L’Alqueria Bona Gent, située à Valence en Espagne, est un centre ayant pour but l’insertion professionnelle de personnes atteintes d’une anomalie cognitive en leur proposant de travailler dans un cadre épanouissant. Organisée sous forme de ferme agricole biologique, l’Alqueria produit fruits et légumes qui permettent de dégager une petite recette grâce à leur vente. Fanny Cibot, jeune étudiante en économie, nous a fait part de son expérience réalisée en tant que stagiaire dans ce lieux.

Fanny Cibot, étudiante en économie a voulu nous offrir un témoignage de son expérience de stage au sein d’une association espagnole, Bona Gent. Cette association, sans but lucratif et d’utilité publique, a été créée en 1980. Son objet est d’améliorer la vie des personnes touchées par un handicap mental, ainsi que celle de leur famille. Plus de 600 personnes sont accompagnées par une vingtaine de professionnels et une centaine de bénévoles.

Crédit photo : Bona Gent

Insertion par l’agriculture

La structure est composée de divers centres. L’un d’entre eux, L’Alqueria Bona Gent, propose d’embaucher des personnes atteintes d’une anomalie chromosomique congénitale ou d’un déficience mentale pour leur confier une activité épanouissante. Ici, les employés participent au développement d’une ferme dont l’objet et la production de légumes. Ainsi, entourée d’éducateurs, l’équipe s’occupe des plantations et de la constitution des paniers qui seront ensuite vendus aux clients de la ferme. Tout est fait dans le respect de l’agriculture biologique : « nous cultivons des fruits et légumes exclusivement bios et donc, par conséquent, de saison. En ce moment, nous avons des salades (laitues, roquette, laitue de chêne), des endives, des poireaux, des betteraves, des carottes, des blettes, céleri […] » mais aussi « des oranges, des pamplemousses, des mandarines et des citrons », et bien plus encore, nous explique Fanny.

Ce projet original favorise l’insertion professionnelle et sociale tout en valorisant les compétences de ceux qui y sont impliqués. En effet, « le centre de l’Alqueria Bona Gent représente un premier pas vers la vie professionnelle pour les personnes y travaillant ». Par la suite, les dirigeants du centre espèrent que les personnes impliquées puissent être embauchées « dans une entreprise aux caractéristiques plus classiques ». Dernièrement, une des élèves a pu intégrer une entreprise s’occupant de la confection de vêtements.

Bien évidemment, les femmes et les hommes qui travaillent ici bénéficient d’un suivi particulier. C’est ainsi qu’il existe « une réelle proximité avec les tuteurs […], car plus d’attention et d’implication sont nécessaires pour leur bien-être dans l’entreprise. Mais aucune spécificité d’accompagnement en fonction de l’handicap n’existe, le but étant d’instaurer un environnement au plus proche d’un cadre professionnel d’entreprise. » Toutefois, précise Fanny, tout l’intérêt de l’Alqueria, c’est de proposer une insertion, dans le plus grand respect des personnes : « nous ne souhaitons pas qu’elles se sentent traitées différemment parce qu’elles sont considérées officiellement comme ayant des capacités intellectuelles affectées, nous souhaitons seulement qu’elles se développent et trouvent leur place tels qu’elles sont, comme nous le faisons tous. »

Crédit photo : Bona Gent

Un stage engagé

Pour Fanny Cibot, les quelques mois passés dans le centre ont été une expérience personnelle unique. En effet, elle a pu découvrir à cette occasion le fonctionnement particulier de Bona Gent et interroger son propre avenir. Jusqu’à présent, elle avait réalisé ses stages dans des entreprises plus « classiques ». À présent, elle a changé sa perspective et nous explique que de son point de vu, travailler de manière engagée est devenu « primordial et de plus en plus prioritaire. »

Pendant son stage, l’étudiante a participé de manière active au développement des activités de la ferme. Cependant, le projet manque aujourd’hui de soutiens. « Les recettes […], en plus des aides gouvernementales, ne suffisent malheureusement pas pour pouvoir développer davantage le centre, et comme toutes ONG, Bona Gent nécessite continuellement de fonds et de donations » précise t’elle. Une campagne de financement participatif est en cours ; la somme d’argent récoltée servira à soutenir à aider l’amélioration du projet.

Crédit photo : Bona Gent

Source : bonagent.org / Propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation auprès de Fanny Cibot

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