La campagne de financement des Gueules Cassées, ces fruits, légumes et produits « moches » vendus 30% moins chers, vient de toucher à sa fin. Succès total pour un projet qui vient de récolter 32 500€.

Rappelez-vous. Courant 2014, un collectif s’est mobilisé créer une nouvelle gamme de produits « antigaspi » avec pour but de revaloriser les produits dont la finition n’est pas parfaite. Ils sont difformes, trop gros, trop longs, et de fait inacceptables pour la grande distribution. La plupart de ces produits sont jetés ou reconditionnés ce qui provoque un gaspillage important aussi bien en nourriture qu’en cout énergétique.

Ce gaspillage colossal devrait être en partie évité, en France, avec le développement de ce projet. Début avril, suite au succès de la campagne, les Gueules Cassées, ces aliments qui sortent des critères de perfection, vont débarquer sur le marché.

Le concept semble faire son chemin aussi bien chez les distributeurs que chez les consommateurs. Plusieurs enseignes ont déjà donné leur accord pour redistribuer leurs produits « défectueux » sous ce nouveau label moins cher. Nicolas Chabanne, à l’origine du projet, est plutôt optimiste. « Nous sommes dans la dernière ligne droite pour lancer une marque antigaspi élargie à l’ensemble des secteurs agroalimentaires » assure-t-il.

Gueules cassées

1.500 points de vente sont déjà convaincus et relaieront prochainement ces produits à l’allure dissidente. Parmis ces premiers aliments marginaux, on trouvera les camemberts de la Laiterie Gillot. Certains de leurs fromages ont une forme irrégulière. De ce fait, ils sont impropres à la vente selon le cahier des charges de l’AOC. Ils vont désormais pouvoir trouver une autre issue que celle de la benne à ordures.

Même destinée pour les céréales de Sevenday à Soultz, en Alsace, écartées en raison d’imperfections à peine visibles à l’oeil nu. 10 à 15% de la production était « écartée » chaque jour. Et pourtant, il s’agit de céréales 100% structurellement identiques et donc comestibles. Tout est une question d’aspect, donc, d’image de marque.

Le projet semble rejoindre aussi bien les intérêts économiques des producteurs/consommateurs que les intérets écologiques de l’anti-gaspillage. Moins d’aliments à la poubelle, moins de pertes pour les entreprises et un prix moindre pour les acheteurs. Néanmoins, cette alternative s’intègre dans le système alimentaire industriel. Un mal pour un bien ? A chacun d’en juger.

Que vous soyez pour ou contre, préparez-vous, car les Gueules Cassées débarquent.


Source : economiematin.fr