aisé aux carburants fossiles que par efficacité. Il existe pourtant une alternative tout à fait crédible : la livraison locale à vélo ! Portrait.

Jérôme est un jeune belge qui s’est lancé dans l’aventure du transport de marchandises à vélo. Il y a quelques années, il crée « Le Coursier Mosan », du nom de la Meuse, le fleuve qui traverse Namur, la ville wallonne où il a implanté son service de coursier écologique. Instituteur de formation, il a d’abord travaillé comme éducateur dans l’enseignement secondaire, pour ensuite chercher sa voie dans d’autres secteurs, comme employé polyvalent pour un port de plaisance ou comme animateur pour une association d’éducation à l’environnement, l’ASBL « Empreintes ». C’est là qu’il s’est définitivement sensibilisé à la cause environnementale.

« Je recherchais un job plus à l’extérieur, qui allie une composante physique qui me plait beaucoup et une dimension de contact humain avec la clientèle. Ce qui m’a séduit dans le transport à vélo, c’est cette possibilité de fournir un service qui doit se faire, car on a encore besoin de transporteurs en ville, avec des objectifs environnementaux » confie Jérôme, tout en pédalant pour livrer des bacs de fruits et légumes. Il est un fait qu’en ville, le vélo a déjà tout pour plaire : il peut traverser facilement les zones piétonnes, emprunter certains sens interdits, il se gare facilement, et n’est jamais bloqué par les travaux ou les bouchons… toute une série d’avantages qui font vite oublier les intempéries rencontrées fréquemment dans nos régions.

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« Le piétonnier, on essaie a priori d’éviter, mais quand on a des livraisons à y faire, on roule à la vitesse du piéton, de manière à respecter aussi l’essence du lieu » nous avoue Jérôme. « Mais mon plus grand plaisir, c’est de pouvoir prendre le chemin de halage le long du fleuve, quand l’itinéraire s’y prête. » Car pas question de faire des détours juste pour le plaisir, non plus ! Le Coursier Mosan est donc un service de transport local urbain, avec des vélos qui, à eux seuls, peuvent embarquer jusqu’à 100kg de charge utile dans un rayon de 4km autour du centre-ville de Namur.

Le vélo, pour Jérôme, c’est aussi plus globalement une autre philosophie de vie. « On surestime souvent l’effort que c’est de transporter de la marchandise à vélo, mais la plupart des gens qui y passent font tomber cette barrière sans problème. Et pour le citoyen lambda, il y a un chouette enjeu parce que pour aller faire simplement ses courses en ville, en termes de coûts et de parking, il n’y a pas photo ! » Le jeune homme a récemment investi dans une remorque qui peut emmener jusqu’à 280kg. De quoi emporter avec lui bien plus de charge que ne peut en prendre le coffre d’une voiture moyenne. Sur une courte distance, l’alternative est pertinente, autant en matière de cout que d’impact écologique.

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L’avenir semble rayonnant pour ce genre d’initiatives qui se multiplient dans de nombreuses villes, en Belgique comme ailleurs de Tokyo à New York. Pour Jérôme, la raison est très simple : « on constate que la totalité du secteur est en train de regarder très attentivement ce qui se développe et ce qu’ils doivent mettre en place, de leur côté, pour éviter de se casser les dents dans des villes qui sont de plus en plus bloquées par les véhicules classiques. Ils se rendent compte que le transport en ville dans 10 ans sera fondamentalement différent de ce qu’il est aujourd’hui » L’objectif de Jérôme est donc de rendre cette partie du transport urbain indépendante de la fluctuation des coûts pétroliers, du coût de l’énergie et surtout de la pollution engendrée. « Soit on augmente encore le concours de klaxons et l’avancer à du 10km/h avec des véhicules qui sont beaucoup trop importants, soit on se dit qu’il y a moyen de faire autrement. » affirme-t-il.

Et en parlant d’avenir, il nous confie qu’il a plusieurs projets sur le point d’être concrétisés : « à court terme, l’idée est d’ajouter un vélo électrique à notre flotte, qui nous permettrait à la fois d’accepter des colis plus volumineux et plus lourd, et aussi de desservir les hauteurs de la ville. Nous allons aussi lancer très prochainement la « Coopérative des Coursiers Wallons », ouverte à toute personne motivée par ce challenge ». Si vous êtes intéressé et si vous avez envie de devenir coopérateur d’un vrai mouvement alternatif pour le transport de marchandise dans votre ville, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire…


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Source / Images : Facebook.com

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