Qu’est-ce que ressentent les animaux ? Sont-ils dotés d’empathie envers leur propre espèce mais également plus largement envers les autres ? Sont-ils pourvus des mêmes émotions que les êtres humains ? Jusqu’ici, les réponses à ces questions pouvaient s’apparenter à des croyances. Ce documentaire diffusé tout récemment sur Arte tente de répondre à ces questions, expériences et études scientifiques à l’appui…

La question animale ne cesse d’interroger un nombre toujours plus important de citoyens soucieux d’un monde plus éthique. Les considérations en matière de droits animaliers semblent s’immiscer dans le débat public avec toujours plus d’insistance ces dernières années. Quelles sont les caractéristiques des autres espèces avec lesquelles nous partageons la planète Terre ? Les connaissons-nous vraiment ? Quel est notre rapport à ces dernières ? À l’heure de la crise écologique, la science peut-elle nous orienter dans nos considérations vis à vis des autres espèces ?

Un mouvement global

Les travaux d’éthologie (étude du comportement des diverses espèces animales) nous permettent d’aborder ces questions avec objectivité et clairvoyance. Si pendant longtemps les animaux ont été perçus comme des sous-êtres, comme de vulgaires objets dénués de toute intelligence ou sensibilité, les choses ont depuis fortement évolué. Les nombreuses expériences sur le terrain et les divers travaux effectués avec les animaux permettent aujourd’hui une meilleure compréhension de la faune sauvage, même si de grandes questions restent irrésolues. Petit à petit, les lois et législations s’adaptent dans le sens de cette marche, même si les associations de protection animale jugent la démarche trop lente, et les actions entreprises difficiles à appliquer.

La France a, par exemple, enfin reconnu les animaux comme des êtres sensibles par un vote à l’Assemblée Nationale en janvier 2015 (sur le papier du moins …). Certains pays européens comme la Belgique ou encore les Pays-Bas ont mis fin à l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques. La Catalogne leur a d’ailleurs emboîté le pas l’année dernière. La remise en question du bien fondé et de l’aspect prétendument éducatif des parcs zoologiques et des delphinariums (à ne pas confondre avec une réserve naturelle) fait également son chemin au cœur d’une population de plus en plus informée sur ces questions.

En ce qui concerne la question alimentaire, qu’on y soit favorable ou non, les alternatives végétariennes gagnent indéniablement du terrain, tandis que la fondation Non Human Rights Project fait avancer à grands pas l’idée des droits aux animaux. Notamment à certaines espèces comme les grands singes, les éléphants ou encore les cétacés, qui pourraient alors être considérés comme des personnes non-humaines; donc des êtres dotés d’une certaine personnalité. Même dans les pays asiatiques, les pratiques liées aux sacrifices collectifs d’animaux ou encore la consommation de chien recule petit à petit alors que la nouvelle génération semble s’éloigner des logiques jugées barbares. On citera notamment le Népal qui a fait interdire, en 2015, le sacrifice annuel du Gadhimai Festival qui emportait les vies de 500 000 animaux dans un bain de sang effroyable.

La science donne raison aux amis des animaux

La branche de l’éthologie, composée de chercheurs et scientifiques spécialisés, apporte de nouvelles connaissances essentielles sur ce sujet au cœur du débat contemporain. Ces recherches ont déjà fait naître un nouveau regard sur les animaux dans nos sociétés très modernisées, par le biais de découvertes étonnantes qui s’affirment jour après jour. À titre d’exemple, nous savons que les éléphants ont la capacité de compter et pratiquent une forme de culte funéraire envers leurs défunts. Certains chercheurs s’accordent à dire que les pachydermes possèdent une forme de langage propre tout comme c’est le cas chez les dauphins ou encore les baleines. Les mammifères marins ne sont quant à eux pas les seuls à utiliser un système d’écholocation car on le retrouve aussi chez les chauves-souris mais aussi certains oiseaux. Des études démontrent enfin que les rats, particulièrement intelligents, semblent capables d’empathie et d’entraide, tout comme les loups ou encore les grands singes. Il a par ailleurs été démontré que les pieuvres et certains oiseaux sont dotés d’une très grande intelligence et d’une capacité mémorielle importante.

L’exemple de cette vache qui semble éprouver une vive émotion face aux cadavres de ses semblables :

A COW GRIEVING THE DEATH OF A FAMILY MEMBERA cow at a live flesh market smelling the skin of his dead family member…

Posté par The Bloody Dairy Industry sur lundi 29 décembre 2014

 

Ces quelques exemples choisis ne sont pas exhaustifs. Le documentaire d’Arte intitulé – Éthologie : Ce que ressentent les animaux explore ces notions à travers des exemples concrets. À voir ou à revoir.

Le documentaire

« Si les animaux sont à l’évidence dotés d’émotions, comme la joie, la crainte ou la peine, sont-ils capables d’éprouver des sentiments plus complexes, comme l’altruisme ou l’empathie ? Ont-ils un sens de la morale ou de la justice ? Pour certains éthologues, ces qualités pourraient avoir joué un rôle crucial dans la survie et l’évolution des espèces. »

Le Dossier complet : future.arte.tv

Relire : Existe t-il des cultures non humaines ? Il semblerait que oui


Sources : arte.tv / arte.tv (2) / mrmondialisation.org : 1 – 2 – 3 /  futura-sciences.com

Photographie d’illustration : source

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