Parcourir 35.000 km dans les airs avec la seule aide du soleil, c’est l’audacieux défi que se sont lancés deux pionniers de l’aviation solaire, Bertrand Picard et André Borschberg. Grâce au Solar Impulse 2, avion ne fonctionnant qu’à l’énergie solaire, les deux hommes sont peut-être en train de poser les premières pierres d’une révolution aéronautique.

C’est depuis le sol d’Abou Dabi que le Solar Impulse 2 a décollé pour accomplir ce qui constituera peut-être une première mondiale. Un tour du monde en avion solaire. Un petit vol pour l’Homme, un grand vol pour l’humanité.

Du tarmac des émirats, l’oiseau solaire d’une envergure de 72m vient d’effectuer sa première étape de Mascate à Oman. Une dizaine d’étapes sont prévues, à une vitesse de 45 à 90km/h selon l’altitude, pour une durée de vol avoisinant les 500 heures, dont 120 à survoler les océans du globe.

Le Solar Impulse 2, c’est l’aboutissement du génie humain en matière d’énergie renouvelable et de technique. D’une envergure de 72m, l’avion dépasse son acolyte fonctionnant à l’énergie fossile : le Boeing 747. La finesse des matériaux utilisés fut la condition sine qua non afin de minimiser la production d’énergie solaire nécessaire à son vol. Constitué d’un composant ultra léger dont la structure est similaire à du papier, l’habitacle a été conçu pour maximiser les performances en vol. De fait, le SI2 ne pèse « que » 2.3 tonnes, soit le poids d’une voiture familiale.

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Pour un poids équivalent, le rendement des batteries en lithium polymère capables de stocker l’énergie a été largement amélioré par rapport au prototype : « Elles stockent désormais 50 % d’énergie de plus que le prototype, et ce sans saut de technologie. C’est un gain formidable » estime Claude Michel, directeur du projet Solar Impulse.

L’avion est en outre recouvert de cellules aussi fines que celle d’un cheveu, soit 17.248 cellules photovoltaïques en silicium monocristallin pour une superficie de 270m² formant une peau pour le fuselage et les ailes. Un petit bijou de technologie qui allie ingéniosité et innovation.

D’ici 5 mois, ces scientifiques auront peut-être accompli une nouvelle prouesse, repoussant toujours un peu plus loin le champ des possibles. Ce défi hors du commun peut-il préfigurer le visage que revêtira le domaine aéronautique de demain ? Comme l’aurait dit Antoine de Saint-Exupéry, autre aviateur de renom, « L’avenir, tu n’as point à le prévoir mais à le permettre ».


Sources : lemonde.fr / info.solarimpulse.com / lesoir.be / chemicalworldtour.fr

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