L’information est à peine croyable. Le journal TheGuardian rapporte que le terme « réchauffement climatique » ainsi que d’autres mots liés à l’écologie sont bannis au ministère de l’environnement de Floride.

C’est désormais bien connu, réfuter le changement climatique est un business qui peut rapporter très gros, notamment aux États-Unis. En 2013 on découvrait que des lobbies et think-tank américains levaient près d’1 milliard de dollars par an pour orienter le débat en faveur des intérêts industriels. « Le réchauffement climatique n’existe pas, l’environnement se porte bien, circulez, il n’y a rien à voir ! »

C’est cependant plus rare qu’un organe officiel d’état oriente sa politique en la matière. C’est pourtant ce que vient de révéler la Florida Center for Investigative Reporting (FCIR), un organisme sans but lucratif qui défend les intérêts des habitants de Floride. L’information confirmée par TheGuardian indique que le ministère de l’environnement de Floride a fait interdire une série de termes « écologiques » aux 3 200 employés.

Comment peut-on rédiger un rapport environnemental sans utiliser des mots aussi importants que « réchauffement climatique » ou « durable » ? D’autres termes semblent également avoir été radiés si on en croit les témoignages. Ainsi, les employés ne pourraient également pas utiliser « hausse du niveau de la mer » et « changement climatique » dans leurs écrits. Un comble alors que la Floride est un des États américains les plus vulnérables face à la montée des eaux.

greenwashing

Si l’interdiction se limite heureusement à quelques milliers d’employés du ministère, le ban de ces mots pendant plusieurs années peut jouer un impact direct sur l’ensemble de la communication qui découle de l’institution officielle. Par ailleurs, selon le rapport du FCIR, cette censure discrète crée un « climat » de lourdeur pour les employés qui craignent de perdre leur travail et auto-censurent leurs propos.

Les conséquences sont difficilement chiffrables. Le matériel pédagogique publié par l’agence, les programmes de formation, les rapports annuels sur l’environnement, les conseils en matière d’énergie et de politique d’entreprise, ce sont plusieurs années de documentation qui pourraient être gangrénées par ce ban, avec toutes les « non-conséquences » qui en découlent.

La fameuse directive émanerait directement du cabinet de Rick Scott, gouverneur de l’État de Floride. Ce républicain et conservateur est également connu pour détenir le record des condamnations à mort durant son mandat. Comme la plupart des conservateurs américains, il refuse de reconnaître l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique. Christopher Byrd, un employé, aurait ainsi été congédié par le ministre en 2013 pour avoir refusé d’appliquer la directive dans ses écrits.

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Les États-Unis sont décidément très contrastés. Début 2015, Burlington était la première ville du pays à fonctionner entièrement avec des énergies renouvelables. Dans le Vermont, la question écologique est loin d’être éludée, elle est même centrale en matière de décisions collectives. Aux USA, l’orientation politique « locale » joue ainsi un rôle déterminant en matière d’environnement.

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Sources : theguardian.com / lemonde.fr

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