Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2025, l’administration Trump a lancé un coup d’État contre le Venezuela, bombardant le pays et enlevant le président Nicolas Maduro et son épouse. Une violation nette du droit international, qui intervient après 27 ans d’étranglement économique imposé au pays sud-américain. Le président américain a même annoncé la mise sous tutelle du pays.

En pleine nuit, les habitants de Caracas ont assisté à des attaques à peine croyables sur le territoire vénézuélien (qui auraient fait plusieurs morts selon les autorités), notamment à proximité de l’aéroport et d’une base militaire.

Dans la foulée, le président américain, Donald Trump, a fièrement revendiqué l’offensive sur son réseau « Truth Social », expliquant avoir exfiltré le dirigeant local. Il accusait ce dernier d’être à l’origine d’un gigantesque narcotrafic et avait même offert 50 millions de dollars pour sa capture.

Première réserve de pétrole au monde

Pourtant, dans les faits, cette intervention s’inscrit dans près de 27 ans de persécutions économiques et militaires de la part des États-Unis. Depuis l’avènement au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, Washington a multiplié les tentatives de coup d’État contre le Venezuela, notamment en 2002, puis après l’arrivée de Nicolas Maduro à la présidence en 2013.

Sous couvert de « combat pour la démocratie » ou de « lutte contre le narcotrafic », les États-Unis défendent avant tout leurs finances. En effet, avant le chavisme, Washington puisait allègrement dans les réserves de pétrole vénézuéliennes — les plus importantes au monde — via des sociétés privées. Or, Chávez avait nationalisé ces réserves, nuisant directement aux intérêts américains. Une décision que Washington, tous gouvernements confondus, n’a jamais digérée.

Des décennies de violation du droit international

Soutenues par la droite et l’extrême droite locales, ainsi que par l’ensemble des médias occidentaux de masse, les actions impérialistes des États-Unis envers Caracas — notamment des sanctions économiques dantesques qui ont fini par plonger le peuple dans la misère — violent pourtant le droit international.

De ce point de vue, la plupart des journaux mainstream n’ont jamais relevé le moindre problème dans ce comportement, se contentant de dépeindre le pays sud-américain comme une « dictature ». Point d’orgue de cette indécence : la désignation au prix Nobel de la paix de l’opposante d’extrême droite Maria Corina Machado, en octobre dernier.

Ces ingérences, menées notamment grâce à la CIA, n’ont d’ailleurs rien de nouveau venant des USA, déjà auteurs de plusieurs coups d’État en amérique latine, en particulier contre les gouvernements socialistes. Le plus célèbre étant sans doute celui du Chili en 1973 qui avait abouti à l’une des pires dictatures d’extrême droite, dirigée par Pinochet. Un scénario similaire reste d’ailleurs à craindre au Venezuela, surtout lorsque l’on connait la nature de l’opposition locale.

Trump annonce « diriger le pays » et y installer des entreprises pétrolières américaines

De son côte le président américain, dans une conférence de presse lunaire, n’a d’ailleurs pas caché ses intentions. Après avoir publié un cliché du président vénézuélien menotté et les yeux bandés, il a annoncé que ce dernier allait être jugé aux États-Unis. Or, Nicolas Maduro n’est pas américain et n’a commis aucun délit sur le sol américain ; ce procès n’a donc aucune légitimité.

Pas arrêté pour autant par ces considérations juridiques, le président d’extrême droite a assuré que les États-Unis vont « diriger le pays » en attendant un « changement de régime » et la prise de contrôle des réserves de pétrole. Une guerre impérialiste non dissimulée, digne des pires heures de notre Histoire.

Le gouvernement du Venezuela demande de résister

Même sans Nicolas Maduro, le gouvernement vénézuélien n’est pour l’instant pas encore officiellement tombé,bien que Donald Trump affirme prendre le contrôle du pays. Par l’intermédiaire de sa vice-présidente, Delcy Rodríguez, il a d’ailleurs communiqué et appelé au respect de la souveraineté nationale.

Dans un communiqué traduit par le journaliste Romain Migus, Caracas a ainsi condamné la « très grave agression militaire perpétrée par l’actuel gouvernement des États-Unis d’Amérique contre le territoire et la population vénézuélienne ». Elle a également rappelé que « l’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais ».

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Appel à la révolte

En outre, un appel à la résistance a été lancé sur tout le territoire. Le gouvernement a ainsi demandé à « toutes les forces sociales et politiques du pays d’activer les plans de mobilisation et de condamner cette attaque impérialiste » en « descendant dans la rue ».

Des rassemblements ont ainsi lieu partout dans le pays et dans le monde, y compris en France, à Paris. Pour autant,Donald Trump ne compte pas en rester là et les conséquences pourraient être dramatiques à l’échelle du Venezuela et du monde entier.

– Simon Verdière

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