Les consciences écologiques ne cessent de s’éveiller. Grâce aux recherches scientifiques sur les désastres environnementaux causés par l’être humain et à un travail d’information sans relâche, des actions prennent vie un peu partout pour changer nos modes de vie destructeurs. Avec l’éveil, vient la volonté. Les magasins éthiques, souvent nés après une prise de conscience écologique, sont par exemple de plus en nombreux à voir le jour pour aider le consommateur à réduire son impact environnemental. Aujourd’hui, présentation de la e-boutique Dream Act qui revendique une démarche éco-responsable.

« Dream Act est la place pour consommer responsable. Mode éthique, cosmétiques naturels, 0 déchets, jouets pour enfants locaux, décoration durable… Dream Act déniche de beaux objets fabriqués localement dans le respect des êtres humains et de la planète. » C’est par ces mots que la co-fondatrice Diane Scemama décrit le site qu’elle a fondé avec Claire Chouraqui alors qu’elles étaient encore étudiantes. N’arrivant pas à trouver d’alternatives aux produits cosmétiques et textiles dont la fabrication n’était pas en accord avec leurs valeurs, les deux jeunes femmes ont tout simplement décidé de monter leur propre e-boutique.

Les co-fondatrices de Dream Act: Claire Chouraqui et Diane Scemama. © Dream Act

Une boutique où elles rassemblent des alternatives engagées, mais effectuent également un travail d’information auprès des consommateurs en décryptant les labels, en expliquant l’impact de la mode conventionnelle, en levant le voile sur l’industrie cosmétique et en fournissant bien d’autres informations encore. Dream Act est ainsi né il y a cinq ans sur des convictions fortes. Rencontre avec ses fondatrices.

 

Une genèse issue d’une prise de conscience écologique

Dream Act ne serait pas né sans la prise de conscience écologique de ses créatrices. Diane Scemama nous confie : « Après quelques mois passés auprès de groupes de femmes dans des villages indiens pour les aider à vivre dignement de leur travail, j’ai réalisé à quel point nos choix de consommation ici pouvaient avoir un impact jusque là-bas. Pollution de l’eau, suicides des producteurs de coton, problèmes de santé chez les ouvriers… les objets qui remplissent nos armoires ne sont pas anodins. Ils ont une vie, une histoire. J’en ai pleinement pris conscience en voyant le début de la chaîne. »

Diane se rend aussi rapidement compte de la difficulté à consommer durable dans le respect de l’être humain et de la planète. La recherche d’alternatives pouvant rapidement s’avérer une activité chronophage qui peut facilement décourager les meilleures volontés. Diane énumère ainsi « le manque de visibilité sur les alternatives existantes, la montée du greenwashing et donc le manque de confiance du public, les prix élevés, les styles pas toujours tendances… »

© Dream Act

Autant de raisons supplémentaires pour les fondatrices de créer un marketplace engagé rassemblant « en un seul lieu toutes les alternatives réellement éco-responsables, de qualité, durables, tendance, à prix juste. » Quitte à ne se faire que des petites marges, pour que chacun sur la chaîne de valeur soit justement rémunéré pour son travail, en accord avec les valeurs du site.

Depuis la création de Dream Act, Diane est devenue maman de deux enfants, ce qui n’a fait que renforcer sa conscience écologique : « A chaque étape de la vie il y a de nouvelles difficultés pour consommer responsable – et donc autant d’excuses pour baisser les bras et tomber dans l’inaction – , mais j’ai plus que jamais envie de laisser une planète propre et juste pour mes enfants. »

« Demain n’est plus une abstraction. C’est le terrain de vie de nos enfants. »

Dropshipping, greenwashing : faire face et se démarquer

Comme on pouvait s’y attendre, avec l’apparition de boutiques éthiques des pratiques trompeuses se sont emparées de ce nouveau créneau : dropshipping, greenwashing… Non seulement elles brouillent les lignes auprès du consommateur, mais elles nuisent aux commerces véritablement éco-responsables qui peinent déjà à se faire connaître et reconnaître.

