En mars dernier, la Wallonie, région francophone du sud de la Belgique, a lancé une vaste consultation citoyenne dans le cadre de son plan Environnement-Santé 2019-2023 qui sera adopté par le gouvernement à partir de la rentrée 2018. Via une application numérique et une plateforme internet, les citoyens et les citoyennes peuvent donner leur avis sur différents sujets comme la qualité de l’air et les pesticides et ainsi faire parvenir leurs idées et préoccupations à leurs élus. 

En plein déclin de la biodiversité, alors que se posent des questions quant à l’avenir de l’alimentation et que certains appellent à un urbanisme plus respectueux de l’environnement, Carlo Di Antonio, Ministre wallon des Travaux publics, de l’Agriculture, de la Ruralité, de la Nature a lancé une consultation citoyenne inédite sur ces questions. La démarche numérique est accompagnée par Fluicity, une plateforme qui souhaite défendre et promouvoir le dialogue entre les acteurs de la société afin de renforcer la démocratie locale. Il y a quelques mois, c’est un Code du bien-être animal ambitieux et salué y compris par les associations les plus engagées qui a vu le jour après un processus de consultation en Wallonie.

« C’est la plus grande consultation citoyenne en Wallonie »

Le dispositif participatif, qui se matérialise sous la forme d’un site internet et d’une application, doit permettre aux citoyens wallons de se manifester à propos des enjeux essentiels et qui concernent le quotidien de chacun en matière d’Environnement-Santé. Chaque mois, un nouveau sujet est proposé à la discussion. Chacun peut contribuer en alimentant les commentaires pour donner son avis constructif à ce sujet ou proposer de nouvelles idées et projets. « C’est la plus grande consultation citoyenne en Wallonie », se réjouit Robin Delsaux, Chargé de communication au sein du Cabinet du Ministre Carlo Di Antonio.

Le premier thème de consultation était la qualité de l’air intérieur. Il a été suivi par les pesticides en avril, puis les substances chimiques, la qualité de l’eau et des sols et la pollution sonore. Dans les mois qui suivent il sera question de pollution lumineuse et visuelle, des rayonnements électromagnétiques, des maladies vectorielles et allergiques et enfin, de l’alimentation, des problématiques qui reviennent régulièrement dans le débat public. Il n’est donc pas trop tard pour s’inscrire sur le site et contribuer au thème en cours ainsi qu’à ceux qui suivront.

Le numérique au secours de la démocratie ? 

Alors que la confiance dans les politiques s’effrite à vue d’œil, la Wallonie fait le pari du numérique pour affronter le phénomène et organiser un débat plus serein dans lequel chacun se sentirait impliqué. « La plateforme de participation Fluicity a pour but de réinventer l’engagement citoyen en partant du constat de la perte de confiance en les institutions », explique Béatrice Nguyen Duy, salariée chez Fluicity. Selon elle, la consultation est une opportunité pour que les citoyens « donnent leurs idées pour améliorer la vie locale ».

À l’issu de chacun des débats mentionnés plus haut, les contributions permettront d’alimenter le contenu du Plan Environnement-Santé. « L’enjeu pour la Wallonie est de miser sur l’intelligence collective de ses habitants pour concevoir, avec eux, un plan de grande envergure pensé au plus proche de leurs besoins », conclu Robin Deslaux, convaincu qu’il est à la fois possible d’adopter des textes ambitieux en ce qui concerne les questions environnementales et d’aller au plus près des citoyens et des citoyennes, de leurs craintes et aspirations.

Si vous vivez en Wallonie, vous pouvez participer ici.


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