Le photographe Fan Ho nous offre un voyage dans les paysages perdus d’une Hong Kong des années 50, loin des lumières, de la vitesse et de l’ultra-modernité. Dans un livre intitulé Fan Ho : A Hong Kong Memoir, il montre le visage, aujourd’hui méconnaissable, de la ville qu’il parcourait dans sa jeunesse avec son Rolleiflex que lui avait offert son père.

Né en 1937, ce photographe chinois est considéré comme l’un des plus talentueux de sa génération. Dans les années 50 et 60, il parcourait les ruelles de la ville pour en capturer l’esprit. Il nous laisse ainsi une trace toute en ombre et en lumière de l’ancienne colonie britannique. Au cours de sa carrière, il a obtenu plus de 280 prix pour ses clichés.

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Cette série de street photography questionne notre rapport au temps et à l’évolution. On peut y voir à quel point la ville s’est modernisée pour devenir une mégalopole sur le modèle occidental. Fan Ho a saisi avec patience le portrait d’une Honk Kong en pleine expansion démographique où affluaient des réfugiés fuyant la Chine. Mémoire d’une époque révolue, il a capturé sur pellicule les visages oubliés de ceux qui firent l’âme de cette ville qu’ils soient ces réfugiés, pêcheurs, casseurs de pierres ou enfants courants dans des ruelles sombres et crasseuses.

Fan Ho est considéré comme un maître de l’instant suspendu. Il révèle la beauté de la vie quotidienne du marché, de l’eau clapotante sous les sampans ou simplement d’une femme portant un enfant. Il théâtralise la simplicité de l’instant en se jouant de la lumière et des éléments qui invitent le spectateur à entrer dans un monde imaginaire, un ailleurs. Ses fonds ressemblent aux décors léchés du cinéma. On comprendra pourquoi il se consacrera longtemps au septième art. Il fut également acteur et metteur en scène, notamment pour la Shaw Brothers, la maison de production des plus grands films de l’âge d’or du cinéma hongkongais.

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Ces photographies permettent également d’évoquer certaines traditions perdues. Fan Ho raconte dans un article du South China Morning Post que lors d’une de ses sorties, un boucher a voulu l’égorger car il voulait qu’on lui rende son âme. Une des superstition de l’époque disait qu’un appareil photo pouvait capturer l’esprit d’une personne.

Âgé de 77 ans aujourd’hui, Fan Ho a repris la photographie depuis 2010. Trop âgé pour sillonner à nouveau les rues de la mégalopole, il se penche désormais sur ses anciens négatifs pour redécouvrir des images cachées jamais montrées.

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Mais le photographe a également exploré d’autres aspects de la mégapole asiatique…

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Sources : phototrend.fr / lepetitjournal.com / youtube.com