Pour la première fois en 9 ans, la consommation des ménages français a fait reculer les chiffres de vente en supermarchés. Une nouvelle qui pourrait bien annoncer un renouveau dans les habitudes de consommation, poussé par la diversification de l’offre locale, et un certain dévoiement de la consommation de masse vers une consommation plus responsable, sans nécessairement signifier un recul du pouvoir d’achat.

Baisse des ventes en supermarchés

En 2016, les ventes réalisées en supermarchés auraient baissé de 0,2%, une première depuis 2008, dernière année où les achats en grandes surfaces n’étaient pas à la hausse. Relayée par FranceTvinfo, la nouvelle laisse entendre que cette baisse, faible mais significative, pourrait être imputée à de nouvelles habitudes de consommation au sein des ménages français. Ainsi, il semblerait que ceux-ci se détournent peu à peu du superflu pour réorienter leurs achats vers l’utile. Premières victimes dans les rayons parmi les produits boudés en 2016 : le lait (-8% de ventes), le sucre (-6%), ainsi que les eaux gazeuses et les jus de fruits.

Des diminutions qui peuvent vraisemblablement trouver quelques explications dans la transformation des comportements alimentaires, guidés notamment par différentes campagnes gouvernementales (ne pas manger trop sucré, trop gras, trop salé, par exemple), ou la circulation d’une information de plus en plus efficace sur les différentes industries, notamment à travers la montée des médias alternatifs. Le lait, par exemple, subit depuis plusieurs années maintenant le désintérêt de consommateurs qui délaissent le petit déjeuner, se découvrent une allergie au lactose, ou renoncent aux produits d’origine animale. De 2003 à 2015, les ventes de lait avaient déjà enregistré une diminution des ventes de l’ordre de 15%. De son côté, en revanche, le secteur du Bio continue son ascension, avec une hausse des ventes en supermarchés de l’ordre de 18% sur l’année.

Les nouveaux acteurs de la distribution

Outre des changements dans les réflexes alimentaires des Français, il faut également noter que cette diminution des ventes concerne en particulier les structures de supermarchés, ou grandes surfaces. Une diminution qui témoigne certes d’une diminution des volumes d’achats dans ces structures, mais ne signifie par forcément un repli de la consommation. Ces dernières années ont en effet vu l’apparition de nouveaux acteurs dans la distribution, qui viennent concurrencer des distributeurs déconnectés de la production, parfois considérés comme responsables de la disparition de commerces de proximité qui firent la vie des quartiers.

Ainsi, les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), qui militent pour un retour à une production locale et prônent la juste rétribution des paysans, mais aussi les marchés ou encore les magasins spécialisés, participent en partie à la désertion des grandes surfaces. On trouve également ces épiceries sans-emballage ainsi que les coopératives locales qui se multiplient aux quatre coins de l’Europe. Enfin, le développement fulgurant du e-commerce, également, rend de moins en moins attirante l’idée de se rendre en hypermarché où l’offre semble particulièrement lissée selon un même mode de vie. Les mois à venir nous diront si la tendance se confirme.


Sources : Francetvinfo.fr / Agriculture.gouv.fr