Le 16 août dernier, Londres donnait son accord à l’extension du Hornsea Project qui avec plus de 300 éoliennes pourrait devenir le plus grand site offshore au monde. L’entreprise danoise DONG Energy qui exploite le site a annoncé la construction de 174 éoliennes en mer d’ici 2020.

La situation géographique du Royaume-Uni ainsi que sont climat présentent des atouts majeurs pour le développement de l’éolien. L’accord récemment donné au groupe DONG Energy montre que les dirigeants du pays voient en cette énergie une alternative viable pour le futur. Ainsi, au large des villes de Horn et de Grimbsby dans le Yorkshire, un important parc est en train de voir le jour. Ce projet ambitieux réalisé en plusieurs étapes, devrait aboutir à la construction du plus grand complexe éolien offshore au monde. Les médias Britanniques y voient un changement de cap après les débats houleux et les controverses concernant le projet contesté de construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C.

Un complexe titanesque

Selon l’entreprise danoise, la première partie du projet sera réalisée pour 2020. D’ici là, 174 éoliennes devraient voir le jour pour une puissance estimée de 1,2 gigawatts. Avec le nouvel accord du gouvernement, la taille du complexe sera revue à la hausse, portant à 300 le nombre d’éoliennes qui s’étaleront sur 480 kilomètres carrés. Grâce à cette extension, une quantité d’énergie équivalente à celle d’un réacteur de type nucléaire (1,8 gigawatts) pourrait être produite, indique la société. Selon les indications fournies par l’exploitant, cette énergie suffirait amplement à pourvoir aux besoins d’un million et demi de foyers anglais.

15421557682_d90dd938fa_kPhotographie : Aaron Crowe / Flickr

DONG Energy ne veut pas s’arrêter là : sur le même espace, une production totale de 4 millions de gigawatts serait envisageable à long terme. Mais le développement futur du complexe dépendra du succès des premiers investissements ainsi que des subventions potentielles allouées par l’État. Il faut toutefois noter que le projet ne fait pas l’unanimité : des associations de défense de l’environnement pointent du doigt le danger que représenterait le parc pour les oiseaux ainsi que certaines espèces sous-marines.

L’initiative n’est pas isolée, ailleurs, d’autres projets de taille importante sont actuellement en cours d’étude, relève le journal Les Échos. En Angleterre et en Suède, deux projets très similaires pour lesquels les exploitants annoncent des productions estimées respectivement à 2,5 et à 2,4 gigawatts pourraient être débutés très prochainement.

L’éolien de plus en plus attractif

Parmi les arguments brandis contre l’éolien, est souvent évoqué la dépendance de cette énergie à des facteurs extérieurs, ce qui empêcherait de pouvoir pourvoir à tous moments aux besoins industriels et domestiques immédiats. À ce propos, Huub den Rooijen constate les progrès remarquables réalisés en la matière ces dernières années. Les techniques de conservation et de stockage de l’énergie s’améliorent de mois en mois; de plus, les exploitants encouragent la population à consommer au moment des pics de production, en proposant l’électricité à un prix attractif à ces heures.

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Les projets éoliens offshore, autrefois considérés comme trop coûteux, semblent présenter aujourd’hui une alternative crédible et concurrentielle que l’on peut raisonnablement intégrer à grande échelle dans le mix énergétique d’un pays. À ce jour, l’énergie éolienne représente d’ores et déjà 5% de l’énergie consommée en Grande-Bretagne. Le pays vise un objectif de 10%, d’ici 2020. Ce développement récent a été rendu possible grâce à des innovations technologiques accompagnées d’une baisse des coûts – de l’ordre de 40 % au Royaume-Uni en l’espace de trois ans.

Peu à peu, le développement des énergies renouvelables en Europe se confirme. La politique de certains de nos voisins a d’ailleurs été récemment couronnée de succès, comme l’attestent les chiffres prometteurs atteints cette année en Allemagne et au Portugal. Le 7 juin dernier, l’Écosse établissait un nouveau record : l’espace d’une journée, l’énergie produite par son parc éolien a suffit à répondre à la demande énergétique du pays tout entier. Si un tel exploit reste pour le moment l’exception, il montre qu’il est possible de réduire les émissions de CO2 pour la production d’énergies plus propres, sans pour autant nier certaines conséquences négatives inévitables à toute production d’énergie. Les objecteurs de croissance ont en ce sens probablement raison. Selon eux, la transition devrait surtout passer par une modération de la consommation énergétique. Malheureusement, la demande énergétique continue son implacable ascension.

27486262994_c932c187e4_kPhotographie : Fernando Butcher / Flickr


Sources : hornseaprojectone.co.uk / lesechos.fr / theguardian.com

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