Le « pull du futur » imaginé par deux français est 100% recyclé / 100% fabriqué en France

Vous avez probablement déjà eu le sentiment d’être perdu lorsque vous cherchiez à vous habiller de manière responsable ? Entre exploitation humaine et pollutions, difficile d’y trouver son compte. Ce n’est pas étonnant, car les solutions sont pour le moment peu nombreuses, mais se développent en France ! C’est un problème auquel Hopaal, un projet mené par Mathieu Couacault et Clément Maulavé, souhaite remédier en entrant sur le marché du vêtement. Éthique et engagée, la marque lancée à partir d’une campagne de crowdfunding se développe avec succès : après les t-shirt recyclés, les deux jeunes lancent une gamme de pulls « 100% recyclés et 100% fabriqués en France » en pré-commande. 

Après les T-shirt, les pulls 100 % fabriqués en France

Alors que Mathieu Couacault et Clément Maulavé s’étaient distingués avec leur projet de t-shirts 100% recyclés, ils ont décidé d’aller encore plus loin. En effet, il se lancent aujourd’hui dans la production d’un pull entièrement produit à partir d’habits recyclés, ce qui permet de valoriser de manière utile des déchets dans un processus 100% français. Une démarche particulièrement audacieuse à l’heure où les grandes marques exercent une pression exacerbée sur les prix en inondant le marché de produits low-cost aux externalités sociales et environnementales désastreuses (souvent, dans l’indifférence générale à la vue de leurs résultats). Cependant, les consoma’acteurs réalisent progressivement qu’il est nécessaire pour bâtir un autre monde de soutenir des initiatives locales/nationales et engagées dans une démarché éthique et éco-responsable.

Concrètement, les pulls de la marque sont cousus à partir de vieux habits ramenés à l’état de fils par une entreprise française avant d’être transformés en pull par un atelier de confection se trouvant également en France. L’ensemble du processus de production est pensé de manière à réduire les impacts environnementaux et humains négatifs. Sur l’ensemble de la chaine de production des différents matériaux, le pull n’est transporté « que » sur 530 kilomètres, alors que les habits effectuent habituellement plusieurs milliers de kilomètres à travers le monde avant de finir dans les magasins. Par ailleurs, aucun produit chimique n’est ajouté afin de donner aux fibres une seconde vie, et les besoins en eau sont très fortement réduits. Les pollutions occasionnées et les dépenses énergétiques s’en voient considérablement minimisées. Mais la plus grosse avancée réside sans doute dans la faible utilisation d’eau…

Des t-shirt à partir de plastique et tissus recyclés

Afin de répondre aux défis en matière de pollution, Hopaal décidait l’année passée de proposer un modèle économique à la fois innovant et original.

Les t-shirts (dont la ligne de production est différente du pull cité plus haut) est fabriqué à 100 % sur la base de matériaux recyclés. Grâce à un procédé mécanique nécessitant seulement 40 litres d’eau, Hopaal est capable de transformer des chutes de tissus et des bouteilles en plastique en de tout nouveaux vêtements. La matière première vient d’Inde, qui selon Hopaal est l’un des seuls pays au monde qui dispose de la technologie nécessaire pour transformer les bouteilles et les chutes de tissus. Le produit final est réalisé en France, dans un atelier toulousain.

Plus concrètement, lorsque le plastique des bouteilles est amené à une température élevée, il peut être transformé en fil polyester. L’entreprise souligne d’ailleurs que ce procédé est beaucoup plus économe en énergie que celui utilisé habituellement dans la confection de polyester. De cette manière, Hopaal souhaite valoriser des déchets, réduire les pollutions ayant pour origine le plastique et diminuer drastiquement les dépenses en eau et en énergie. Une façon de minimiser son impact sur la planète tout en répondant à un besoin élémentaire : s’habiller.

« Grâce au recyclage, Mathieu Couacault et Clément Maulavé estiment qu’un vêtement Hopaal est en moyenne 98% moins polluant qu’un vêtement classique ». Une vraie avancée pour l’un des secteurs les plus polluants du monde.

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L’industrie textile, une industrie particulièrement polluante

Du fait de la forte demande – plus de 10 milliards de t-shirts sont confectionnés chaque année – ainsi que des besoins particuliers du coton – 11.000 litres d’eau environ pour obtenir 1 kilo de coton conventionnel –, la confection de nos habits a des retombées négatives importantes sur l’environnement. Certains pays comme la Chine sont asphyxiés par les rejets de cette industrie. D’autant plus que nos comportements individuels en la matière n’aident pas à rattraper la mise : au contraire, les programmes longs des lave-linge associés à l’utilisation d’un sèche-linge peuvent aboutir, au cours de l’ensemble de la vie d’un t-shirt, à une pollution 17 fois plus importante que celle qui résultait seulement de sa fabrication.

L’industrie du textile se place ainsi au second rang des industries les plus polluantes, juste derrière l’industrie du pétrole. Elle est à l’origine d’une grande consommation d’énergie, et de l’utilisation de nombreux colorants et intrants chimiques nocifs pour la santé et l’environnement. Devant ce constat, il est grand temps de développer des alternatives soutenables. Hopaal n’est aujourd’hui pas le seul à faire de l’éthique made in France. On peut citer Paradigm Shirt, un projet de prêt à porter 100% éthique, responsable et écologique. Quat’rues, et ses vêtements bio et équitables. Mais aussi Amaboomi et leur ligne de vêtements en bouteilles plastiques recyclées. Pas d’exception pour les chaussures, avec Verkor qui confectionne des chaussures eco-responsables et françaises.

Enfin, à la question du prix vient celle de la quantité. Faut-il consommer moins pour consommer mieux et dans la durée ? C’est aujourd’hui à chacun d’en décider au regard de la situation.

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Sources : hopaal.com / kisskissbankbank.com / makesence.org

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