Contre le dropshipping agressif qui se généralise (un sujet abordé à plusieurs reprises par Mr Mondialisation), Dream Act mise sur le bouche à oreille de sa communauté pour la faire grandir : « Pour des raisons éthiques mais également de modèle économique, nous nous développons sans grande publicité, sans grandes dépenses sur Google et Facebook et sans fausses promotions agressives. Mais nos clients sont heureux de trouver de l’authenticité et de l’information derrière les produits qu’ils achètent. »

© Dream Act

Pour rassurer le consommateur qui craint de se faire piéger par le greenwashing, le site applique la transparence sur les modes de production et les matières des produits vendus : ainsi la fiche de chaque produit décrit les matières utilisées, présente les artisans qui ont participé à sa fabrication, l’impact écologique de l’objet et le portrait et l’engagement du fondateur ou de la fondatrice. Cette transparence est un aspect essentiel pour la co-fondatrice Claire Chouraqui, très engagée sur la question de la transition écologique et sociale.

Autre procédé plus sournois à démasquer que le dropshipping ou le greenwhasing : les faux e-commerçants éthiques. Comme l’énonce Diane : « Proposer des produits éco-responsables ne fait pas forcément de nous des e-commerçants responsables. L’engagement de Dream Act va plus loin et c’est clairement ce qui nous distingue. » Car un commerce responsable, ce n’est pas uniquement vendre des produits éco-responsables : pourrait-on qualifier d’éthique la vente des produits bio importés depuis l’autre bout du monde, un commerce qui sous-paie ou encore pressurise ses partenaires ?

C’est à la lumière de ces questions que l’on réalise à quel point le choix des produits s’avère crucial et délicat pour un commerce se voulant engagé.

 

Sélection des produits & information du consommateur

La difficulté majeure pour une boutique éthique est de s’assurer de la traçabilité des produits qu’elle désire mettre en vente. Pour y parvenir, Dream Act a établi une méthodologie stricte de sélection que nous décrit Diane :

« Dans un premier temps nous échangeons avec le/la fondatrice.eur de la marque afin de vérifier l’authenticité de son engagement. Ensuite la marque doit remplir un questionnaire d’impacts où elle nous décrit ses matières et son processus de fabrication et nous fournit ses éventuels labels. Ce questionnaire est ensuite relu par notre équipe et par les experts de notre comité éthique. Si la marque répond bien à nos critères elle sera donc mise en ligne. »

© Dream Act

En complément du travail d’information et de transparence effectué pour chacun de ses produits, Dream Act propose également une partie Webzine qui développe encore plus l’aspect informatif. Dans cette section, le lecteur trouvera notamment des conseils pour des achats par thème comme le « Top de nos meilleures idées cadeaux zéro déchet » ou le « Top des cadeaux made in France » .

Mais surtout, il a accès à des articles de fond abordant par exemple les problèmes de la mode conventionnelle, le danger des perturbateurs endocriniens, le problème des déchets. Ne s’arrêtant pas à ces faces sombres, d’autres articles proposent des guides comme « 10 alternatives pour se passer du plastique jetable au quotidien » ou « Quelles alternatives au cuir animal ? » . Ainsi, en venant sur Dream Act, les clients ont l’assurance d’acheter des produits éthiques et de s’instruire sur les pièges, les dessous et les mensonges de l’industrie marchande. On y achète responsable tout en se responsabilisant.

© Dream Act

Diane Scemama, qu’on remercie d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, conclue ainsi :

« Nous votons aussi avec notre porte-monnaie. Dans une société de consommation, le consommateur a très clairement le pouvoir. Celui de continuer à alimenter des enseignes qui polluent, qui exploitent (et qui maintenant bien souvent greenwashent), ou celui de soutenir l’émergence de petits artisans et marques locales engagées. Consommer moins, mais mieux : voici notre adage. Car c’est le seul moyen selon nous de conserver son pouvoir d’achat tout en soutenant des emplois locaux, réduisant son impact carbone et ses déchets, et protégeant la santé et la dignité des travailleurs dans le monde. »

Des paroles sensées qu’on peut évidemment accompagner d’une réflexion plus globale sur notre modèle. Car si notre pouvoir consommateur a un impact nécessaire et direct sur nos vies, notre milieu proche et l’idéologie commune dans laquelle nous souhaitons vivre, il ne saurait suffire à nos ambitions environnementales à grande échelle. Heureusement, l’un n’empêche pas l’autre, et favoriser les artisans engagés ne peut que contribuer à des lendemains plus respirables.  

Le site : https://dreamact.eu/fr/

 

S. Barret


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