Faites-vous partie des 20 millions de français qui, chaque année, déposent des vêtements usagés dans des containers prévus à cet effet dans l’espoir de vêtir des gens dans le besoin ? Ces bennes que l’on retrouve au coin de la rue et qui affichent fièrement les logos d’associations caritatives qui aident les plus démunis sont en réalité le théâtre d’un business juteux. Que deviennent nos vêtements usagés déposés dans un de ces containers et à qui profitent vraiment nos dons ? Œuvre de charité ou commerce international ? Envoyé spécial mène l’enquête.

Depuis quelques années, le prix du textile flambe sur le marché mondial. Cette envolée a pour conséquence de générer un véritable business extrêmement lucratif autour de nos vêtements usagés. Associations caritatives, entreprises privées et multinationales spécialisées dans les déchets jouent des coudes pour récupérer les 200.000 tonnes de vieux vêtements que les Français donnent généreusement chaque année.

Cette bataille pour récupérer l’or abandonné de nos armoires rend la situation confuse pour le donateur. Pour l’attirer, quelques entreprises à l’instar du Relai n’hésitent pas à s’acheter l’image de certaines associations parmi les plus connues : la Croix Rouge, les Restos du Cœur ou encore le Secours Catholique. D’autres tablent sur la conscience écologique, vantent la création d’emploi où affichent l’image de bébés sur les bennes. La méthode est bien souvent trompeuse car elle laisse supposer aux citoyens que les dons parviendront à des gens dans le besoin alors qu’il s’agit d’une stratégie marketing bien rodée.

130411123941-second-hand-clothing-mpa-3-horizontal-large-galleryImage : certains vêtements arrivent sur le marché africain (source).

Le Relais est un de ces groupes dont les méthodes employées sont sujettes à controverses. Les dons collectés par l’entreprise, dont le chiffre d’affaire ne cesse de croître arrivent dans de grandes usines où les vêtements sont examinés et triés. Aucun de ces vêtements n’est destiné à être distribué, Le Relais n’étant pas une association caritative mais une société coopérative qui fait des vêtements usagés un commerce. Les vêtements de marques et ceux en parfait état seront par exemple revendus entre 4 et 200 euros, tandis que les autres partiront en Afrique, revendus à la tonne. Près de 30% de ces vêtements sont trop abimés pour en faire un commerce, ils sont alors recyclés et revendus comme isolant pour l’industrie.

Usage industriel, exportation, vente en boutique, l’entreprise a su se diversifier pour dégager des bénéfices et rendre l’exploitation de ce marché pérenne. Le business est tellement lucratif, selon l’enquête, que Le Relai a prévu de doubler son parc pour passer à 38.000 containers sur le territoire Français d’ici 2017. Une situation délicate qui lèse le donateur dans sa démarche et où les grands perdants sont les petites associations locales qui risquent de mettre la clé sous la porte, faute de dons et de moyens pour les attirer.

Notons que cette situation ne concerne pas l’ensemble des containers de récupération. Certaines associations semblent malgré tout remplir leur rôle de manière transparente pour des intérêts écologiques ou sociaux. Les vides-greniers et la vente de vieux vêtements aident assurément nombre d’associations qui viennent en aide aux plus précaires.

Faut-il néanmoins exiger plus de transparence dans le domaine ? C’est ce que semble indiquer ce reportage signé France 2 qui nous emmène sur les traces des vêtements collectés.


Sources: youtube / francetvinfo

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