12 000 km à vélo avec un chien ! L’aventure hors normes d’Amandine et Jah-li

De plus en plus souvent, la rédaction de Mr Mondialistion reçoit des retours d’expériences peu communes. Parce que ces expériences sont des moments forts, inspirants, qui prouvent que d’autres façons de concevoir le voyage parviennent à émerger, nous choisissons de les partager. Dernières en date, le PianoStop de Mezerg, l’épopée hors norme de Cyril et sa jument, ou encore l’initiative de l’association Un Monde Réenchanté qui entend réenchanter le monde par le biais du voyage éthique. Cette fois-ci, c’est au tour d’Amandine, trentenaire qui revient d’un périple de 15 mois à vélo avec son chien, Jah-li. Une histoire « slow travel » qui, à l’heure des départs en vacances, mérite le détour.

Chaque année, 60 000 chiens et chats sont abandonnés sur la route des vacances. Les chiffres donnent froid dans le dos. Pour nombre de familles françaises, l’animal de compagnie semble donc être perçu comme un simple objet à consommer… jusqu’au jour où celui-ci devient gênant. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Amandine semble loin, très loin de ce phénomène. Originaire de Grenoble, cette trentenaire ne se sépare jamais de son fidèle compagnon avec qui elle vit depuis maintenant 11 ans. Et ce n’est pas son envie de voyager qui allait la faire changer d’avis.

« Ensemble, nous avons décidé (enfin surtout moi !) de partir à l’Aventure et d’expérimenter un nouveau type de voyage : le voyage à vélo ! Après deux premières courtes escapades de test, quelques semaines chacune (en 2013 et 2014), on a trouvé que ce moyen de locomotion convenait très bien à nos deux personnalités, et nous avons donc repris la route, cette fois-ci pour une plus longue échappée…. le grand départ s’est fait en Mars 2016 ! »

Tout de suite, direction le nord en passant par la Belgique, les Pays-bas, l’Allemagne, le Danemark, la Norvège… Puis la Suède, la Finlande et enfin la Russie où les deux acolytes ont passé environ trois mois. Et comme tout voyage qui se respecte, celui-ci comporte son lot de galères. Amandine nous raconte des moments un peu rocambolesques lorsqu’ils ont souhaité quitter la Russie.

« Puis l’automne est arrivé très vite, les températures ont chuté et il a fallu songer à viser le Sud ! Direction le Kazakhstan ! Et arrivée rocambolesque à la frontière, à moins de 4h de l’expiration de notre visa russe ! Après ça, quelques semaines dans la steppe du Kazakhstan, et nous voilà coincés par manque de temps ! Avec un vent terrible et glacial, des conditions déjà bien difficiles à la mi-octobre, et un terrain hostile, on a pris du retard pour se faire enregistrer aux autorités du pays dans les temps. On me confisque mon passeport et je me lance alors dans les joies administratives pour le récupérer, en évitant de peu l’incarcération ! Finalement, sur le petit mois de visa obtenu à la base, il ne nous reste déjà plus qu’une petite semaine avant de devoir quitter le Kazakhstan, et il est déjà trop tard pour se lancer dans de nouvelles démarches pour les visas des pays voisins…. »

Malgré ces petits aléas du voyage, Amandine et Jah-li ont poursuivit leur route du côté de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie pour finalement se diriger vers les températures plus clémentes de la Turquie, et traverser l’Europe avant de revenir en France. 15 mois de voyage et plus de 12 000km parcourus, et pourtant Amandine n’avait rien organisé de ce voyage en vélo qui s’est articulé tout seul, naturellement. Et si Amandine souhaite parler de cette expérience, c’est véritablement pour montrer qu’un voyage avec son chien n’est pas « une difficulté logistique » ni une idée saugrenue, mais représente au contraire une grande richesse, pour le « maître » comme l’animal qui ne reste pas confiné à la maison.

« Un grand voyage avec son « maître » (même si je n’aime pas trop le mot), c’est juste le rêve absolu pour chaque chien ! Le mien me l’a fait comprendre plus d’une fois ! Il y a des jours où on est obligés de longer de grosses routes pas très drôles et bourrées de gros camions. Moi je trouvais ça parfois lassant et monotone. Lui, il se mettait à courir à côté de moi, à se dandiner, il se roulait gaiement dans l’herbe et jouait avec des bâtons. Être 24H/24H ensemble, dans des endroits chaque jour différents, aux nouvelles odeurs, avec de nouveaux animaux à découvrir (le caribou a remporté un franc succès), voilà ce dont a besoin un chien… et un humain aussi ceci dit ! Une vie d’aventure et de nouveaux horizons chaque jour, ça n’a rien de stressant c’était plutôt épanouissant, et pour nous deux. »

Mais en tant qu’éducatrice canine et comportementaliste, Amandine préconise tout de même à tous ceux qui voudraient partir avec un chien de s’assurer qu’il est bien éduqué et en bonne santé, afin de lui éviter quelques petits désagréments et risques. Par exemple, mieux vaut tout de même s’assurer que le chien réponde bien lorsqu’on l’appelle, personne ne souhaite perdre son chien dans un pays étranger ! Elle conseille également de bien se renseigner sur les pays envisagés car, si en théorie on peut aller partout avec son chien, il s’avère que c’est en réalité un peu plus compliqué dans certains pays.

Une belle aventure qui nous prouve que nos seules contraintes sont souvent celles que nous nous imposons nous même. Et c’est exactement le message que voudrait porter Amandine en nous partageant sa belle expérience.


Propos recueillis par Mr Mondialisation

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