L’érosion génétique, c’est la perte graduelle des variétés de fruits et de légumes dans l’alimentation, l’agriculture et l’environnement. Formalisé, catégorisé, étiqueté, le vivant s’est vu jugé, au cours des dernières décennies, pour son caractère productif, donc sa capacité à créer de la rentabilité immédiate. Il fut réduit à sa valeur productive, un peu à l’image de l’homme-marchand. Ce qui n’est pas assez productif est laissé au bord du chemin au profit d’une standardisation froide et aseptisée. Il faut produire, toujours plus ! c’est un impératif existentiel à ne jamais questionner, sous aucun prétexte !

Ainsi, un nombre impressionnant de fruits et de légumes vont disparaitre du paysage alimentaire et agricole au profit d’hybrides ou de variétés super-productives. Quel était donc le gout subtil et varié des 250 variétés de tomates existantes ? Vous ne le saurez probablement jamais. Après tout, une tomate, c’est une tomate, pas vrai ? Vouée à finir sa vie en ketchup ou dans un burger. Deux visions s’affrontent à nouveau. Variétés naturelles ? Ou uniformisation ? Le productivisme doit-il l’emporter sur tout ? Pas vraiment au gout d’une toute jeune association qui souhaite préserver le patrimoine biologique : Graines de vie

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Source : Graines de vie

Graines de vie vient tout juste de lancer un vaste projet de sauvegarde des variétés en voie de disparition. Ils ont pris l’initiative de comparer, dans l’infographie ci-dessus, les variétés du catalogue Vilmorin de 1900 à aujourd’hui. Comme on peut le constater, le résultat est effarant. Tout, ou presque, a été liquidé au nom de l’uniformisation et de la rentabilité. La plupart des variétés connues au début du XXe siècle ont simplement disparu au profit d’hybrides, le plus souvent.

Pourquoi des hybrides ? Car les croisements font gagner les plantes en résistance, en taille et en couleur. Tout ce qui est d’utilité pratique pour la production et la vente, mais probablement pas pour le gout, encore moins pour la biodiversité.

Que faire ? Non seulement, soutenir des associations comme Graines de vie, mais surtout adapter sa consommation (dans la mesure du faisable), à des distributeurs locaux. En quelques années, le nombre d’AMAP, de fournisseurs locaux, de magasins en ligne directe, ne cesse de croître. Les solutions sont plus que jamais à la portée du citoyen.


Source : Rue89

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