3% est une toute nouvelle série dystopique et haletante dans laquelle la société est divisée en deux : le monde du « progrès » d’une part, celui de la misère et de la pauvreté d’autre part. Seul 3% de la population peut accéder à « L’Autre rive », à la suite d’un ensemble de tests auxquels tous les jeunes de 20 ans doivent se soumettre… Basé sur l’idée que le monde se divise peu à peu en deux bords radicalement opposés, cette série fait inévitablement référence à un futur incertain qu’on aimerait probablement tous éviter.

La première série brésilienne de Netflix est disponible depuis fin novembre sur le fameux site. Elle est l’aboutissement d’une idée initialement imaginée en 2011 par Pedro Aguilera, mais qui n’avait pas pu aboutir faute de moyens. Le réalisateur espagnol est notamment connu pour avoir été le directeur de photographie dans La Cité de Dieu (2002). Le scénario de 3% est assez bien ficelé et propose une critique acerbe et engagée du brésil contemporain. Cependant, l’ensemble manque parfois un peu d’originalité et de nuance. À chacun d’en juger.

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Un scénario provocateur

Dans 3%, le monde est divisé en deux. D’un côté, la société du « progrès » et de l’abondance, de l’autre une société rongée par la misère et la pauvreté dans laquelle il n’y a pas vraiment d’échappatoire possible, hormis celui de réussir à intégrer la partie privilégiée du monde. Par ailleurs, l’ensemble des citoyens font l’objet d’un contrôle social sévère ce qui les empêche de remettre en cause l’ordre social établi. Ce contrôle passe non seulement pas une surveillance importante des citoyens qui se fait par l’intermédiaire des services de l’État et des forces de l’ordre, mais également par le biais d’un test auquel tous les citoyens doivent se soumettre. C’est ce test qui fait l’objet des épisodes de la première saison.

À l’âge de 20 ans, chaque jeune est soumis à plusieurs examens afin de déterminer sa capacité à rejoindre les 3% de la population qui construisent une société meilleure sur « L’Autre rive ». S’ils échouent, ils seront contraints à rester dans une société délabrée, dans laquelle ils n’ont aucune chance de pouvoir vivre de manière indépendante. Chaque épreuve met les candidats face à eux-mêmes et les obligent à lutter contre leurs propres peurs, faiblesses et paradoxes. Par ailleurs, elles mettent à l’épreuve leur psychologie et leur capacité à agir de manière individuelle ou, au contraire, en équipe. Pour les dirigeants, ces tests sont un moyen d’exercer un contrôle social strict et d’empêcher la dissidence de se former mais aussi de pousser les citoyens à privilégier leur sort individuel à celui des autres individus qui ne sont que des concurrents.

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Critique de la société brésilienne et du monde contemporain

3% s’inspire d’autres récits du même genre. Les rappels à 1984, Hunger Games ou encore Le Meilleur des Mondes sont évidents. Certaines critiques font également le parallèle avec Black Mirror, une autre série critique de la modernité. On ne pourra que difficilement nier le caractère engagé de la série, qui expose un modèle d’ascension social inégalitaire dans lequel on ne laisse une chance qu’à une petite minorité d’élus. On peut également y voir une mise en garde contre les systèmes de surveillance et la volonté de certains gouvernements de contrôler la vie des individus au point de vouloir choisir l’avenir de chacun. Enfin, 3% rappelle que le Brésil est l’un des pays au monde où les inégalités sont les plus marquées et les plus voyantes.

Comme l’indique le Courrier International, la série a été accueillie de manière nuancée par la critique. Dans les médias brésiliens, on a pu souligner l’aspect caricatural des personnages qui représentent tous de manière symbolique une idée ou un trait de caractère particulier : en effet, au sein des principaux protagonistes on retrouve l’idéaliste, l’égoïste ou encore le leader… Par ailleurs, on peut regretter que la série se concentre trop sur les épreuves que les candidats doivent traverser, au risque d’oublier d’exposer la manière dont est organisée la société dans laquelle ils vivent. Cependant, les commentateurs s’accordent pour souligner que la série offre une mise en lumière des problèmes que traverse le Brésil et notamment les inégalités croissances auxquelles le pays fait face et qui divisent la population. Enfin, Konbini remarque que « 3% présente une réalité effrayante car envisageable », alors que Vice rappelle l’intérêt des récits dystopiques qui servent à la fois de « divertissement » mais aussi et surtout de « mise en garde » !

 

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