L’île d’Hawaï est définitivement décidée à passer au 100% d’énergies renouvelables d’ici 30 ans. L’objectif est de taille et toutes les options sont étudiées. C’est dans ce cadre que l’île vient d’accueillir la plus grande centrale exploitant l’énergie thermique des mers (ETM) (ou énergie maréthermique)…

Quand on parle des énergies renouvelables issues des océans, on pense d’abord aux marées, aux courants marins ou au vent. Il existe pourtant une autre source « infinie » d’énergie, la différence de températures qui existent entre les eaux de surface et les eaux profondes des océans. Jusqu’ici, cette énergie fut peu exploitée car elle nécessite de lourds investissements, des technologies maitrisées, pour un rendement relativement faible.

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Testé depuis les années 1920, le principe de conversion énergétique OTEC (Ocean thermal energy conversion) revient au goût du jour avec la crise environnementale et la nécessité galopante de se passer des énergies fossiles. Dans les années 80, la France entreprend elle aussi l’étude d’une centrale de ce type, mais le projet est rapidement abandonné au profit du mix énergétique qu’on connait aujourd’hui. Le Japon, quant a lui, n’a jamais vraiment lâché l’affaire avec divers projets à Hawaï et en Inde, aidé par les États-Unis.

Makai Ocean Engineering, une société américaine, vient donc d’inaugurer une nouvelle centrale maréthermique à Hawaï. La société explique dans une vidéo de présentation que l’énergie provient tout simplement du soleil. « 70% des rayons du soleil arrivant sur terre atterrissent dans l’océan. La plus grande partie (de cette énergie) est capturée par les couches de surface de l’eau des océans sous forme de chaleur. » explique Duke Hartman pour Makai. L’intérêt n’est certes pas son rendement, très faible, mais la capacité à générer de l’électricité 24h sur 24, sans interruption, sur simple demande, ce qui élimine système de stockage d’énergie et permet de soutenir un mix énergétique solaire / éolien.

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Le principe est très simple. De larges quantités d’eaux sont pompées dans l’océan profond autant qu’en surface pour être injectées dans un échangeur thermique. À l’intérieur, un fluide neutre se transforme en vapeur au contact de l’eau de surface et la haute pression du gaz fait tourner une turbine génératrice d’électricité. Après avoir joué son rôle, le gaz passe dans un condenseur pour retourner à l’état liquide au contact de l’eau froide puisée en profondeur. Ainsi, l’eau utilisée n’est pas polluée et ne sert momentanément qu’à échanger l’énergie avec le fluide confiné. En principe, à ce stade de développement, la centrale n’engendre aucun désagrément environnemental.

Malgré que cette nouvelle installation soit la plus large de son genre à ce jour dans le monde, elle est de taille très modeste, tout juste suffisante pour fournir en électricité 120 foyers de la région où la consommation est faible (105 kW). Il s’agit en réalité d’un projet pilote de petite envergure dont l’objectif est de démontrer l’efficacité de cette énergie en vue de projets commerciaux de grande échelle. Selon Makai, l’ensemble des besoins en électricité d’Hawaï pourrait être couvert avec seulement 12 usines de ce type mais de taille industrielle. Le potentiel de produire de l’énergie de manière durable et sans pollution serait donc réel. Reste à convaincre les investisseurs et le monde politique de l’intérêt de la chose à l’heure même où les énergies fossiles et nucléaires sont très largement subsidiées avec l’argent du contribuable.


Source : ecowatch.com / wikipedia

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