Dekiru = « C’est possible » en japonais, c’est le titre d’un reportage à paraître sur les initiatives de transition au Japon. C’est aussi ce que veulent démontrer deux jeunes français qui, fort de leur expérience de wwoofing au pays du soleil levant, souhaitent mettre en lumière les citoyen.ne.s qui s’organisent pour entamer un tournant sociétal vers un avenir soutenable. Pour ce faire, le couple a traversé l’île caméra à la main, à la rencontre des projets inspirants et engagés, au sein desquels se mêlent subtilement tradition et modernité ainsi que l’envie de répondre de manière locale aux défis contemporains. Loin des clichés sur ce pays souvent mal jugé, le documentaire, en cours de production, peut être soutenu sur la plateforme kisskissbankbank. 

Pendant 8 mois, Mathilde et Jonathan ont sillonné le Japon, armés d’une caméra, afin de filmer des projets citoyens qui proposent de repenser le modèle sociétal dans lequel nous vivons. Comme les autres pays occidentaux, le Japon n’a pas été épargné par la frénésie de la société de consommation et les dégâts sociaux et environnementaux qu’elle entraîne. Face aux excès, les mentalités évoluent-elles ? « Depuis le drame de Fukushima en mars 2011, notent Mathilde et Jonathan, les initiatives écologiques se multiplient au Japon. Entre permaculture, énergies renouvelables, développement durable, monnaies locales et vie en communauté, les japonais passent à l’action pour faire avancer leur société et proposer de nouveaux modes de vie. » Comme ailleurs, des citoyens entrent en résistance. 

Au Japon, les alternatives se développent

Pour le jeune couple passionné du Japon et d’écologie, tout a commencé avec l’envie de faire du wwoofing, pratique qui consiste à se rendre chez des habitants chez qui, en l’échange d’un logement, on travaille quelques heures par jour, généralement à des activités maraîchères et agricoles. Ils y découvrent un Japon bien loin des clichés culturels qu’on a tous l’habitude d’entendre. Car l’archipel grouille d’initiatives citoyennes de transition. Une fois sur place, Mathilde et Jonathan décident de faire un compte rendu de leur expérience par l’intermédiaire de vidéos, afin de populariser la pratique et de montrer que le wwofing existe également au Japon. « On ne savait pas que le wwoofing existait au Japon. C’est peu connu en France ». « Sur place, nous avons commencé à faire des vidéos pour faire connaître ce mouvement », raconte Jonathan.

Après quelques semaines sur l’île, le projet change d’envergure, lorsque les deux compagnons rencontrent une famille vivant en autonomie, dans un éco-village sur l’île de Yakushima, dans le sud du pays. Cette rencontre « nous a permis de mettre un pied dans le réseau alternatif du Japon » se souvient Jonathan : « nous avons alors décidé d’aller à la rencontre de nombreux autres acteurs de la transition, dans l’objectif de rendre leur démarche visible. » Les vidéos enregistrées à chaque étape doivent maintenant donner naissance à un reportage qui met en lumière ce voyage de 8 mois et « l’enquête au cœur de la communauté alternative et active nippone ». 

Crédit photo : Dekiru

Une société pleine de contrastes

Le voyage de Mathilde et Jonathan les a entraîné auprès de projets plus inspirants les uns que les autres, depuis une forêt comestible« qui après seulement 3 années d’existence voyait déjà pousser une centaine d’espèces différentes, comestibles et médicinales », jusqu’à des communautés urbaines qui essayent de d’agir à leur échelle. Au total, 15 intervenants, enseignants, musiciens, paysans, racontent leur perception du monde et leur manière de s’engager pour une société plus sobre et sereine.

Pour Mathilde et Jonathan, le contraste peut saisir : selon eux, les questions environnementales restent très marginalisées au Japon, plus encore qu’en France ou l’insulte « écolo-bobo » est devenu une quasi-mode pour museler tous ceux qui décident de vivre autrement. Dans l’archipel, les marchés biologiques sont rares et pratiquent des prix particulièrement élevés (les fruits & légumes non-bio étant déjà chers). Néanmoins, des initiatives existent et il faudrait les rendre plus visibles, afin qu’elles puissent être mieux comprises. C’est tout le sens de leur démarche inédite et de Dekiru qui s’adresse aussi bien au public francophone qu’aux japonais.

Pour que le film puisse voir le jour, un crowdfunding est actuellement organisé sur le site kisskissbankbank. Les fonds recueillis permettront de faire réaliser le montage du film par des professionnels et serviront également à financer la diffusion. Bref, Dekiru !


Sources :  propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation / facebook / kisskissbankbank.com

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