À Bagnolet, les chèvres battent le pavé !

Dans le quartier des Malassis, à Bagnolet, dans le 93, c’est un troupeau bien spécial qui occupe les rues et les toits. Née de l’initiative de Gilles, l’association « Sors de Terre » initie les enfants de la cité au jardinage depuis maintenant 8 ans. Face à la motivation de certains, le projet s’est peu à peu transformé et a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, le quartier accueille sa propre bergerie, où paissent paisiblement près de 25 brebis et chèvres, à quelques kilomètres seulement de Paris.

Faire naître une bergerie au cœur d’un quartier de banlieue parisienne

Tout a commencé avec un potager. Un simple jardin cultivé qui a généré assez de curiosité et d’intérêt dans un quartier de banlieue parisienne où le béton assombrit souvent le paysage. Au départ, les enfants y venaient après l’école, pour se familiariser avec les semences, les plantes et les légumes. Existant depuis 8 années, l’association Sors de Terre, menée par l’initiative de Gilles Amar, participe aujourd’hui à l’animation du quartier, et ramène un bout de campagne à la ville.

02_bergeria_chevres_toits

Le projet a peu à peu pris de l’ampleur, et s’est transformé en véritable bergerie au cœur de la cité. Trois membres ont rejoint l’association, et les deux premières brebis ainsi qu’une chèvre ont été achetées. C’est à ce moment-là que le tournant s’est fait. Ici, on peut désormais pousser la porte de la bergerie, venir voir les animaux, et même acheter son lait de brebis frais et ses œufs. L’association organise également, en partenariat avec des structures éducatives, des ateliers pour enfants ou adolescents handicapés. Quand ils en ont le temps, Lucas et les autres membres de l’association proposent des activités ludiques.

Aujourd’hui, la bergerie réunit une vingtaine d’animaux que les enfants et les parents viennent voir. Avec le plus grand naturel, on s’occupe des animaux, on se raconte des histoires, on partage dans ces pâturages improvisés entre deux barres d’immeubles. La bergerie, d’ailleurs, est le résultat de l’initiative des habitants. Suite à l’arrivée des premiers animaux, ils l’ont construite à l’aide de planches de bois sur un terrain clos déserté. Et lorsque les chèvres ont besoin d’être nourries, Gilles les emmène brouter dans les allées de la cité ou dans les friches des environs. 3 hectares de verdure négociés avec la mairie comme « espaces pâturables ».

06_bergeria_chevres_toits

Réinvestir les lieux communs pour les rendre aux habitants

À une centaine de mètres de la bergerie, on trouve des prés, établis par les habitants entre deux immeubles. La bergerie a aussi permis aux communautés du quartier de réinvestir le lieu, de réinventer l’usage de certains endroits délaissés. Pour certains habitants, les chèvres procurent un véritable bol d’air dans la cité, elles redonnent une certaine sérénité au paysage urbain. En outre, les animaux participent concrètement à l’entretien du paysage. De façon naturelle, ils permettent de tondre la pelouse, de tailler les haies.

Grâce à son initiative, l’association reçoit aujourd’hui des propositions pour s’occuper de la gestion de certains espaces verts. Qu’il s’agisse d’une résidence à Bobigny ou d’un lycée à Pantin qui souhaite intégrer une bergerie à sa cour de récréation, Gilles et son équipe envisagent ce travail de réhabilitation d’une façon à la fois écologique et sociale. Ici, on va à la rencontre des habitants, on leur explique ce qui va changer dans leur quartier, on les invite à reprendre la main sur son organisation.

04_bergeria_chevres_toits

05_bergeria_chevres_toits

Pour Lucas, membre de l’association, la notion de dialogue est essentielle. D’ailleurs, toutes les actions de l’association ont à cœur de jouer la carte du « participatif ». Ici, pas de réunions interminables qui ne mènent à rien, mais un véritable dialogue et une véritable demande en termes de participation des habitants. Une façon de faire qui déroge aux règles habituelles de l’urbanisme et de l’administratif, pour redonner du souffle à des espaces parfois délaissés, voilà toute l’essence du projet.

Pour en savoir davantage sur la « Bergerie des Malassis », vous pouvez regarder l’épisode réalisé par le projet SideWays, qui retrace à travers l’Europe la carte des initiatives lancées « en quête d’un autre monde » en produisant une série documentaires sur des projets et des personnes inspirantes au message engagé.

03_bergeria_chevres_toits


Sources : Side-Ways.net / 20minutes.fr / sorsdeterre.blogspot.com / Photographies à la discrétion de Sors de Terre