Des briques organiques constituées de mycélium de champignon ? Certains y voient déjà le futur de l’architecture alors que le sable de construction commence à se faire rare. Les arguments en sa faveur sont nombreux : écologique, économique et particulièrement solide, la brique de mycélium pourrait bien révolutionner notre manière de bâtir. Aperçu de cette invention du groupe indonésien Mycotech.

Une brique bien particulière

Les maisons du futur représentent un défi à part entière pour les architectes et les ingénieurs qui veulent apporter des solutions aux défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain. La brique de Mycotech pourrait être une solution car elle possède des caractéristiques particulières qui en font un bio-matériau de construction idéal. En effet, elle est à la fois légère et résistante, ininflammable et étanche.

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Le processus de production de ces briques est assez simple. La méthode consiste à mélanger (inoculer) du mycélium de champignon dans un substrat et de le laisser s’y développer. De cette manière, le mycélium va créer un maillage et lier les éléments constitutifs du substrat les uns aux autres. En fonction du moule auquel on a recours, l’ensemble prendra la forme souhaitée. Afin d’éviter une fructification du mycélium (la poussée des champignons), on place les briques dans un four une fois le substrat entièrement colonisé. De cette manière, on met fin au développement du mycélium.

Le substrat varie d’une entreprise à une autre. De manière générale, les concepteurs de ces briques souhaitent utiliser des déchets et résidus locaux : certains tirent à profit les restes broyés de tiges de maïs, alors que d’autres emploient des copeaux et des sciures de bois en provenance des forêts de la région. « Nous utilisons des matériaux responsables comme des déchets agricoles. L’Indonésie produit 120 millions de tonnes de déchets agricoles chaque année. » explique Mycotech sur son site.

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Aucune technologie complexe n’étant nécessaire, le processus de fabrication de ces briques peut être adopté facilement par chacun à travers le monde. C’est ce que souligne également Mycotech qui indique que la vente de ces briques pourrait constituer une source de revenus supplémentaire pour les exploitations agricoles, par valorisation de leurs déchets organiques.

Encore plus loin

Cette innovation permet de répondre à de nombreux problèmes autant écologiques qu’économiques. En effet, la construction de nos maisons dépend aujourd’hui encore fortement de matériaux qui engendrent une pollution importante (voir la situation du sable) ainsi que des énergies fossiles, et en particulier le pétrole.

D’autant que les possibilités offertes par le mycélium de champignon sont nombreuses : une fois entré dans le monde fascinant de ces filaments blancs, difficile d’en ressortir. Comme le propose une autre entreprise, ecovative design, il est possible de fabriquer soi-même divers objets du quotidien en s’inspirant de cette technique : emballages, boîtes, pots de fleurs, abats-jours, planches de surf… Il serait ainsi concevable de remplacer, à terme, de multiples objets en plastique de notre quotidien. Les possibilités n’ont pour limite que l’imagination. C’est ce que prouve cet autre travail de Mycowork qui propose de construire des chaises en mycélium. Reste à voir si le procédé saura convaincre les géants de l’industrie…

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Sources : arte.tv / bbc.com / maxisciences.com / mychote.ch

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