Si l’égalité a fait quelques grands bons dans l’histoire du siècle dernier, ces dernières années, les progrès concernant l’égalité des sexes dans le monde ont été lents et insuffisants. Du 4 au 15 septembre 1995 à Beijing, se tenait la quatrième Conférence mondiale sur les femmes avec pour titre : Lutte pour l’égalité, le développement et la paix. 20 ans plus tard, quels réels progrès ont été accomplis ?

Nous sommes en 1995. Pour la quatrième fois en 20 ans, les Nations-Unies organisent une conférence mondiale sur la situation des femmes afin de discuter d’un ensemble d’objectifs communs pour déboucher sur un plan d’action effectif pour la promotion générale du droit des femmes, tant dans la sphère publique que privée. Furent abordées la promotion et l’autonomie de la femme dans les contextes suivants : les droits fondamentaux de la femme, les femmes et la pauvreté, les femmes et la prise de décision, la violence à l’égard des femmes et autres problèmes préoccupants dont le sexe féminin est davantage victime du fait de sociétés et institutions majoritairement patriarcales.

« On ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents » – Arundhati Roy

En adoptant le Programme d’action de Beijing, les gouvernements s’engagèrent à inclure la dimension sexospécifique dans toutes leurs institutions, politiques, de planifications et de prises de décision. Concrètement, avant que des décisions ne soient prises ou que des programmes ne soient mis en place, une analyse de leurs effets sur les hommes et les femmes, ainsi que des besoins de ceux-ci devait être conduite. À l’époque, cette conférence fut un succès majeur. Avec 17 000 participants dont 189 gouvernements, elle constituait la réunion la plus importante de représentants de gouvernements et d’ONG jamais organisée.

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Bien sûr, le tableau n’est pas totalement noir. De nombreux progrès ont eu lieu dans les domaines de l’éducation, de la santé et des droits du travail. Mais sur le plan économique, les évolutions ont été minimes et autant dans les sociétés industrialisées que dans les pays émergents, les femmes subissent toujours des injustices économiques qui ne sont aucunement liées à leurs compétences. Aujourd’hui, beaucoup de pays manquent toujours de lois qui permettraient de lutter contre les discriminations à l’égard des femmes. En Afrique subsaharienne par exemple, 86 % des femmes occupent un emploi précaire. À l’échelle du monde, plus de 1,3 milliard de femmes ne possèdent pas de compte bancaire. Si, en Occident, certains seraient tentés de voir ça d’un œil positif, c’est en réalité le signe d’une soumission aux économies du conjoint, une interdiction de sécuriser sa situation financière et une impossibilité de gagner une marge de liberté.

Ainsi, de nombreuses femmes à travers le monde réclament encore des droits qui peuvent nous sembler « basiques » comme celui de la propriété, la liberté d’étudier, le droit d’avoir une activité libre, de pouvoir prendre une décision sans passer par l’aval d’un maître, parent ou conjoint.

« Nous voulons choisir notre mari

  • Nous voulons être propriétaires de nos terres
  • Nous voulons aller à l’école
  • Nous ne voulons plus être excisées
  • Nous voulons prendre nos propres décisions
  • Nous voulons être respectées dans le monde de la politique, et en tant que chefs de file.

Nous voulons les mêmes chances » – Rebecca Lolosoli

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir voulu inverser la tendance, notamment avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui ont cherché à résoudre certaines de ces questions. Les pensées les plus conservatrices et réactionnaires tentent régulièrement de remettre en question cette lente marche vers l’Égalité légale et des chances, brandissant le spectre de la peur de l’Égalitarisme, ou encore la crainte d’une trop grande prise de liberté sexuelle alors que c’est précisément l’esprit du capitalisme qui tente le plus souvent d’assujettir la femme à cette seule fonction notamment dans la publicité. D’autres enfin s’imaginent que de lutter pour les droits des femmes voilerait les problématiques qui concernent les deux sexes, ce qui, dans le concret, s’avère faux. Face aux faits et au manque concret d’égalité, on se doit de constater que davantage pourrait et devrait être fait pour le droit des femmes, comme l’indique le rapport « La Pauvreté est sexiste » de l’ONG ONE.

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C’est d’ailleurs sur ce constat très simple que ONE a basé sa campagne de 2015 où près d’1 Million de personnes ont plaidé en faveur des droits des femmes et des filles. Pour changer la donne et interpeller nos dirigeants, les initiatives ne manquent pas. Depuis le 13 mai, l’ONG internationale a lancé sa campagne #PauvreteSexiste. Le concept, de plus en plus répandu, est simple. Se photographier en prenant la posture de Rosie la Riveteuse, symbole de la lutte pour le droit des femmes, et rendre cette figure virale. L’ONG incite donc les lecteurs à prendre la pose et à la partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag #PauvreteSexiste !

Action internationale

Récemment, lors de la troisième Conférence sur le financement du développement qui s’est tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie, en juillet, les 193 diplomates des Nations Unies ont trouvé un accord sur les financements nécessaires en vue de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030. Dans ce plan figurent les 17 Objectifs de Développement durable assortis de leurs 169 cibles. Ces objectifs seront formellement adoptés par les Nations Unies les 26 et 27 septembre prochain, en marge de l’assemblée générale.

Pour atteindre cet objectif, ambitieux certes, mais réalisable si tous les moyens sont mis en œuvre, la France est notamment invitée à montrer l’exemple. Elle devrait notamment respecter sa promesse d’allouer 0,7% de sa richesse nationale à l’aide au développement et en allouer au moins 50% aux pays les plus pauvres et donner la priorité aux femmes et aux filles dans ces pays qui subissent en forte majorité les injustices économiques. C’est là que les citoyens rentrent en jeu, en faisant entendre leur désir de faire bouger les choses. ONE invite les citoyens à agir en envoyant une e-carte postale personnalisée dans laquelle vous appelez le gouvernement français à respecter ses engagements de la France en matière de lutte contre l’extrême pauvreté.

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Source : act.one.org

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