Nous, reporters de terrain, journalistes indépendant-es ou affillié-es, encarté-es ou non, avons décidé (enfin) face à une répression sans précédent, de constituer ce collectif. Celui-ci a pour objectif de dénoncer les violences, dont les chiffres varient entre 115 à plus de 200 cas recensés, auxquelles nous sommes régulièrement confronté-es dans nos missions.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – CRÉATION DU COLLECTIF «REC»

Nous, reporters-trices de terrain, avons décidé, face à l’urgence dans laquelle nous place la répression, de constituer le collectif «REC» – Reporters En Colère.

Car de la colère, nous avons de quoi en ressentir :

Face à la répression et aux entraves que nous subissons toujours plus sur le terrain dans l’exercice de nos pratiques, face à la précarité croissante qui entache elle aussi nos façons et capacités de travailler, face aux blessures physiques et morales qui nous sont
infligées, à nous, à nos confrères et consœurs (plus d’une centaine selon les derniers
chiffres – une pensée toute particulière à Nadège, touchée à la jambe par un tir de LBD
le 16 novembre et à Julien défiguré par une GLI-F4 le même jour, pour ne citer que les
derniers en date), face au mépris de certain-es qui disqualifient notre travail et soutiennent ainsi l’argument des forces de l’ordre nous empêchant d’exercer et nous criminalisant, nous nous devons d’agir pour le droit d’informer qui nous est cher.

Nous dénonçons et condamnons les tentatives d’intimidation et les menaces harcelantes (allant jusqu’aux menaces de mort) des syndicats de police sur les reporters et les lanceurs d’alerte.

À titre d’exemple probant, le cas des agissements du syndicat d’Alliance envers notre
confrère Taha Bouhafs est aberrant: le syndicat n’hésite pas à user d’un imaginaire
clairement raciste en bestialisant Taha Bouhafs et en le menaçant. Nous lui répondons haut et fort: Taha n’est pas seul, nous sommes à ses côtés ! Nous nous battrons pour le droit d’informer. Comme nous serons aux côtés de tous.tes les reporters qui subissent la répression.

Mettre en lumière des exactions policières couvertes par l’absence de RIO, d’une
dissimulation du visage et de fait, débouchant sur une impunité systématique et
systémique, c’est un droit, pas un délit ! Ce n’est pas à la police de définir qui est ou
n’est pas journaliste.

Nous agirons également le 5 décembre et soutenons la grève générale à venir. Avant
d’aller la couvrir, nous ferons une apparition dans la manifestation et prendrons la parole.

Pour que vive la liberté de la presse,

Pour que vive le droit d’informer !

Collectif  « Reporters En Colère ».
reportersencolereREC@gmail.com
Twitter : @REC_Collectif

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