Madagascar : une beauté unique menacée par la déforestation (Film)

Madagascar abrite une faune et une flore exceptionnelles mais menacées par une déforestation galopante. Le vidéaste Franck Fougère, qui s’est distingué il y a quelques mois avec la vidéo « Life Symphonie », nous fait découvrir ce paradis terrestre qui pourrait bien disparaître si les habitants ne changent par leurs pratiques agricoles et continuent d’utiliser le bois comme énergie de cuisson.

Comme à son habitude, Franck Fougère nous éblouit avec son dernier clip vidéo dans lequel il nous fait découvrir les richesses méconnues de Madagascar. Pourtant, en dépit de la beauté apparente de l’île, les espaces qu’il nous montre sont en danger.

Crédit image : Franck Fougère

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

En effet, si l’île géante de près de 600.000 km2 et dont la population s’élève à 25 millions d’habitants est recouverte de forêts, ces dernières sont en train de disparaître à une vitesse inquiétante. D’après le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), « 44 % des forêts naturelles ont disparu ces 60 dernières années à Madagascar. Et depuis 2005, le rythme de la déforestation s’accélère ». Le phénomène menace non seulement une flore endémique unique (à Madagascar, près de 90 % des espèces, tous groupes taxonomiques confondus, sont endémiques), mais aussi les sources de subsistance de la population. Les forêts rendent des services éco-systémiques indispensables aux habitants et aux habitantes : elles retiennent l’eau, empêchent l’érosion des sols et abritent de nombreuses espèces. Sans elles, ce sont certaines pratiques agricoles qui se voient menacées, comme la culture du riz qui demande un apport en eau important.

Ce sont principalement les activités humaines qui sont la cause de cette déforestation. La culture industrielle de maïs sur abattis-brûlis (appelée « hatsake ») est l’une des principales sources des dégâts observés. Dans le sud-ouest de l’île, les conséquences sont si graves qu’il a été considéré que le processus de déforestation était pratiquement irréversible, notamment en raison de la spécificité du climat qui règne localement. L’année passée, l’ONG TRAFFIC mettait également en lumière le trafic de certains bois rares depuis l’île, essentiellement vers la Chine, un phénomène décrit comme « hors de contrôle ». Enfin, des quantités importantes de bois sont brûlées pour en faire du charbon de cuisson.

Crédit image : Franck Fougère

Chercheurs et associations se mobilisent

Face à un phénomène au sujet duquel les scientifiques alertent depuis une vingtaine d’années déjà, les ONG et associations tentent tant bien que mal de freiner voire stopper un processus qui se révèle catastrophique. La vidéo de Franck Fougère met en lumière le travail réalisé par l’association « Enfants du Monde » qui intervient pour sensibiliser la population sur place à la problématique et encourage l’installation et l’usage de fours solaires pour préserver les forêts. Sous son impulsion, les premiers fours solaires ont pu être distribués gratuitement grâce à l’aide des bénévoles. Mais le travail à réaliser est long : « les populations sur place ne sont pas toujours conscientes de la régression inquiétante de la biodiversité au cœur même de leur espace de vie », confie Franck Fougère, mais provoquer un changement dans les habitudes est d’autant plus complexe que le déboisement est pour une bonne part causé par des pratiques « culturelles » bien établies.

Ailleurs, différentes ONG tentent déjà de reboiser certains espaces. Mais malgré tous leurs efforts, les résultats sont maigres : pendant que quelques centaines d’hectares sont replantés tous les ans, la déforestation continue à un rythme effréné avec 35000 hectares qui partiraient en fumée chaque année. Enfin, ces structures sont impuissantes face à la déforestation illégales de nombreux espaces : l’intervention des pouvoirs publics est une urgence absolue. Au regard d’une situation qui peut sembler inextricable, il faudra encore beaucoup de courage et d’engagement de la part des acteurs de terrain. En parler, alerter, c’est déjà participer à une prise de conscience planétaire sur un problème loin d’être localisé seulement à Madagascar.

Crédit image : Franck Fougère

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