Après plusieurs péripéties juridiques, le verdict est tombé : la corrida est définitivement exclue du patrimoine culturel immatériel de la France. Obtenue dans des conditions opaques le 22 avril 2011, cette classification, qui n’avait pas manqué de choquer les défenseurs de la cause animale, a pris fin le 1er juin 2015 suite à une décision rendue par le tribunal administratif de Paris.

Le 22 avril 2011, la corrida était inscrite au patrimoine culturel immatériel (PCI) de la France, provoquant un tollé chez les militants de la cause animale, et bien au delà, chez de nombreux citoyens et associations. Obtenue dans des conditions opaques, cette inscription fut réalisée par une commission du ministère de la Culture dirigée par Philippe Bélaval, directeur général des Patrimoines  et…membre fondateur de l’ONCT (Observatoire national des cultures taurines), lobby pro-corrida.

Immédiatement dénoncée par de nombreux militants, citoyens, scientifiques et personnalités, cette inscription fit l’objet de nombreuses protestations et procédures juridiques, d’autant plus qu’elle aurait pu permettre une demande de classification à l’UNESCO, le patrimoine mondial. 200 associations se regroupèrent dans le collectif patrimoine-corrida.fr pour dénoncer l’incompatibilité juridique de l’inscription de la corrida vis-à-vis du code pénal, qui condamne tous « sévices graves et actes de cruauté envers des animaux » (article 521-1).

ob_584645_m-bainDessin signé MAN

En parallèle, deux associations, le CRAC Europe et Droits des Animaux, attaquèrent l’inscription au tribunal, et furent déboutées en première instance le 3 avril 2013. Les associations font appel et la nouvelle audience, qui s’est tenue le 18 mai dernier, fait l’effet d’une surprise : le rapporteur public est désormais en faveur de l’annulation de l’inscription. La raison, étonnante : dès le mois de mai 2011, le ministère de la Culture supprima toute mention de l’inscription sur ses sites officiels en raison, très probablement selon de nombreux protagonistes, de la très forte hostilité qu’elle provoqua dans la population.

De son coté le Ministère tenta de justifier la non-présence de la corrida dans le listing des inscriptions par un problème technique (un problème qui aurait donc duré 4 ans…). Sur ces bases, appuyées par des juristes et le rapporteur public, le tribunal a déclaré en appel : « la décision d’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France doit être considérée comme ayant été abrogée ». En autres termes : la corrida est officiellement retirée du PCI et l’abrogation est rentrée en vigueur ce jeudi 4 Juin 2015.

Cette décision ne fera certainement pas fermer les arènes, mais il semble légitime de considérer comme du bon sens de ne pas inscrire une pratique si contestée au patrimoine français, pratique qui, de plus, ne fut importée d’Espagne vers la France que très tardivement dans l’histoire.


Sources : huffingtonpost.fr /planeteanimaux.com / Image à la une @ wikipédia

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