La vidéo qui rend justice à la ZAD de Notre-Dames-Des-Landes

Alors que le gouvernement français a annoncé qu’il s’exprimerait avant la fin du mois à propos du sort qui sera réservé à l’aéroport Notre-Dames-Des-Landes, un petit film conçu par le réalisateur Leo Leibovici et l’actrice Lizzie Brochere avec les habitants de la ZAD propose de jeter un autre regard sur une lutte dont les fondements dépassent très largement les frontières des 1650 hectares d’espaces naturels, pour profondément questionner la société dans laquelle nous souhaitons vivre. Un regard depuis l’intérieur des installations, bien loin des caricatures grandiloquentes servies sur les grandes chaines de télévision.

Les écologistes le savent : leur combat de terrain et leur message en faveur d’une autre société est souvent galvaudé dans le débat public. Et pourquoi, comment changer ce monde si ce n’est en quittant son petit écran pour aller défendre la justice sociale et écologistes sur le terrain. La ZAD de Notre-Dames-Des-Landes, qui a pu être associée à une « zone de non-droit » par les autorités et des médias, ne fait pas exception à la règle. « Je n’étais jamais venue à la ZAD », court-métrage éclairant de 4 minutes, « apporte quelques éléments de réflexion et invite chacun à venir se faire une idée par soi même », explique le réalisateur Leo Leibovici, qui souhaite également rappeler que, « si aujourd’hui cette zone humide précieuse est restée préservée et n’a pas subi de destruction, c’est grâce à toutes ces femmes et ces hommes qui sont venus protéger ce lieu. » durant de nombreuses années.

Face aux accusations qui semblent préparer le terrain de l’opinion, le film pointe les paradoxes des critiques qui ont été formulées à l’égard des militants de Notre-Dame-Des-Landes : « La zone de non-droit. Oui c’est une zone de non-droit. Si par droit vous voulez dire le droit de détruire le vivant, de bétonner les terres nourricières, de mettre le profit avant la vie, alors oui. Mais il y a d’autres droits ici. Celui d’être différent, de se laisser envoûter par un lieu, celui de construire ta propre maison, comme tu veux, celui de décider de nos formes de vie, ensemble ». Le spectateur le comprend rapidement, ce n’est pas simplement la question de la construction de l’aéroport qui se joue ici, mais celui de la société que l’on construit. Dans quel monde voulons-nous vivre ?
Sur la ZAD on expérimente une nouvelle manière de vivre

En effet, explique Leo Leibovici, Notre-Dame-Des-Landes « cristallise de nombreux enjeux de notre temps : gaspillage d’argent public, gaspillage des terres, destruction de la biodiversité » si bien que « tout le monde est concerné ». Mais la vidéo montre également que la ZAD « est un lieu d’innovation sociale où des expériences de vie en société alternatives ont lieu, dans le respect de chacun et qui mérite de continuer d’exister. » Ici, on veut donner du sens au travail, à l’activité, à la vie. Et ceci ne semble laisser personne indifférent.

« Depuis des décennies, les 1650ha de la Zone à Défendre sont menacés par un projet d’aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux », écrivent pour leur part les militants sur le site de la ZAD. Ces derniers ne revendiquent pas d’avoir trouvé un modèle parfait, une solution toute faite, mais expérimentent aux quotidiens de nouvelles manières de vivre. « En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s’invente sur la ZAD des formes de vie, d’habitats et d’agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs », lit-on dans le même communiqué.

Une décision définitive dans les semaines à venir

D’après les propos récemment tenus par le premier ministre Edouard Philippe, le gouvernement tranchera la question de l’avenir du projet d’ici la fin du mois. Soit le projet de construire un aéroport à Notre-Dame-Des-Landes sera confirmé, soit il sera décidé de développé l’aéroport de Nantes-Atlantique, déjà existant. Quelle que soit l’hypothèse retenue, un appel au rassemblement pour le 10 février a été publié par les zadistes, pour « fêter », ou continuer à marquer leur opposition à toute construction.


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