Quand les spécialistes affirment qu’il faudrait 6 planètes pour vivre tous comme un américain, ce n’est pas qu’un concept, c’est une réalité. Mais, comme l’occident n’ambitionne pas de produire moins, où doit-on trouver la place pour nourrir la planète demain quand la seule solution employée actuellement est la déforestation massive ? Des chercheurs japonais proposent une solution pour produire beaucoup en un espace réduit avec peu de ressources.

Les LED font leur entrée dans l’agriculture

Shigeharu Shimamura est un scientifique Japonais qui a développé une technique agricole peu commune. En effet, le chercheur est capable de produire 10 000 laitues chaque jour grâce à ses cultures intérieures. Comment ? Par l’utilisation de milliers d’ampoules à très faible consommation « LED » capables d’imiter la lumière naturelle, jour et nuit.

Construite sur un terrain dévasté par le tremblement de terre et le tsunami en 2011, l’exploitation agricole non conventionnelle de M. Shimamura est la plus grande au monde. De la taille approximative d’une moitié de terrain de foot, cet espace accueille plusieurs rangées entières de laitues réparties sur 15 étages. De quoi répondre à la problématique du manque d’espace qui pourrait être demain, au moins autant que nos modes de vie déséquilibrés, vecteur d’un manque de nourriture.

«Nous voulons prouver que les végétaux peuvent pousser partout.» – Shigeharu Shimamura.

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4 avantages majeurs

Si de prime abord cette exploitation intérieure a de quoi étonner par son aspect industriel, l’idée n’en présente pas moins quelques avantages. D’abord, ces cultures sont beaucoup moins gourmandes en eau qu’une exploitation classique. L’eau est attribuée directement et d’une manière précise aux plantes sans les pertes d’un filtrage conséquent dans les sols. Le manque d’eau potable constitue, en effet, une problématique tout aussi importante que le manque d’espace.

Ensuite, le scientifique a réussi l’exploit de diminuer les pertes sèches de végétaux en contrôlant plus rigoureusement la température, l’humidité et l’irrigation. Ceci n’est possible qu’en intérieur, dans des conditions parfaitement contrôlées. Le résultat est impressionnant. On passe d’une perte évaluée à 50% (dans une exploitation dite conventionnelle) à 10% en intérieur (dans ce système). Réduire les pertes constitue le 2e grand intérêt de l’innovation.

Enfin, et c’est son avantage fondamental, ce type d’agriculture demande une surface d’exploitation très réduite. Ceci représente une solution de taille pour une production locale dans des endroits où il est important de conserver des espaces naturels « libres » comme, par exemple, en ville. En effet, l’agro-industrie ravage le patrimoine naturel en remplaçant le vivant par des monocultures partout sur la planète. Ceci entraine des conséquences notamment sur la santé des abeilles mais aussi des sols et du biotope en général.

Notons enfin que la récolte peut se faire de manière quasi-automatisée en un temps record. Contrairement à l’agro-industrie conventionnelle, pas besoin de tracteur qui, à l’échelle globale, représente une pollution non négligeable.

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Une solution d’avenir ?

A l’heure où 1,4 milliards de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées chaque année dans le monde, cette méthode de production se présente comme l’une des nombreuses alternatives pour endiguer ce phénomène.

Pour l’instant, d’un point de vue strictement économique, le système est encore trop couteux. Les LED particulièrement spéciales demandent un investissement important. Ce type de projet peut-il seulement bénéficier des lourds subsides versés actuellement à l’agro-industrie ? Cependant, la diminution du coût technologique devrait permettre d’ici quelques années de voir ce type de projet se développer. Le scientifique Japonais n’a d’ailleurs pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin, des exploitations similaires devraient voir le jour en Russie, à Hong Kong et à terme, un peu partout dans le monde.

«Si nous pouvons construire des usines à végétaux partout dans le monde, nous pouvons supporter la production de nourriture pour alimenter la terre entière, c’est pour cette raison que nous travaillons.» – Shigeharu Shimamura.

Alors, idée de génie ou nouvelle utopie industrielle ?


Source : Distractify / Smithsonianmag.com

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