Fête de la récup : recycler, c’est s’émanciper de l’industrie manufacturière

Pour la 4ème année consécutive, ces 16 et 17 juin, le Réseau Francilien du Réemploi en île de France (REFER) consacre un week-end entier aux thématiques liées au recyclage et la récupération des objets. L’espace de deux jours, les visiteurs découvriront dans la Halle des Blancs Manteaux (4ème arrondissement de Paris) un espace réinvesti par 60 structures engagées qui, pour l’occasion, auront transformé le lieu en « une ressourcerie grandeur nature ».

Dans une société où nous avons été habitués au tout jetable, la récupération et le recyclage font leur bout de chemin. Pour le REFER, mettre en lumière les nouvelles pratiques de réemploi, c’est une opportunité à saisir pour « créer du lien social autour des valeurs liées à l’environnement et les solidarités », s’enthousiasme Martin Bobel, coordinateur du réseau. Car la réutilisation des objets, ce n’est pas seulement une question environnementale, c’est aussi une affaire de « réappropriation de techniques artisanales et de savoir-faire qui participent à s’émanciper de l’industrie manufacturière en apprenant avec les outils qu’on a déjà ».

Crédit image : Santisouk Bandassak – nebougezplus

 

 

Crédit image : Santisouk Bandassak – nebougezplus

Deux jours festifs autour du réemploi

Aujourd’hui, le REFER est composé de « 37 associations et d’un syndicat intercommunal. Ces acteurs sont organisés sous la forme de recycleries, de ressourceries ou autres structures ayant trait au réemploi » explique notre interlocuteur. Le réseau a pour ambition d’accompagner le développement de ces structures qui donnent une seconde vie aux objets et les valorisant en se basant sur le principe de « coopération » : « ici les anciens aident les nouveaux et partagent leur propre expérience », précise Martin Bobel. Le REFER espère également faire avancer la cause via son travail de plaidoyer auprès des représentants politiques afin que ces derniers tiennent compte un jour des problématiques liées aux déchets, prennent des mesures pour favoriser le réemploi et fassent évoluer la législation en vigueur.

Pendant la « Fête de la Récup », ce sont non seulement les membres du réseau qui seront mobilisés, mais également des associations partenaires ainsi que des artistes et des musiciens : « l’objectif est de faire le lien entre questions sociales et environnementales ». Les organisateurs espèrent accueillir jusqu’à 20.000 visiteurs pendant ce week-end convivial et festif pendant lequel seront abordées des thématiques aussi variées que l’obsolescence programmée, la réparation, l’artisanat, la création, l’éducation à l’environnement, la solidarité, l’insertion, ou encore l’emploi. Le tout sera accompagné de concerts, d’un défilé de mode éthique, d’un pôle vélo, d’expositions, de théâtre et de
débats…

Crédit image : Santisouk Bandassak – nebougezplus

« On gaspille aussi énormément dans la poubelle des ménages »

Le gaspillage alimentaire (qui cause 9 millions de tonnes de perte par an au total en France) ainsi que le suremballage sont régulièrement dénoncés dans des rapports, notamment de l’Ademe, et grâce aux actions militantes. Le gaspillage de nos objets du quotidien, qu’il touche les livres, d’anciennes radios ou de vieux meubles est désormais aussi sous le feu des critiques. À l’image des ressourceries de plus en plus nombreuses, les citoyens et les citoyennes s’organisent et mettent la main à la pâte.

Car des efforts, il en reste à faire ! Pour cause « 25 % des déchets des ménages pourraient être éligibles au réemploi«  affirme Martin Bobel. C’est énorme ! Autant d’objets qui fonctionnent encore, qui pourraient être réparés ou se voir offrir une nouvelle destination. Mais dans les faits, seuls 2,5 % des déchets des poubelles se voient réellement offrir une nouvelle vie affirme le coordinateur. « Il y a une marge de manœuvre énorme », mais la réussite du réemploi « dépend de l’intervention des politiques publiques ». Comment les convaincre ? Le réemploi serait un terreau très fertile en ce qui concerne les emplois : « 10 000 tonnes d’objets passés en ressourcerie/recyclerie permettent de créer 850 emplois, contre seulement 3 emplois lorsque ces déchets sont incinérés, et 1 lorsqu’ils sont enfouis ! » Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet ou la page Facebook du REFER.

Crédit image : REFER

 


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