Philippines, cette coopérative a créé une « jungle » produisant du café

Aux Philippines, la coopérative agricole de café Barslay Farm se distingue par sa volonté de promouvoir une activité entièrement tournée vers le bien-être de la communauté. Son café produit de manière non intensive permet de soutenir l’économie locale dans le respect de l’environnement. Florient Jules, jeune Français de 27 ans, nous raconte son histoire.


Sur des terres déboisées par les générations précédentes pour y faire paître du bétail, la coopérative agricole Barslay Farm a décidé de faire pousser une forêt, mélange de plantes locales et de caféiers. Après plusieurs années, la coopérative peut jouir désormais d’une « jungle » quasi sauvage de 125 hectares de café où tout pousse sans presque aucune intervention humaine. Le tout dans une tentative d’être le plus respectueux possible de l’environnement : hors de question d’utiliser des pesticides, des insecticides ou autres intrants chimiques ou pas. Dans une région où l’agriculture représente la principale activité de subsistance des habitants et où les pratiques intensives se sont peu à peu imposées, l’initiative se démarque inévitablement.

Crédit image : Florient Jules
Crédit image : Florient Jules

« J’avais déjà passé 4 mois aux Philippines deux ans auparavant et j’avais remarqué que l’écologie n’était pas une priorité, ce qui est normal. Quand les priorités sont « que vais-je donner à manger à mes enfants ce soir », l’écologie passe après et je le comprends. Mais à Barslay Farm, on est très conscient des problèmes engendrés par l’usage des pesticides, des insecticides, par l’agriculture intensive, la monoculture… », raconte Florient Jules, qui s’est rendu sur place pour documenter l’initiative.

Selon Ruel Perez, le gérant de la coopérative, « dans la forêt de café de Barslay, nous essayons d’imiter ou de reproduire les lois de la nature. Car la seule façon d’obtenir un café durable est d’imiter la nature. » Bien évidemment, ce mode de polyculture rend la récolte du café plus contraignante. La taille des arbustes, mais aussi l’arrivée à maturité des grains dépendant des variétés, il est nécessaire d’étaler le ramassage sur plusieurs semaines. Les travailleurs doivent donc s’adapter au rythme de la nature. Mais en dépit de ces difficultés apparentes, la recette marche, si bien que la Baslay Farm peut soutenir activement l’économie locale, non seulement en créant de nouveaux emplois, mais aussi en investissant dans l’éducation et la formation des plus jeunes de la communauté.

Aux Philippines, la caféiculture remonte au milieu du 18e siècle suite à l’introduction de l’arbuste par les Espagnols. Autrefois, l’archipel en était l’un des principaux producteurs mondiaux. Mais le pays n’est désormais plus que placé au 110e rang, avec environ 25 000 tonnes par an. La production de café ne joue donc plus un rôle essentiel dans l’économie de l’archipel désormais tournée vers l’exportation d’autres produits agricoles, comme les produits du cocotier, la banane, le riz ou encore le maïs. Mais ces activités industrielles nécessitent de trouver de nouvelles surfaces agricoles et participent à la déforestation du pays qui voit inexorablement ses surfaces forestières disparaître au profit de la monoculture. La coopérative agricole Barslay Farm suggère qu’une autre voie est possible, plus respectueuse, plus équilibrée, et surtout sans laisser de trace.

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Crédit image : Florient Jules
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