À l’unanimité, la Commission des parcs de Vancouver a voté début du mois de mars l’interdiction totale de la détention de baleines et de dauphins dans les aquariums de la ville. Symbole d’un changement des mentalités, ce vote peut également servir d’exemple pour d’autres villes et collectivités qui sont confrontées aux mêmes questions.

À la fin de l’année dernière, deux bélugas mourraient prématurément dans l’aquarium de Vancouver. Ce triste évènement a sans aucun doute contribué à encourager la Commission des parcs de la ville à intervenir. Mais la décision intervient également quelques semaines seulement après que l’aquarium de la ville ait annoncé vouloir se doter de cinq autres bélugas, pour l’animation d’un évènement dans lequel seraient investis plusieurs millions de dollars, explique le journal local, le Vancouver Courier. À travers le monde, des centaines de cétacés sont capturés chaque année, parfois dans le cadre d’une pèche meurtrière, pour alimenter les parcs marins.

« Le moment est venu d’avoir un changement »

La mort de deux bélugas en captivité en novembre dernier avait suscité de vifs débats publics et de nombreuses interrogations à propos des conditions de vie des cétacés dans les aquariums et autres lieux d’exhibition. Pour rappel, seulement quelques semaines après la mort de sa fille âgée de 21 ans, le béluga Aurora était mort dans les bassins de Vancouver. Cet évènement avait non seulement contribué à une prise de conscience collective, mais a également relancé les polémiques à propos de « l’utilité scientifique » de la détention de cétacés au 21ème siècle. Par ailleurs, l’aquarium de la région avait essuyé de très nombreuses critiques.

Photo : Tjflex2 / Flickr

« Le moment est venu d’avoir un changement » a argumenté la commissaire à la Commission des parcs, Sarah Kirby-Yung, pendant les débats qui se sont tenus les deux journées avant le vote décisif. À cette occasion, sont également intervenus des environnementalistes, des représentants de l’aquarium ainsi que des experts. Si les membres de la commission ont voté sans exception contre la captivité des cétacés dans l’aquarium de la ville, ce qui est inattendu, l’ambiance était tendue dans la salle le jour du vote, puisque de nombreux citoyen.ne.s aux opinions partagées étaient présents, interpellant parfois directement les membres de l’assemblée. Selon Radio-Canada, le vote devrait être suivi avant mai de la présentation d’un nouveau règlement.

Appel à maintenir la pression sur les aquariums et les zoo

À la suite du vote, les représentants de l’aquarium n’ont pas voulu répondre aux questions de la presse. Le service de communication de l’aquarium a cependant indiqué regretter que les débats aient été centrés sur l’intérêt scientifique de la captivité des bélugas, tout en oubliant pas de mentionner que « nous vivons la plus grande extinction des espèces depuis celle des dinosaures ». Par ailleurs, l’industrie de la captivité animale soutient que cette décision empêcherait, dans le futur, les opérations de sauvetage de cétacés. Ces arguments fallacieux, loin de la réalité du terrain, sont souvent avancés pour défendre la captivité animale dans les parcs animaliers (à ne pas confondre avec les sanctuaires). Pour cause, comme dans la baie de Taiji au Japon, le prélèvement de ces animaux ne se fait pas systématiquement dans un cadre d’une préservation mais bien à travers la chasse de ces espèces. De plus, il est désormais démontré que ces animaux vivent largement plus longtemps dans la nature qu’en captivité, en particulier chez l’orque.

Dans un communiqué de presse, PETA s’est félicité de cette décision, tout en rappelant que le combat est loin d’être terminé. « À la lumière du nombre renversant de morts à l’Aquarium de Vancouver – des 10 cétacés nés en captivité, tous les 10 sont morts – l’interdiction est bienvenue », a tenu à souligner Tracy Reiman, la directrice générale de l’association. Elle a également appelé l’aquarium a utiliser l’argent initialement destiné aux nouveaux projets en lien avec des cétacés pour envoyer les bélugas encore en sa possession – et actuellement prêtés à Seaworld et à l’aquarium de Georgia – dans des sanctuaires marins. Il faut souligner que la captivité des autres espèces marines détenues dans l’aquarium n’a pas été remise en cause. À ce titre PETA, demande aux citoyen.ne.s de continuer leur combat.

Photo : Adrien Sifre / Flickr

Sources : peta.org / radio-canada.ca / vancourier.org

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