Élégantes, confortables, minimalistes, les micro-maisons sur roue ou « Tiny House » ont tout pour taper à l’œil. Celles et ceux qui se sont laissés convaincre y voient encore d’autres avantages : en effet, les « micro-maisons » répondent au désir des individus de gagner en indépendance et en autonomie, tout en se convertissant à un mode de vie plus durable, moins matérialiste. Yvan-Saint-Jours, auteur du livre « La Tiny House : Le nid qui voyage », a accepté d’évoquer avec nous ce mouvement qui bouleverse notre manière d’habiter et nos a priori. 

Difficile de ternir l’enthousiasme d’Yvan-Saint Jours lorsqu’il parle des micro-maisons. Il faut dire que le fondateur du Magazine « La maison écologique » fait partie des précurseurs en France dans ce domaine, puisqu’il aurait initié, il y a plusieurs années, la construction de la première maison de ce genre dans le pays.

Crédit photo : Célia Robert

« Une tiny-house, c’est une vraie maison »

Depuis, il observe « l’engouement incroyable pour les tiny-house en France, où elles se comptent désormais par centaines ». Selon lui, « il existe un réel intérêt » pour ce mode de vie à part « qui fait rêver de plus en plus de personnes ». Comment expliquer ce succès ? À de nombreux égards, les tiny-house répondent aux aspirations contemporaines de nombreux individus, tout en apportant une réponse individuelle concrète à certaines enjeux environnementaux et sociaux. De plus, elles sont « confortables », « écologiques », « pratiques », « simples » commente Yvan-Saint Jours, qui ne tarit pas d’éloges.

Les « tiny » bouleversent de nombreuses valeurs sur lesquelles notre civilisation s’est bâtie, et notamment le besoin grandissant d’espaces qui se traduit par une urbanisation galopante. Mais Yvan Saint-Jours rejette l’idée que ces lieux de vie puissent être qualifiés d’exiguës. En effet, la construction de ces petits habitats les rend particulièrement fonctionnels. D’autant qu’avec de nombreuses fenêtres, « chaque fois que vous posez votre regard quelque part votre regard est porté au loin ». Se laissant transporter presque partout, les micro-maisons sont une invitation à s’ouvrir sur la nature qui nous entoure pour gagner en liberté, estime-t-il.

© Célia Robert

« Rendre les gens le plus autonome possible »

Mais alors que les tiny house font encore leurs premiers soubresauts, Yvan Saint-Jours voit déjà plus loin et s’imagine les premiers « villages de Tiny ». Utopie ? Peut-être pas : chaque jour, la communauté française des amoureux de tiny-house grandit de jour en jour, notamment sur facebook, marquant l’intérêt croissant pour une thématique qui ne peut être réduite à une question individuelle, mais pourrait être perçue comme le fondement d’un mouvement qui participe à repenser collectivement les valeurs de notre société et notre frénésie pour la consommation.

Il faut en avoir conscience. Il est pratiquement impossible de vivre en micro-maison sans avoir effectué une profonde introspection quant à son rapport à la vie, au monde moderne et à la société de consommation. En effet, ce type d’habitat est particulièrement adapté aux adeptes de la « simplicité volontaire » qui placent leurs expériences humaines au dessus de l’accumulation matérielle. Dans cet état d’esprit, la consommation se limite au stricte nécessaire et le bonheur n’est plus lié à la taille de notre garde-robe.

Face au défi climatique, Yvan Saint-Jours, acquis à la cause environnementale depuis ses 23 ans lorsqu’il réalise un service civique dans un centre de formation à l’action non-violente et à l’écologie pratique dans le Larzac, en est convaincu : gagner en autonomie est l’un des principaux défis du 21ème siècle. Aussi, il espère accompagner le mouvement en lançant une nouvelle maison d’édition, nommée YpyPyp, et ainsi apporter au public des livres et fiches pratiques pour développer son autosuffisance, apprendre à construire seul, et accroître les résiliences locales.

Dans le première livre publié, l’auteur rend honneur aux tiny house et à leur architecture résolument dans l’air du temps. Modulables à souhait, elles « ouvrent tout un tas de possibilités à des gens très différents », seuls, en couple, et parfois même avec un enfant. Aussi, Le nid qui voyage fera le bonheur de ceux qui souhaitent eux-aussi se convertir et qui cherchent une source d’inspiration. Ils trouveront dans le livre, publié aux Editions YpyPyp. de nombreuses photos, les plans de huit « micro-maisons » ainsi que des informations détaillées à propos de certains aspects juridiques et administratifs.

© Célia Robert
© Célia Robert
© Yvan Saint-Jours

Source : propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation

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