Ces dernières décennies, les femmes occidentales ont gagné en liberté et en égalité. La femme n’est plus confinée à son foyer, soumise à un rôle prédéfini par les dogmes du passé. Tout est devenu une histoire de choix, de liberté. Mais ce n’est pas si facile, car le monde marchand va rapidement s’emparer de l’image de la femme libérée pour en faire un produit de consommation. Enquête.

L’image de la femme entretenue par les médias contemporains peut laisser un mauvais gout dans la bouche. Hyper-sexualisation, banalisation du porno-chic dans la publicité et provocation systématique pour alimenter les buzz, pourquoi cette image ne reflète plus la liberté de la femme alors même qu’elle peine toujours à acquérir des droits dans le monde ? Est-ce l’expression d’une liberté ou la soumission à une logique économique pas moins patriarcale qu’elle ne l’était avant ? Comment exprimer sa liberté sans tomber dans les clichés médiatiques de la femme-objet ?

Dans le reportage « Princesses, pop stars & girl power » signé Arte, on découvre que c’est la logique capitaliste (patriarcale par essence) qui a profité de l’émancipation de la Femme, qui fut pourtant une véritable prise de liberté sur le patriarcat, pour en faire un objet de consommation. La liberté s’est ainsi confondue avec la marchandisation. Aujourd’hui, les codes de la beauté populaire flirtent avec ceux de la pornographie. En titillant nos instincts primitifs, le sexe sert plus que jamais d’outil de vente et la liberté n’est aujourd’hui plus où elle manquait autrefois.

Si les « marchands de rêves » surfent sur la confusion pour vendre leurs produits, les réactionnaires profitent adroitement de cette confusion pour fustiger l’amélioration des droits de la Femme et réaffirmer d’anciennes croyances. Ne nous y trompons pas, tout le monde perd à ce jeu des extrêmes, les femmes en tête.

Ce reportage nuancé remet de la lumière la complexité du phénomène de l’émancipation féminine. On y apprend que ce n’est pas le processus de liberté en lui-même qui est responsable de la situation actuelle, mais bien l’instrumentalisation du mouvement d’émancipation par les institutions du libre marché. Et cette instrumentalisation de la « femme objet » n’est-elle pas le signe d’un patriarcat latent au sein même de la logique marketing ?

Synopsis : Devenu le symbole de cette pop culture mondiale, le rose est toujours empreint d’une certaine dose d’humour et d’esprit décalé. Cette culture a ses icônes (Barbie, Candy, les Dolls Bratts, Hello Kitty…) et ses codes vestimentaires, de la mode « princesse » des supermarchés à la haute couture « porno-chic » version Gucci ou Prada, jouant sans cesse entre innocence et provocation, petite fille et prostituée. Elle a aussi ses héroïnes fictionnelles, des romans de la « chick-lit » aux films et séries américaines (Sex in the city, Desperate housewives, Gossip girl…) ; ses blogs (« Little Miss Paris », « Pink Attitude ») et ses blogueuses (Margaux Motin ou Pénélope Bagieux en France, Fashion Bomb Daily ou The Sartorialist aux États-Unis, LesMad en Allemagne…). Elle a même généré des sous-cultures, telles les lolitas japonaises, et influencé certains pans de la culture gay qui s’est réapproprié ses codes. À travers un kaléidoscope des expressions de la culture girly, ce film s’attache à montrer comment, via le marketing, la société de consommation a construit les stéréotypes de la féminité, et comment aujourd’hui les femmes s’en emparent et les revendiquent. – Arte.


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