Cette ville américaine tourne à 100% d’énergie renouvelable

La ville de Burlington, dans l’état du Vermont, est la première ville des États-Unis à fonctionner entièrement avec des énergies renouvelables. Une petite révolution locale dans un pays au bilan carbone particulièrement élevé.

Un paradoxe démocratique

C’est le grand paradoxe des États-Unis, pays autant critiqué qu’admiré, les états et les villes conservent une marge décisionnelle importante dans les choix politiques. Résultat, on observe des politiques locales diamétralement opposées en fonction des régions. Pas d’exception en matière d’écologie. Alors que le pays dans son ensemble est responsable d’un impact important sur le bilan écologique global, certaines villes prennent la tangente et deviennent des symboles de changement. C’est ainsi le cas de Burlington, la plus grande ville de son état (+-40 000 habitants) qui se distingue depuis 2015 par une alimentation énergétique 100% verte.

« Le changement climatique est le plus grand problème que nous devons affronter, peut-être même le plus gros problème jamais connu. » estime Taylor Ricketts, professeur en sciences de l’environnement de l’Université du Vermont, dans un journal local. « Mais il n’y a pas de solution magique pour régler ça. Cela va demander des millions de solutions uniques venant d’un peu partout. Et Burlington en est une, pas vrai ? »

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Action en amont et en aval

En réalité, cet objectif est le fruit de nombreuses années de travail. La ville côtière, noyée dans la nature avoisinante, s’était donné pour objectif de produire une énergie la plus locale et propre possible. Objectif atteint très récemment. Son secret ? Démultiplier les sources d’énergies alternatives et réduire la consommation. 50% de son énergie est assurée par des générateurs hydrauliques. Vient ensuite une station utilisant la biomasse pour produire 30% de la demande avec la possibilité de s’adapter à d’autres sources en cas de pénurie. La centrale s’alimente principalement en « déchets bois » de la région. Enfin, les éoliennes et les panneaux solaires complètent les 20% restants d’électricité nécessaire aux besoin des 40 000 habitants.

Seule la centrale à biomasse peut émettre par intermittence du CO2 dans l’atmosphère. Mais celle-ci est équipée de filtres haute technologie qui permettent à la station de n’émettre pratiquement aucune particule polluante, si on en croit les affirmations des responsables.

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Ces solutions durables ne suffisent pourtant pas à Burlington pour se prétendre 100% durable. Parallèlement, la ville applique une politique de réduction drastique de la consommation d’énergie par tous les moyens existants. Une politique qui semble efficace si on en croit les chiffres. La ville consommerait moins d’électricité en 2015 qu’en 1989 ! Retour en arrière ? Pas vraiment, la qualité de vie étant similaire, voire même supérieure. Le projet aurait même créé beaucoup d’activité dans la région.

Une vision à long terme

Ce programme avant-gardiste a débuté très tôt, dès les premières alarmes climatiques. Déjà en 1990, la population va approuver l’investissement de 11.3 millions de dollars dans un programme d’énergie durable jusqu’en 2002. Chaque habitant participe à l’évolution avec une légère taxe locale (Energy Efficiency Charge). Bilan : des factures d’électricité moins importantes, un air parfaitement clair, des rivières sauvegardées et une belle publicité pour la ville côtière.

Lake Champlain Burlington, Vermont.

En plus d’être bon pour l’environnement de la région, c’est également bon pour les recettes de la ville. En effet, le coût de l’énergie devrait être en nette augmentation dans les années à venir. Les responsables estiment économiser 20 millions de dollars d’ici les prochaines années en produisant leur énergie localement. Leur logique politique de long terme semble se préoccuper de la situation laissée aux prochaines générations.

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Source : vermont.org / ecowatch / Go100%.org