Alors que les scientifiques tirent sans relâche sur la sonnette d’alarme concernant l’environnement, les compagnies pétrolières, elles, ont des objectifs de rentabilité à tenir. C’est tristement le cas en Amérique du Nord, au Canada et au Québec où plusieurs projets d’exploitation des sables bitumineux se développent dangereusement. N’est-il pas temps d’abandonner un vieux modèle obsolète et dangereux pour notre survie au profit des énergies vertes ?

La technique la plus polluante

Dans l’histoire de l’exploitation pétrolière, la technique des sables bitumineux fait partie des premières méthodes de production de l’or noir. Elle sera vite abandonnée au profit des puits liquides qui offraient un pétrole brut directement. Mais avec la raréfaction du pétrole, il est à nouveau « de mode » d’exploiter ces sables pour en extraire son précieux liquide. Le souci, c’est que produire du pétrole à partir de sables bitumineux coûte très cher… en pétrole ! On estime en effet qu’il faut utiliser 1 baril de pétrole pour en produire 5.

La première étape d’extraction consiste à déboiser une large zone à exploiter. Le paysage est donc « violé » une première fois par la déforestation. Ensuite des grues géantes croquent le terrain et des camions pouvant transporter pas loin de 1000 tonnes de terres emportent le « sable » à l’usine. Ces sables bitumineux sont mélangés à de l’eau chaude jusqu’à extraction du bitume. L’eau usée, contenant toujours des résidus divers de polluants, sera stockée dans des bassins à ciel ouvert. Divers procédés techniques sont utilisés pour faire fuir les animaux de la zone car ceux-ci peuvent mourir au contact de l’eau polluée.

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1600 milliards de bénéfices potentiels

Selon les autorités officielles, le niveau de pollution serait tolérable. L’exploitation de ce pétrole justifierait économiquement les avantages fiscaux, subsides et autres aides publiques offerts à ces industries. Plusieurs études indépendantes viennent cependant réfuter cette idée. L’industrie du sable bitumineux serait largement plus polluante que déclaré. Mais quel est le poids de l’écologie face aux chiffres ? Le projet d’exploitation en Alberta, au Canada, représente à lui seul une manne de 2280 milliards de dollars canadiens (1600 milliards d’euros). Comment rivaliser avec de pareils chiffres ?

Face à l’immobilisme des gouvernements qui se soumettent volontiers aux lobbies industriels, les citoyens prennent en main la résistance. Gabriel Nadeau-Dubois, étudiant engagé remarqué durant le printemps érable, est notamment une figure importante de ce mouvement. La très connue Fondation Suzuki fait également pression, notamment en introduisant des recours judiciaires contre les forages de TransCanada. Preuve en est que ces mouvements peuvent avoir une efficacité locale, fin 2014, le premier ministre du Québec marquait ses réserves concernant un projet de port pétrolier au large de Cacouna, à proximité du lieu de vie des bélugas. La lutte continue.

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Sources : Laveritesurlessablesbitumineux.org / Equiterre / YouTube

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