Le trafic aérien représente aujourd’hui une source de pollution atmosphérique non négligeable car il a connu une forte croissance en quelques décennies, suivant la courbe de croissance du tourisme de masse. Fait particulier, du fait de sa hauteur de vol, un avion rejette directement ses émissions polluantes dans la tropopause où l’impact sur l’atmosphère s’y trouve démultiplié. Cette pollution récemment mise en avant interroge les citoyens qui sont de plus en plus nombreux à chercher une alternative à ce mode de transport. Encore faut-il avoir conscience de la quantité de CO2 qu’émet un seul vol.

A l’échelle mondiale, des études internationales estiment la part de l’aviation dans les émissions de CO2 à 2% tous secteurs confondus et à 13% pour les seules activités de transport. En France, ces nombres sont respectivement de 1% et de 4% selon le Giec.

Mais le rejet de CO2 est évidemment variable selon la durée et la fréquence des vols. Pour plus de précisions le guide de voyage en ligne Génération Voyage a réalisé une infographie permettant de connaître en un coup d’œil les 20 trajets aller/retour au départ de Paris les plus fréquentés et à l’empreinte carbone la plus élevée. En parallèle est mentionné le nombre d’arbres théoriques à planter pour compenser cette émission. Une solution de compensation souvent présentée comme efficace, mais qui manque parfois d’effet concret sur le terrain.

Generation Voyage

L’avion, mode de transport le plus polluant ?

Tout dépend. Du nombre de passagers notamment, de la longueur du trajet et du type de ce dernier. Car on ne prend pas l’avion, la voiture ou le train pour le même type de trajets. Un trajet intercontinental est impossible en voiture et à l’inverse on ne prend pas l’avion pour ses trajets quotidiens.

En se basant sur des taux d’occupation moyens l’agence européenne pour l’environnement relève :

-un taux d’émissions de 14 grammes de CO2 par passager au kilomètre pour le train avec 156 passagers.

-un taux d’émissions de 104 grammes de CO2 pour la voiture avec 1,5 passager.

-un taux d’émissions de 285 grammes de CO2 pour l’avion avec 88 passagers.

Séoul. Source : flickr

Dans l’absolu donc, l’avion est le moyen de transport le plus polluant et le train remporte la palme du plus écologique. Mais au vu du nombre de voitures en circulation bien supérieur à celui des avions (1 milliard contre 80 000 par jour dans le monde), de manière brute, c’est le trafic routier qui est le plus pollueur à l’échelle mondiale. À ne pas négliger, en plus du CO2, la voiture qui est responsable de 32% des émissions mondiales de NOx (oxyde d’azote) quand la part de l’avion est de 1%. Quand aux particules fines, l’avion n’en produit pas alors que la voiture en émet 22% à l’échelle mondiale.

Comment réduire son empreinte carbone en voyage ?

Né en Suède il y a quelques mois, le mouvement « flygskam » (la « honte de prendre l’avion ») incite les citoyens engagés à préférer d’autres moyens de transport moins polluants pour préserver l’environnement. Ce mouvement fait de plus en plus de bruit dans l’actualité et inquiète les compagnies aériennes.

Pour les longs trajets, intercontinentaux, aucune alternative à l’avion tel qu’on le connaît ne semble efficace en terme de rapidité de vol. Ni le bateau de croisière (lui aussi polluant), ni le train ne peuvent concurrencer l’avion à ce niveau sur des trajets très  longs. Il revient alors au voyageur faire le choix de partir en vacances moins loin en choisissant de partir en train ou en voiture ou alors plus longtemps.

Source : flickr

Cependant, pour les trajets en France et en Europe, le train est la meilleure alternative à la pollution générée par l’avion (et la voiture). Également, les solutions telles que le bus et le covoiturage sont d’excellents moyens de voyager en polluant moins. Dans tous les cas, pour que nos choix puissent avoir un effet positif de masse, ils nécessitent un changement culturel profond des pratiques de voyage. Pratiquement inimaginable à l’heure où le secteur du tourisme continue son ascension.

Florian Colas & S. Barret


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