Un mois complet sans aller au supermarché, c’est possible ! L’initiative suisse, « Février sans supermarché », portée par En Vert Et Contre Tout, sera organisée pour la troisième année consécutive pendant tout le mois de février. L’objectif : encourager les circuits courts, les commerces indépendants et une réflexion sur nos achats. Explications.

Cela fait plusieurs années que des personnalités et groupes locaux appellent à se passer un maximum des grandes surfaces. Celles-ci ont tendance à faire pression de tout leur poids pour tirer les prix vers le bas jusqu’à écraser les producteurs comme les commerces de proximité. Par ailleurs, leur gamme de produits est principalement industrielle. Le défi « Février sans supermarché », imaginé par En Vert Et Contre Tout, a été lancé pour que l’idée prenne une dimension collective plus globale. Expérimenté en 2017 et reconduit en 2018, il connaît un succès grandissant. L’année passée, l’évènement avait réuni plus de 20.000 personnes en France et en Suisse. En 2019, l’évènement est organisé avec le soutient du Biais Vert, de Partager c’est sympa, de Mr Mondialisation, et de bien d’autres figures du web engagé.

Le mot d’ordre, auquel les citoyens et les citoyennes de suisse romande et de France sont appelés à se rallier de manière volontaire au sein de groupes locaux, est une invitation à réfléchir à nos consommations quotidiennes et à éventuellement les réorienter vers des produits locaux, afin de soutenir un autre modèle économique et social. Et puis tout simplement découvrir qu’il est vraiment possible de se passer de supermarché sans pour autant se ruiner.

Quand consommer devient un acte politique

L’objectif premier du défi et de s’interroger collectivement et individuellement à propos du modèle économique que nous souhaitons soutenir à travers nos achats, car nos dépenses peuvent se transformer en acte politique. Les individus passent ainsi du statut de « consommateurs » à celui de « consom’acteurs », nous explique Leïla Rölli, à l’origine d’En Vert Et Contre Tout. Dans ce contexte, il s’agit, selon l’appel, d’ « encourager les commerces indépendants, redécouvrir les épiceries de quartier, soutenir les petits producteurs, favoriser la vente en vrac et le commerce local, repeupler les marchés ou encore réapprendre à n’acheter que l’essentiel. Mais c’est également l’opportunité de faire savoir aux grandes surfaces que nous ne sommes pas d’accord avec le suremballage ou leur politique de prix qui écrasent les producteurs ».

En France, une initiative de ce type avait d’ailleurs vu le jour dès 2016, sous l’impulsion de la journaliste Mathilde Golla. Rapidement, avec les scandales à répétition dans lesquels sont empêtrés les acteurs de la grande distribution et l’intérêt croissant des citoyens pour les questions sociales et environnementales, l’idée a gagné en popularité. Après avoir trouvé un écho en Suisse en 2017, le défi a été étendu à toute la France en 2018. Le défi est une réponse à « la période de surconsommation dont nous sortons après Noël », et fait honneur à tous ceux qui s’investissent pour la cause, comme les coopératives de consommateurs ou les magasins « Zéro déchet » précise Leïla Rölli.

Avant le déchainementPeu importe si vous allez jusqu’au bout, l’essentiel est de participer

Selon cette dernière, l’essentiel est de participer à son échelle, peu importe si les participants n’arrivent pas à tenir le pari pendant tout le mois. En effet, en s’engageant, chacun peut témoigner de sa sensibilité pour la problématique. L’enthousiasme est palpable, avec plus de 20.000 participants en France et en Suisse en 2018. C’est que « les mentalités commencent à changer », se réjouit Leïla Rölli, qui pointe également que le sujet est de plus en plus abordé dans le débat public.

Dans son appel, la journaliste préfère anticiper certaines critiques qui avaient été émises l’année passée, notamment l’idée reçue qu’un tel boycott mettrait en danger les emplois dans les grandes surfaces. Pourtant ce type d’action n’a que peu d’impact sur l’économie des supermarchés. Même si ces derniers devaient perdre quelques centaines de clients, leurs marges, en millions, sont suffisamment importantes. En revanche, une poignée de clients en plus pour les épiceries de quartier apporterait à ces dernières un souffle d’air suffisant avec, peut-être, de nouveaux emplois à la clé et un renforcement de l’économie locale.

Par ailleurs, le principe économique sur lequel reposent les supermarchés est précisément l’effet d’échelle permettant d’employer un minimum de personnes pour une quantité de vente plus importante. Ainsi, plusieurs épiceries locales peuvent employer plus de personnes qu’un grand magasin. Le principe fonctionne également avec la restauration rapide ou les centres commerciaux. L’ouverture d’un grand complexe de vente signifie souvent la faillite invisible de nombreux commerces locaux en éloignant les consommateurs des rues commerçantes qui animent les centres.

Vous souhaitez participer ? En Suisse il existe de nombreux groupes locaux :

Bienne sans supermarché / La Côte (VD) sans supermarché /Fribourg sans supermarché / Genève sans supermarché Lausanne sans supermarché / Neuchâtel sans supermarché / Valais sans supermarché

Vous pouvez également encourager la mise en place d’un groupe local en France et en Belgique ! Adressez-vous à coucou [at] envertetcontretout.ch.

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