Le schéma est inattendu, et c’est ce qui lui donne une dimension unique en son genre. Après une immersion sur l’île de Luçon aux Philippines, une jeune japonaise s’est donné pour mission de venir en aide à aux tribus des Philippines dont la survie est menacée par l’industrialisation en refaisant naître l’artisanat local à travers des bijoux tribaux fabriqués par leurs membres.

Au terme de plusieurs années d’introspection, cherchant un moyen d’ajouter sa rime au monde, Ayaka Yamashita, une japonaise de 29 ans, a finalement trouvé sa voie dans un schéma inattendu : la culture tribale philippienne. Après un séjour d’étude sur l’île de Luçon, Ayaka va être charmée par la finesse du savoir faire ancestral des tribus autant que leur hospitalité chaleureuse.

La jeune femme fait également un constat moins angélique, les autochtones de ces îles subissent le revers d’une mondialisation galopante. Elle a observé, impuissante, leur culture millénaire disparaître peu à peu ainsi que l’ensemble des savoir-faire ancestraux. Attristée par cette réalité, elle va, avec la collaboration d’une tribu locale, trouver un compromis en redonnant vie à l’artisanat clanique dans l’objectif de survenir aux besoins des habitants tout en sauvegardant leur culture locale.

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Afin de permettre aux aborigènes de Kalinga de vivre correctement, en harmonie avec la nature et leurs mœurs, Ayaka a donc lancé le projet EDAYA, une marque de biens, principalement des petits bijoux et instruments, manufacturés à la main par les autochtones. Après deux ans de travail, à force d’efforts et de persévérance, le projet est devenu une source non négligeable de revenus pour les membres de la tribu qui participent.

Ayaka les a rencontré pour la première fois dans les mines d’or, alors qu’elle menait des recherches pour l’université de Tokyo. En effet, les membres de la tribu visitée étaient extrêmement dépendants de la prospection et de l’extraction du précieux minerai, en dehors de l’aspect difficile de ce travail. Dans les tribus de Luçon, la plus grande île des Philippines, travailler à la mine est la voie majoritairement empruntée par les jeunes. Il n’y a pas d’autres alternatives excepté l’exode rural. Ainsi, nombre de ces jeunes quittent la communauté à la recherche d’un emploi à la ville. Peu à peu, leurs traditions disparaissaient et la population locale se voit vieillissante.

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Pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que de travaille dans les mines, beaucoup d’entre eux contractent des affections incurables à cause des terribles conditions de travail dans les galeries souterraines. Inquiétée par le sort de la tribu, Ayaka a construit un atelier d’artisanat au cœur même du village, avec l’aval et pour le plus grande bonheur des locaux. Hommes et femmes y confectionnent des colliers en racines de bambou issues des environs. Avec le temps, et la réappropriation des savoirs, la production s’est diversifiée : des boucles d’oreilles, des colliers, ou encore des flutes guerrières (historiquement, les combattants en jouaient après les affrontements) sont désormais proposées sur le site de EDAYA. Chaque bijoux représente un instrument ou un outil traditionnel en modèle réduit.

Car c’est ici qu’internet joue son rôle fondamental. La jeune nippone a su adapter leur culture à notre ère informatique afin que l’aide puisse se concrétiser depuis l’extérieur. Aujourd’hui, des consom’acteurs du monde entier peuvent soutenir la préservation de la culture autochtones philippienne en se fournissant chez eux. Projet à taille humaine, la marque engrange quelques 2300 euro par mois, reversés à la tribu. « J’aimerais les aider à transmettre leur culture traditionnelle à la prochaine génération » explique Ayaka Yamashita. Il semblerait que son objectif soit en bon chemin… La tribu du village où le projet est né ne se disperse plus, et les habitants sont fiers de pouvoir exposer au monde le fruit de leur culture.

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Sources : ajw.asahi.com / wikipedia.org / edaya-arts

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